‹ L'étincelle électriqueChapitre 23 sur 44 · I.ES MEIIVEH.LES DE L’ÉTINCELEE ÉLEGTUIQUE · texte numérisé non relu

I.ES MEIIVEH.LES DE L’ÉTINCELEE ÉLEGTUIQUE

Ce nombre dépend de la largeur des traits et de celle des divisions ; on peut le calculer d’après ces largeurs par une considération de probabilité, et on arrive au même résultat.

Maintenant nous comprendrons aisément le calcul d’une série. On a compté 31 fois 3 traits brillants, 41 fois 4 traits, et 28 fois 5 traits, c’est-à-dire en tout 397 traits pour les cent étincelles. 11 y en a 70 dont il faut retrancher une unité: il reste ainsi 397 — 70 = 327 traits.

Le disque faisait 36 tours par seconde, d’après les indications d’un compteur de tours adapté à l’engrenage. Le passage d’une division du disque durait donc rs’üWe' — 6tW seconde, et l’intervalle de temps de deux coïncidences consécutives était le sixième de cette quantité, à savoir xsirô seconde.

La somme des durées des cent étincelles était donc au moins 327 fois le dernier nombre, c’est-à-dire 0%0084. Enfin la durée moyenne d'une seule étincelle était de 84 millionièmes de seconde.

Par cette méthode, on a pu trouver la loi tVaccroissement que suit la durée de l’étincelle, quand on augmente la surface de la batterie et la distance explosive, quand on diminue la longueur du fil de métal qui forme le circuit, puis l'influence de l'état de l’air où jaillit l'étincelle, celle de la nature et dudiarnélre des boules de décharge, celle de la disposition des bouteilles en cascade.

Ces recherches donnent le moyen de résoudre le problème suivant : étant donné un certain nombre de bouteilles de Leyde semblables, trouver une disposition pour laquelle l’étincelle qui accompagne leur décharge ait une durée déterminée à l’avance.

11 suffit de faire une seule mesure à l'aide du chronoscope sur une de ces bouteilles, et d’appliquer les formules trouvées par les auteurs. Parmi les résultats observés nous signalerons celui-ci, dont nous ferons

CONSTITUTION T)K I/ÉTINCELLE EXPLOSIVE

usage: la durée de rétiiicelle croît avec la volatilité des boules de décharge. Ainsi avec le zinc elle est une fois et demie celle que donne le platine. Elle dépend aussi d’une autre condition, car elle est seulement un peu plus grande pour l’étain que pour le platine, et pourtant l’étain est beaucoup plus volatil que le platine.

Les expériences que nous venons de décrire sur la durée de l’étincelle explosive nous offrent de remarquables exemples de la précision qu’a pu atteindre la physique, et de la puissance merveilleuse qu’acquiert notre œil, quand il est armé d’un instrument approprié au phénomène que l’on étudie. Nous avons vu dans le para graphe précédent comment le spectroscope permet de disséquer la lumière de l’étincelle, de façoa que les rayons diversement colorés qui frappent simultanément notre œil soient séparés les uns des autres, et groupés entre eux d’après une loi d’harmonie. Maintenant nous savons qu’on peut pousser cette dissection plus loin encore, en séparant les parties de l’étincelle quant à leur ordre de succession dans le temps. Le chronoscope nous a montré que Létincelle d’une bouteille de Leyde dure quelques millionièmes de seconde, et pourtant cette durée a pu être mesurée exactement, car les nombres observés ont conduit à des lois dont la découverte eût été impossible, si le degré d’approximation n’eût pas été sulfisant. D’un autre côté le miroir tournant nous a appris qu’une pareille étincelle est quelquefois formée d'un grand nombre de jets de feu successifs : la durée de chacun d’eux est donc inférieure à un millionième de seconde. Ce sont des jets de ce genre que présentent les machines électriques ordinaires.

Jetons un coup d’œil d’ensemble sur ce monde d’atomes qui se pressent et s’agitent dans l’étincelle explosive, et essayons de pénétrer dans le mystère de l’infiniment petit, comme l’astronome pénètre dans celui de l’infiniment grand.

LKS MKKVEILLES DE i/ÉTlNCELLE ÉLECTRIQUE.

Le rayon lumineux que rétincelle nous envoie à travers le speclroscope est, d’après la théorie des ondulations, le résultat de la vibration des particules matérielles situées au foyer incandescent. Si c’est un rayon rouge, on démontre en optique que chaque particule vibrante exécute 590 mille milliards d’oscillations en une seconde de temps. Entre cette particule et notre œil, il y a 16 mille petites ondes éthérées par centimètre, analogues aux ondes sonores de l’air, ou aux vagues que dessine la surface de l’eau. Admettons que la durée de l’étincelle soit d’un millionième de seconde. Notre particule exécute pendant ce temps 500 millions de vibrations, que les ondes lumineuses de l’étber propagent jusqu’à notre œil. Tel est le nombre formidable de pulsations qui produisent la sensation optique de la couleur rouge.

Pour les rayons jaunes, bleus, violets, le nombre de vibrations lumineuses est encore plus grand et croît régulièrement à mesure qu’on s’éloigne du rouge dans la série des couleurs spectrales.

Ce que nous disons sur l’étincelle repose sur la sensation optique. Est-ce bien tout ce que l’expérience peut nous apprendre? De ce que la puissance de notre vue est limitée, on doit induire que le mouvement des particules peut être encore plus étendu dans l’espace et dans le temps. L’expérience prouve que cela est vrai. En plaçant dans le spectroscope un prisme et des lentilles de quartz ou cristal de roche et substituant à l’œil une surface d’iodure d’argent, on obtient une empreinte photographique du spectre dont l’étendue dépasse considérablement le violet visible. M. Mascart et d’autres physiciens ont obtenu de cette manière des centaines de raies dans la région ultra-violette du spectre, là où l’œil est incapable de discerner quelque apparence lumineuse. D’un autre côté, M. Desains a découvert des bandes de chaleur dans la région opposée du spectre au delà du rouge, de s'ude que nous devons concevoir un rayonnement des

coNsimmoN de l’étincelle explosive.

sources lumineuses beaucoup plus étendu que celui qui est capable de produire la sensation optique.

Eu égard au temps, il ne faut pas croire que la durée de l’étincelle soit celle de la perturbation accomplie par la décharge au sein du gaz interposé entre les conducteurs électrisés. Cette perturbation doit avoîr une durée plus grande que celle qui est révélée par le chronoscope, et il est possible d’en retrouver la trace à l’aide d’autres méthodes expérimentales. C’est ainsi que M. Nyland, faisant éclater l’étincelle d’une hobine de Ruhmkorff entre une pointe de métal immobile et une surface métallique recouverte de papier et animée rrun mouvement trèsrapide, a vu ce papier percé de plusieurs centaines de petits trous consécutifs, prouvant que la décharge était composée d’un grand nombre d’explosions successives. Les premières étaient accompagnées de traits lumineux, (instituant la partie visible ou étincelle ; les dernières n’avaient d’autres preuves de leur existence que les traces marquées sur le papier.

Grâce à ces investigations multipliées, qui concourent à nous mettre à l’abri des illusions momentanées de nos sens, les faits précis s’accumulent et nous marchons par une voie sûre à la découverte des lois qui régissent l’étincelle électrique.

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