SCÈNE VII HORTENSE, FRANGINE, HECTOR
Hector, entrant. — Me voici . . . j'arrive de la Préfecture, je vous apporte des renseignements sur M. Fougasson.
HoRTENSE. — C'est inutile . . . nous Pavons vu. - Hector. — Ici? S
HoRTENSE. — Oui. • (^Avec compassion,) Hein? . . . quel malheur! . . .
Hector. — Quoi ?
HoRTENSE. — Il est complètement fou !
Hector. — Lui . . . mais pas du tout ! lo
HoRTENSE. — Ah ! par exemple !
Hector. — C'est^u contraire un homme parfaitement équilibré, merveilleusement doué, étonnamment organisé ! . . .
HoRTENSE. — Ah 1 voilà que ça vous reprend . . .
Hector. — Quoi ? 15
HoRTENSE. — Vos adverbes.
Hector. — Oh ! pardon ... je suis venu vite. Enfin, c'es^^n de ces commerçants aventureux . . . comme l'Amérique en produit. . . , Parti de rien, il possède aujourd'hui une fortune de plus de quarante millions. 20
Francine, à part, — Sapristi ! et moi qui ai refusé son chèque !
HoRTENSE. — Mais c'est impossible, je vous dis. ... Je l'ai vu, j'ai causé avec lui ... il a voulu se pendre . . . avec une pelote de ficelle . . . qui ne le quitte jamais. 25
Francine. — Et à moi il m'a offert de me marier à un nègre.
Hector. — Tout ce que vous voudrez. . . . Mais la Préfecture ne peut pas se tromper.
HORTENSE. — Oh 1
— ' Hector. — On a sur lui des notes trèsexactes ; ce n'est pas le prepier venu . . . c'est presque un personnage . . . il a même été président d'une des petites républiques de S rÉqw-teur ...
HoRTENSE. — Président ! lui !
Frangine, s* oubliant — Sacrediél i^Se reprenant) Oh! pardon 1 ^' Hector. — Enfin que vous a-t^ dit?
10 HoRTENSE. — Tl m'a dit que je rassemblais à Betzy, sa première femme, et il m'a proposé de m'épouser ... à cause de la ressemblance.
. Hector. — Et comment vous êtes-vous quittés ?
HoRTENSE. — Oh! très bien ... je lui ai dit que- je lui 15 avais écrit, qu'il trouverait ma réponse à son hôtel. - Hector. — Que lui avez-vousécrit ?
HoRTENSE. — Ah ! voilà ... si j'avais su . . . un président !
"" " Hector. — Mais quoi ?
20 HoRTENSE. — Deux mots : Vous m'ennuyez !
Hector. — Oh !
Francine. — C'est raide ! ^.
^"^ Hector. — Et vous croyez en être quitte comme ça ? . . .
il reviendra.
25 Hortense. — J'espère bien que non.
Hector. — Vous ne connaissez pas sa ténacité. Francine, à part — Moi, s'il revient, je lui ouvre la porte à deux battants ... 40 millions !
^ Hector. — Je ne vois qu'un moyen, v . . Je vais le trouver 30 à son Jjôtel, je le raisonnerai, je lui dirai que cette prétendue ressemblance n'existe pas, qu'il vous a vue légèrement, superficiellement, incomplètement, et conséqkemment . . .