SCÈNE TREIZIÈME
a porté malheur... cette lettre qui vous force à partir, qui vous éloigne de moi... elle est arrivée en même temps que lui, cette lettre. (Mouvement d’Adrienne.) Ce n’est pas sa faute soit, mais je lui en veux tout autant que si c'était sa faute...
ADRIENNE
Cependant... si je vous disais...
BRIQUEVILLE, l’arrêtant.
Je vous en prie.
Silence .
ADRIENNE, très-émue.
Il fout donc que je parte, car c’était là la seule manière.. . et vous ne voulez pas. . . je ne sais ce qui arrivera plus tard.. . j’espère encore... mais ce qui est sûr, c’est que pour le moment, il faut.. (Petite crise de larmes.) et j’en suis bien fâchée, vraiment bien fâchée.
Elle va tomber assise près de la table.
BRIQUE VILLE, bouleversé.
Adrienne !...
ADRIENNE, se remettant.
Je vous demande pardon... là.. .c’est fini... (En souriant.) Vous voyez, c’est fini, je ne pleure plus.
BR1QUEVILLE.
Adrienne...
ADRIENNE, elle se lève .
Monsieur...
BRIQUE VILLE
C’est bien vrai, n’est-ce pas? s’il y avait un moyen... pas celui dont je parlais tout à l’heure, mais un autre. . . un bon . c’est bien vrai que vous consentiiiez à ne pas partir... etque vousresteriez ici... près de moi... toujours... el que vous seriez heureuse d’y rester?...
ADRIENNE, avec élan.
Oh! oui, c’est vrai... je vous le dis du plus profond d „ mon cœur...
BRIQUE VILLE
C’est bien, vous ne partirez pas!..
AD RIEN NE
Je ne?.. .
BRIQUEV1LLE.
Non, vous ne partirez pas!., non! non!..
ADRIENNE
Mais... comment?
BRIQUEVILLE
Je l’ai trouvé, le moyen...
ADRIENNE
Et c’est?.. .
BRIQUEVILLE
De faire de vous ma fem^e !..
ADRIENNE, suffoquée.
Ab !...
BRIQUEVILLE
C’est ce que je fais... je m’en vais parler à votre tante .,
Eutre Noël pur lu droite avec une liasso do papiers ù la main.