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Pile voltaïque

Ces appareils sont bien connus et nous n’avons besoin d’entrer dans aucun détail à leur sujet. Nous rappellerons seulement que la pile la plus usitée pour la production de l’arc voltaïque est celle de Bunsen. Chaque élément se compose de deux vases concentriques, dont l’intérieur est en porcelaine poreuse. Entre les deux vases on verse de l’eau aiguisée d’un seizième d’acide sulfurique, et on plonge dans cette eau un cylindre de zinc amalgamé. Dans le vase de porcelaine, on met de l’acide azotique ordinaire et un cylindre de charbon. Une lame de cuivre terminée par des pinces de même métal réunit le zinc d’un élément avec le charbon de l’élément suivant. En entretenant un peu de mercure au fond du vase extérieur, on maintient le zinc dans un bon état d’anialgation et l’on évite des nettoyages assez pénibles.

Pour faire l’expérience de l’arc voltaïque, on emploie au moins 60 éléments moyens. On commence par mettre en contact les pointes conductrices entre lesquelles doit jaillir la lumière, puis on les écarte graduellement ; l’arc s’établit alors ; mais il faut le régler pour qu’il persiste à cause de l’usure des pointes, que la forte chaleur de l’arc vaporise et consume rapidement. Nous décrirons les régulateurs dans le chapitre des applications.

Pour obtenir avec le courant voltaïque l’étincelle explosive, il faut employer plusieurs centaines d’éléments. La pile de MM. Warren de la Bue, Hugo Muller et Spottiswoode est composée de 1100 éléments au chlorure d’argent. Voici comment est construit chacun d’eux.

Au fond d’un tube de verre vertical de 15 cent, de longueur, on met 15 grammes de chlorure d’ai'gent pulvé-

ISO JÆS MEllVEILLES DE L’ÉTINCELLE ÉLECTDIQUE.

risé ; ou le recouvre d’une colonne d’eau salée, contenanl 25 grannnes de sel marin par litre. Le tube est lermé par un ])ouclion que traversent un fil d’argent recouvert de gu lia percha, et une baguette de zinc. Le fil d’argent s’enfonce dans le chlorure d’argent et constitue le pôle positif; le pôle négatif est à la baguette de zinc.

Une pile ainsi disposée a une durée considérable. La force d’un élément est à peu prés celle d’un élément Daniell.

M. Gassiot a fait usage de 5000 éléments simples de Voila chargés avec de l’eau ordinaire; et il a observé l’étincelle entre les extrémités des rhéophores pendant plusieurs mois, sans affaiblissement notable.

Une pile fort commode, lorsqu’on n’a besoin que d’un arc voltaïque d’une petite durée, est la pile secondaire de M. Planté.

Chaque élément est composé de deux lames de plomb d’égales dimensions plongées dans de l’eau acidulée. Pour mettre la pile en activité, on fait communiquer les lames de plomb respectivement avec les pôles d’une petite pile de (juelques éléments voltaïques. L’eau est décomposée; son oxygène foi'ine avec la lame de plomb positive de l’oxyde de plomb qui la recouvre d’une couche brune, et l’iiydrogéne se porte sur l’autre lame. Au bout de quelques heures les lames sont préparées et comme on dit polarisées. On les sépare de la petite pile, et on les dispose |)our les effets du corn ant comme des éléments ordinaires. Sitôt qu’un conducteur ferme le circuit, un courant de courte durée s’établit; il est dû à la recombinaison de l’oxygéne et de l’iiydrogéne, et cesse quand la couche d’oxyde de plomb a disparu, (juand les éléments sont à grande surface, et très-nombreux, on observe les effets temporaires d’une pile excessivement puissante. M. Planté a disposé de cette façon jusqu’à 400 éléments dans lesquels chaque lame de plomb avait une superlicie de vingt décimètres carrés.

Une telle ])ile est inusable et n’exige (pi’une manii)ula-

APJ>AnF;iLS PRODUISANT L’ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE.

tioii simple et peu coûteuse. Ou peut la comparer à une batterie de Leyde que l’on charge avec une faible machine électrique, et dont la décharge’ produit pendant un instant les effets les plus intenses.

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