‹ L'été de la Saint-MartinChapitre 45 sur 99 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

FouGASSON. — Tu as raison. {^Déchirant un chèque sut lequel U a écrit et le remettant à Francine. ) A toucher chez Rothschild.

Frangine, à part. — Il a une folie douce.

FouGASSONy la regardant. — Mais, toi aussi, tu ressem- 5 blés à Betzy. Mets-toi de profil.

Frangine. — Voilà I (^ part. ) Il m'amuse.

FouGASSON. — Ah non ! . . . ce n'est pas ça, tu n'es qu'un trompe-l'œil.

Frangine, froissée. — Un trompe-l'œil ! 10

FouGASSON. — Écoute ... tu viendras avec nous en Amérique .... Veux-tu I

Frangine, complaisamment. — Si ça vous fait plaisir!

FouGASSON. — Je te marierai là-bas ... j'ai quelqu'un en vue pour toL i5

Frangine. — Un blond ?

FouGASSON. — Non ... il serait plutôt brun .... C'est un nègre.

Frangine. — Ahl merci! je n'en veux pas !

FouGASSON. — Ah ! tu as des préjugés de couleur ... 20 mais un nègre . . . c'est un brun qui a eu la hardiesse de continuer son chemin.

Frangine. — Ah bien! j'en aime mieux un qui soit resté en route .... Monsieur veut-il que je le reconduise?

FouGASSON. — C'est juste ... il faut que je retourne à 2l l'hôtel ... ta maîtresse m'a écrit ce matin.

Frangine. — Une grande lettre . . . avec cinq cachets rouges .... C'est moi-même qui l'ai portée à la poste.

FouGASSON. — Toi! tu as été le messager de mon bonheur . . . brave fille! . . . tiens, je vais te faire aussi un 30 chèque! (// tire son carnet.)

Frangine. — Oh ! ne vous donnez pas la peine . . . vous allez user tout votre papier.

FouGASSON. — Tu es désintéressée. . . . C'est bien ! . . . tu mourras sur la paille. . . . Adieu, mais si tu crois que tu ressembles à Bétzy tu te trompes 1 (// sort vivement)

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