SCÈNE NEUVIÈME
RAOUL, bu.
Maintenant asseyez- vous. . . (ils s'asseoient.) plus près, ma tante... encore plus près!
MADAME DE RÉNAT, bas.
Inepte I nous avons l'air de jouer la comédie de eo ciété... Enfin!... Elle est toujours là?...
RAOUL, bas.
Oui. Mais si nous ne disons rien...
MADAME DE RÉNAT, bas.
Mais parlez, vous, parlez!...
RAOUL, bas.
Vous y êtes?
MADAME DE RÉNaï, bu.
Oui, oui, allez l
RAOUL, haut.
Chère Léonie !
MADAME DE RÉNAT, se levant.
Hein?... (se rasseyant et bas.) Ah! oui, c'est vrai! Enfin! vous ne direz pas que j'y mets de la mauvaise volonté, j'espère.
RAOUL, haut.
Chère Léonie, après une liaison de plus de trois anaées...
MADAME DE RÉNAT, bas, réclamant.
Comment, trois années !... Eh bien, et le général ?...
RAOUL, bas.
Eh! rpi est-ee que ça lait? puisque...
MADAME DE RÉNAT, bu.
Cela fait, cela fait f... je n'étais pas veuve... troiê années !
RAOUL, bas.
Deux années, là 1 Ah l si nous commençons comme ça. Comprenez donc que c'est pour rire. (Haut) Après une liaison de plus de deux années, si je me décide à rompre, si j'en épouse une autre, le moins que je vous doive, je le reconnais, c'est l'explication que vous m'avez demandée.
MADAME DE RÉNAT, bu.
Enfantin l
RAOUL, bas.
Infaillible I (Haut.) Cette explication, elle sera franche, loyale, courte surtout, car je vous la donnerai d'un seul mot : Vous ne m'aimez plus, Léonie! (silence. — Bas, à madame de Rénat.) Eh bien! répondez-moi quelque chose I
MADAME DE RÉNAT, bas.
Quoi?
RAOUL, bas.
Quoi!... Cher Raoul, je vous aime toujours, plus que jamais, quelque chose enfin, allez donc, ma tante, allez donc!
MADAME DE RÉNAT, haut.
Mon cher Raoul...
RAOUL, bas.
Mais non, pas : Mon cher... comme c'est passionné', cher tout court, cher Raoul!
MADAME DE RÉNAT, bas.
Ah! mais moi, je n'ai pas l'habitude...