ADRIENNE, NOËL
ADRIENNE, * répoudaut à un regard stupéfait de son mari.
Emmène-moi... allons-nous en d’ici... Emmène-moi tout de suite...
NOËL
Que se passe-t-il, voyons?
ADRIENNE
Il veut m’épouser !...
NOËL
Hein!...
ADRIENNE
Il veut m’épouser !... Voilà où notre belle idéenous a conduits! certainement, en lui annonçant mon départ, j’espérais bien un peu que ce départ lui causerait quelque chagrin et je comptais me servir de ce chagrin pour l’amener tout doucement à faire ce que nous voulions. ... mais est-ce que je pouvais supposer qu’au lieu de passer par le petit chemin
Adrienne, Noôl.
qi,e je lui avais tracé d’avance, il s’aviserait lui?... Qu’est-ce donc que les hommes, mon Dieu, pour qu’on ne puisse pas être gentille avec eux et leur dire un peu qu’on les aime... sans qu’il leur vienne aussitôt une idée mauvaise ou une idée folle?...
NOËL
. Tous les quatre... je ne comprenais pas pourquoi il disait que nous allions vivre ici tous les quatre.
ADRIENNE
’ Tu comprends maintenant?
NOËL
Oui...
ADRIENNE
Emmène-moi, allons-nous-en *...
NOËL
Nous en aller, nous en aller, nous ne pouvons po urtant pas nous en aller comme ça ... Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux?...
Quoi?
NOËL
Aller trouver mon oncle et lui avouer tout, bravement.
ADRIENNE
C’est une idée, en effet, mais comment prendra-t-il l’aveu?..
NOËL
Ça, par exemple, je n’en sais rien...
Entre madame Lebreton, par lo fond
Noël, Adrienne.