M L'ÉTINCELLE
RAOUL
Eh bien?
ANTOINETTE, le regardant, bu.
Avez-vous assez peur?... ah! ah! ahl
RAOUL
Enfin, mademoiselle.
ANTOINETTE
ïe suis méchante, n'est-ce pas?... Rassurez-vous... (Haut.) j'ai corroboré.
MADAME DE RÉNAT.
Tu acceptes?
ANTOINETTE
Je suis notaire!... Vous aviez raison, c'est un brave homme. Il était si ému quand j'ai dit oui, qu'il s'est écrié, la main sur le cœur : Ah!... mademoiselle, ce jour-ci et celui où j'ai achevé de payer mon étude sont les deux plus beaux jours de ma vie !
RAOUL
Alors, vous... l'épousez?
ANTOINETTE
Si je... vous n'avez pas compris... ah! ah! ah!... ce pauvre M. Raoul, il n'y est plus du tout... allons, soyez bonne pour lui, marraine, corroborez aussi...
MADAME DE RÉNAT.
Ah!... tu vois bien que tu nous écoutais.
ANTOINETTE
Oui, un peu, au commencement... Mais si vous croyez que j'avais besoin de vous écouter pour vous entendre!... (La poussant vers Raoul.) Allons, allons.
SCÊNÊ DIXIÈME MADAME DE RlNAT, devant Raoul.
Mais, Raoul, en vérité, je n'en reviens pas)
RAOUL
C'est l'étincelle, ma tante, ma femme 1
ANTOINETTE, à sa marraine.
Vous êtes heureuse?
MADAME DE RÉNAT.
Chère petite... (L'embrassant.) Eh bien!. tu as donc, toi aussi?... tu pleures!...
qu'est-ce que
ANTOINETTE
Oh! moi, ce n'est rien, c'est... que j'ai ri... j'ai ri aux larmes 1
MADAME DE RÉNAT.
Décidément, il a raison, tu ne l'as pas. toi, l'étincelle.
ANTOINETTE, la regardant avec tendresse.
«a chère marraine!