Appareils d^induction magnéto-électrique
Les appareils de Pixii et de Clarke ne donnenl que rétincelle de rupture ; mais en partant de leur principe, qui est celui des courants magnéto-far adaïques, M. Bréguet a construit en 1867 un nouvel appareil qui produit de petites étincelles à distance, et dont les applications sont très-intéressantes : il lui a donné le nom d' Explosein' magnéto-électrique, à cause de son application principale, qui est l’explosion des mines. On le désigne communément sous le nom de Coup de point Bréguet, d’après la manière de s’en servir (lîg. 12).
Deux bobines de fil de cuivre isolé, très-fin et trèslong, E, E, enveloppent les extrémités d’un aimant enfer à cheval ND S; les communications de ces fils entre eux et avec les bornes D, D, sont établies de façon qu’en réunissant ces bornes par un conducteur, on forme un circuit fermé, et de plus le sens de l’enroulement est le
^ Voir les Annales de ehhn'ic cl de p/nj :i(juc, 4® séi’ie. toiiii' XIII, cl le Traité d'élcclricité de M. Mascai L 1870.
AI'PAriErLS PRODUISANT L’ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE. OA
niômc sur les bol)iiies par rapport à l’aimant, supposé rectiligne.
Une plaque de fer AA, est portée par un levier coudé BM en cuivre, lequel est mobile autour d’un axe a parallèle à la. ligne des pôles de l’aimant, et un gros bouton de bois ou tampon se trouve au bout du levier B. Un ressort placé au-dessous presse ce levier et détermine le contact de la plaque AA ou armature avec les extrémités de l’aimant. Dans cet état, l’appareil donne simple-
Fi|^. l''2. — E.^plosetu’ de Brcyuet.
mens les courants magnôto-faradaïques, lorsque les bornes DD sont réunies par un til conducteur. Voici dans quelles circonstances.
Quand on frappe du poing le tampon B du levier, on détache l’armature AA des extrémités de l’aimant; les pôles se rapprochent de ces extrémités, et un courant est induit dans le circuit des bobines. Ce courant n’a qu’une très-courte durée, d’autant moindre que l’arrachement de l’armature est plus rapide.
Si on remplace le conducteur DD par deux pointes qui
ne laissent entre elles qu’un très petit intervalle, le courant s’établit encore et une étincelle jaillit dans l’inter^ valle qui les sépare.
M. Bréguet a ajouté une pièce qui accroît considérablement la tension de l’électricité, de sorte que la longueur de l’étincelle peut être beaucoup plus grande qu’avec la disposition qui pfécède.
Sur le levier Ba est ajustée une lame de métal R parallèle à l’axe de rotation a, et que le levier entraîne avec lui. Lorsque l’armature AA touche l’aimant, cette lame touche une vis métallique isolée, et celle-ci est réglée de façon que la lame soit légèrement courbée. Quand on donne le coup de poing pour détacher l’armature, la lame R s’abaisse; mais elle ne cesse de toucher lavis qu’un instant après, au moment où elle se trouve redressée. Le contact de la vis et de la lame persiste donc pendant un certain temps, tandis que le courant induit est développé dans le fil des bobines, et le contact cesse avant que le courant ait disparu. On emploie cette pièce pour interrompre le courant induit, pendant son existence, et utiliser son extracoiirant.
Nous savons comment Masson et Bréguet opéraient quand il s’agissait d’un circuit voltaïque.
Ils établissaient de chaque côté du point d’interruption uqe communication avec les boules de l’œuf électrique, et quand rinterruption avait lieu, l’étincelle jaillissait entre les boules. 11 faut faire ici la même chose; c’està-dire faire passer le courant induit par la lame- R et la vis, et établir une première communication entre la vis et l’une des pointes D, puis une seconde entre la lame et l’autre pointe 1); alors ce sera l’étincelle d’extracourant qui jaillira- entre les pointes.
Tout cela est réalisé dans l’exploseur de Bréguet. L’un des bouts du fil des bobines communique avec la lame R, et l’autre avec la vis qui lui correspond, et comme ces bouts communiquent déjà avec les bornes 1), I), celles-ci
APPAREILS PRODUISANT L’ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE
mettent les pointes entre lesquelles doit jaillir rétincelle en rapport avec la lame et la vis.
En résumé, voici quelle est la série d’opérations accomplies dans les diverses parties de l’exploseur; au moment où l’armature se détache de l’aimant, les pôles de celuici se déplacent ; un courant induit se développe dans le circuit formé par le fil des bobines, la lame et lavis; rien n’a encore eu lieu entre les pointes explosives. Avant que ce courant, dont l’intensité diminue graduellement, se soit notablement affaibli, il est interrompu entre lavis et la lame; à cet instant les électricités contraires affluent sur ces deux pièces avec une grande tension et elles produisent l’étincelle entre les pointes, pourvu que la résistance de l’intervalle qui les sépare soit moindre de celle du fil des bobines.
On peut remplacer les pointes par les boules de l’œuf électrique et obtenir l’étincelle dans le vide.
Cet appareil, construit pour des applications spéciales, ne donne pas cette succession rapide d’étincelles qui convient à certaines expériences; il serait facile de remplacer le mode actuel d’arrachement de l’armature par un autre qui remplirait ce but. Mais jusqu’à présent on n’a pas eu besoin de ce genre de machine électrique.