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Volatil isiition d’un fil de soie doré

LES MEUVEILLES DE L’ÉTINCELLE ÉLEGTKIUUE.

se rassemblant en perles liquides autour du fil de soie, comme des grains de chapelet, et finalement disparaicsant comme une fumée verdâtre dont les flocons se déposent sur le verre.

Nous admettrons donc comme un fait que les parcelles du conducteur sont lancées au dehors, puisque le spectroscope nous les a montrées dans l’étincelle, et nous attribuerons leur projection aux forces répulsives dues à l’électricité. D’un autre côté, nous savons que l’on retrouve sur chaque électrode des parcelles détachées de l’autre ; elles se comportent donc comme les particules gazeuses dont nous avons étudié le rôle précédemment, mais une différence essentielle se présente.

Nous avons vu que les boules de zinc donnent une lumière plus intense que les boules de fer, tandis que celles-ci produisent à peu prés le meme effet que les boules de cuivre. Ce n’est donc pas la fusibilité et la volatilité qui modifient le plus l’intensité lumineuse de l’étincelle; c’est surtout la ténacité. L’arrachement est beaucoup plus facile avec le zinc qu’avec les deux autres rnélaux, pour lesquels il n’y a pas une différence trèsgrande. Cela prouve que la projection des parcelles des conducteurs n’est pas précédée par la fusion et la volatilisation ; qu’elle est le résultat direct , comme l’admet M. Diess d’après ses expériences, d’une désagrégation moléculaire produite par les forces électriques. Ces parcelles paraissent donc lancées à l’état solide; elles deviennent incandescentes dans leur trajet à travers l’étincelle, et elles augmentent son éclat, de même que le carbone libre augmente l’éclat de la flamme d’un hydrocarbure. D’ailleurs l’incandescence doit déterminer la fusion et la volatilisation; puis les vapeurs formées doivent se condenser sur les conducteurs, et s’y déposer sous la forme de grains pulvérulents. C’est, en effet, ce qu’on observe sur les boules qui ont servi à un grand nombre de décharges, et particuliérement sur les

CONSTITUTION DE L’ÉTINCELLE EXPLOSIVE

boules de charbon; elles prennent nn aspect velouté.

Si les expériences se font dans un gaz qui exerce une action chimique sur la substance des conducteurs, le phénomène se complique. C’est ainsi que le charbon, la plupart des métaux se combinent avec l’oxygène de l’air, et nous savons que ces combinaisons sont des sources de chaleur lumineuse. Le platine ne donne lieu à aucune action chimique de ce genre ; il convient de l’employer quand on opère dans l’air, et qu’on veut se mettre à l’abri de ces actions secondaires.

Les expériences que nous avons faites sur la durée de l’étincelle, bien que peu variées, contribuent à différencier le rôle du gaz et celui des particules lancées par les conducteurs. L’intensité lumineuse n’est pas proportionnelle à la durée, car Masson a trouvé la même intensité avec le zinc et l’étain, tandis que la durée s’est montrée beaucoup plus grande avec le zinc ; l’incandescence des particules de zinc se prolongeait plus longtemps que celle de l’étain. Cela peut s’expliquer par la combustibilité, qui est plus grande pour le zinc; l’action chimique serait au moins une des circonstances dont dépend la durée. Des observations suffisamment multipliées sur ces phénomènes résoudront certainement toutes les questions qu’on peut poser sur le rôle des conducteurs.

Dans quelle région de l’étincelle se trouvent les parcelles incandescentes? Le vif éclat du trait de feu porte à penser qu’elles y sont accumulées. Mais l’analyse spectrale montre qu’elles n’y sont pas à l’état gazeux. Les raies caractéristiques du métal se montrent surtout dans l’auréole. D’autre part, l’auréole a une durée beaucoup plus grande que le trait de feu, et nous venons de voir que la durée totale de l’étincelle croit avec la quantité de métal projetée et avec sa combustibilité. Cela confirme la conclusion que l’on tire de l’analyse spectrale ; il faut donc admettre que les parcelles incandescentes des conducteurs sont vaporisées principalement dans l’auréole.

LES MEEYEll.LES DE I/ÉTINGELLE ÉLECTIVIQUE.

ci (jirelles ont pour rôlo d’augnieuter son éclat et sa durée J^es particules du métal se trouvent aussi dans la lueur, car M. Neef et M. Matteucci ont vu avec la bobine d’induction cpie la couleur de cette lueur dépend de la nature du métal ; elle est bleue avec le zinc, et verte avec le cuivre.

En résumé, la constitution de l’étincelle explosive déduite du rapprochement de tous les faits connus aujourd’hui est la suivante. Les conducteurs de la décharge produisent dans le milieu transparent et médiocrement coiiducteur qui les environne divers mouvements d’on i*ésultent, suivant leur nature et leur rapidité, la lueui‘, l’aigretle ou l’auréole, le trait de feu, la stratification; c’est la tension de rélectricité qui règle ces mouvements. I.es conducteui’s projettent des particules, ordinairement solides, qui entrent dans le tonrbillon gazeux, et concourent avec les particules du gaz à la production de la lumière ; mais en outre ils ont une action propre, résultant des changements physiques que la chaleur engendrée par tous les mouvements leur fait suhir. Des phénomènes clîiiniqnes secondaires accompagnent souvent les phénomènes électriques; de là résultent des modifications dans l’état de mouvement moléculaire qui produit sur nos sens les sensations de chaleur et de lumière. C’est la quantité d’électricité qui régie principalement le rôle des conductem s.

Un premier progi'ès à accomplir, c’est de découvrir les lois de la tension électrique, quand on change les cir(*onstances où se produit l’étincelle : car alors, étant donné ces circonstances, c’est-à-dire la forme des (*ondneteurs, leur distance, leur quantité d’électricité, l’étal du milieu, on pourra prévoir l’aspect de la lumière électrique. Lorsqu’on outre les lois relatives à la quantité seront bien connues, on pourra étendre le problènui à toutes les autres circonstances.

Mais nous ne pouvons connaître le mécanisme intime

CONSTITUTION DE L’ÉTINCELLE EXPLOSIVE

ITN

de la transformation d’énergie qui s’accomplit dans l’étincelle. Tout ce qu’il est donné à I homme de savoir, c’est si les faits connus qui sont relatifs à cette transfoi’mation sont conformes aux conséquences qu’il peut déduire par le raisonnement de quelque hypothèse née dans son esprit. Quand cette conformité a lieu, l'hypothôse sert à l’enchaînement méthodique des faits, llemonter d’un fait particulier à l’hypothèse, c’est expliquer ce fait. On voit quel degré de confiance il faut donner à des raisonnements de ce genre.

L’hypothèse des fluides électriques doit aujourd’hui être rejetée, parce qu’elle n’explique pas tous les faits connus. Mais aucune hypothèse meilleure ne s’est encore présentée pour la remplacer. Il convient donc à celui qui cherche seulement à connaître les phénomènes de la nature de se borner à un enchaînement des faits indépendants de toute hypothèse. C’est ce que nous venons de tenter de faire dans ce chapitre, en rattachant les diverses particularités de rétincelle au principe expérimental des attractions et répulsions électriques. î\)ur que l’enchaînement soit complet, il faut qu'il s’applique nonseulement à la qualité des choses, mais encore à leur quantité, c’est-à-dire aux lois numériques découvertes par les physiciens; nous avons dû nous ahstenir de ces sortes de raisonnements dans un livre populaire; mais que le lecteur sache bien que le secouis des mathématiques permet d’établir l’enchaînement complet dont il est ici question.

Ces considérations montreront an lecteur de quel genre de problème il s’agit, lorsqu’on demande comment des particules gazeuses électrisées engendrent lalniniére. On ne peut répondre à cette question sans recourir à une hypothèse sur la nature de l’électricité et sur celle de la lumière. Mais si l'on demande pourquoi la lumière jaillit, on peut montrer qu’elle succède à une opération antérieure, déterminée, et par là on donne une explication.

Quelle est cette opération antérieure? c’est l’électrisation des conducteurs. Pour qu’elle fut définie, il faudrait que l’état des particules électrisées fût connu, et c’est à la connaissance dç cet état que tendent toutes les recherches théoriques sur l’électricité. De quels mouvements sont animées les particules des conducteurs? La réponse ne peut être donnée dans l’état actuel de la physique : la science de l’électricité est beaucoup moins avancée que celle de la lumière. On ne doute plus aujourd’hui des ondulations lumineuses; l’incertitude ne régne que sur la nature du véhicule de ces ondulations : mais en électricité les phénomènes connus ne nous ont encore rien appris de certain sur le mode de mouvement de la matière. C’est une raison pour que chaque jour grossisse la phalange des amis de la nature qui dirigent leurs recherches sur ce suj(*l.

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