‹ L'étincelle, comédie en un acteChapitre 17 sur 35 · Î4 L'ÉTINCELLE · texte numérisé non relu

Î4 L'ÉTINCELLE

ANTOINETTE

Oh! que c'est gentil! voyons!

RAOUL

Écoutez. (Récitant.) D'où te viendra V amour . . (il s'arrête.) Ahl si vous croquez des noisettes pendant ca temps-là...

ANTOINETTE

Non, c'est fini, allez, allez.

RAOUL

D'où te viendra l'amour, enfant sereine et blonde, Qui doit troubler ton âme en sa limpidité? Ce n'est pas le hasard qui la rendra féconde, Il n'éclatera point dans cette paix profonde,

Comme un ardent éclair dans une nuit d'été. Non! un pareil amour offense ta beauté; Il est sous ta candeur comme une fleur sous l'onde, Et doit s'épanouir avec tranquillité...

Sous le miroir poli de ta blanche poitrine, L'amour flotte indécis, comme la fleur marine Qui d'en bas vers le jour s'élève obscurément,

L'onde n'a dit encor son secret à personne,

Mais par un clair soleil, le ciel rit, l'eau frissonne...

Et la fleur merveilleuse émerge lentement.

Émerge lentement!... Ils sont jolis ! mais ils ne valent pas les autres.

RAOUL, un peu dépité,

Ceux de Musset! oh! je n'ai pas la prétention, (a part.) Pas d'effet, ma poésie!... (Haut.) Tenez, gardez-les, je les ai faits pour vous.

n lui offre le papier oii sont écrits lis vew.

Page 1