‹ L'été de la Saint-Martin (volume 4)Chapitre 59 sur 92 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

fîeld, autrement que pour me piquer au jeu ! Il m'aime ! je le sais bien, il m'aime de toute son âme, depuis de longues et chères années. J'en ai eu cent fois la preuve. Le souvenir des attentions délicates, attendrissantes, dont il m'a sans cesse entourée, est là pour toujours gravé dans mon cœur. Il m'aime! et je l'ai chassé, méchamment, à cause de ce parapluie! . . . Oh! loin de moi, horrible chose! . . . {Elle le jette^puis elle le reprend, ) Mais non, il est innocent de tout cela, ce pauvre diable! Et ce qu'il me rappelle en ce moment, c'est la prudence, la sagesse, les habitudes d'ordre et de confort de son maître, la vie honnête et pure de ce bon et courageux travailleur, dont j'ai percé le cœur d'un trait peut-être fatal. Il a dit à PoUy qu'il ne lui restait plus qu'à mourir ? Ah ! ces natures, si paisibles ordinairement, sont capables de résolutions effrayantes, une fois qu'elles sont déraillées. Mon Dieu! si j'allais avoir causé la mort du seul homme que j'aime! Oh! quelle horrible pensée! Pauvre Bob! mon cher ami! {Elle presse le parapluie sur son cœur, ) Oh ! je le suivrai dans la tombe, oui, je le sens, j'en mourrai aussi! Et voilà tout ce qui me reste de son amour et de mon bonheur! {Elle pleure et embrasse le parapluie. Et c'est ma faute. Oh ! pardon, pardon, mister Bob! pardon!

{La porte s* ouvre doucement^ paraît mister Bob^ un parapluie sous le bras,)

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