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Appareils fondés sur l’instantanéité de l’étincelle

Nous avons déjà vu qu’au milieu du dix-huitiéme siècle une expérience faite en Angleterre sur la bouteille de Leyde avait montré que la décharge par étincelle a une durée inappréciable, même avec un très-long circuit. 11 faut recourir au miroir tournant, comme l’a fait M. Wheatstone, pour observer quelque intervalle de temps entre

Tapparitioii de deux étincelles, dont rime jaillit entre l’armature intérieure d’une bouteille non isolée et un fil conducteur isolé, et l’autre entre l’extrémité de ce fil long de plusieurs kilomètres et un conducteur communiquant avec le sol.

En 1794, Reiser imagina un télégraphe fondé sur cette propriété, et son système fut mis en pratique avec quelque succès par Salva en Espagne. Entre les deux stations étaient tendus des fils conducteurs parfaitement isolés, ce qui est une des difficultés de ce système; chacun de ces fils portait une lettre à l’extrémité située à la station de départ, et à son autre extrémité était placée à une petite distance la meme lettre de métal communiquant avec le sol. Quand on voulait désigner une lettre, on chargeait une bouteille de Leyde à la station de départ en la tenant à la main par l’armature extérieure, et on approchait du fil correspondant à cette lettre le bouton de l’armature intérieure. L’étincelle jaillissait simultanément aux deux extrémités du fil, et montrait à la station d’arrivée la lettre qu’on voulait désigner.

La découverte de la pile et celte de l’électro-magnétisme ayant amené l’invention d’un télégraphe beaucoup plus simple et plus sûr, le système de Reiser est tombé dans l’oubli. Il est juste de lui donner une place dans riiistoire de la télégraphie, parce que c’est la première tentative qui ait été faite en vue d’appliquer l’une des principales propriétés de l’électricité.

Vers 1858, M. Martin de Rrettcs, officier de l’artillerie française, a imaginé plusieurs appareils fort ingénieux, destinés à mesîirer des intervalles de temps très-courts, séparant le passage d’un mobile par des positions successives connues. 11 avait surtout en vue la détermination exacte de la vitesse des projectiles lancés par les armes à feu ; mais la solution qu’il trouva lui suggéra beaucoup d’autres applications, dont les sciences appliquées peuvent tirer un parti avantageux.

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APPLICATIONS DE L’ETINCELLE

La propriété de l’étincelle que ces appareils utilisent, indépendamment de l’instantanéité de la décharge, est celle que nous a fait connaître l’expérience du percecarte.

Imaginons un disque de métal, revêtu sur un côté d’une feuille de papier et tournant uniformément autour de son centre. A une petite distance du papier se trouve une pointe de métal, fixe, communiquant avec l’un des pôles de la bobine de Ruhmkorff. Le disque de métal communique avec l’autre pôle par l’intermédiaire d’un ressort sur lequel il s’appuie constamment. Dés qu’une étincelle jaillira entre la pointe et le disque, un petit trou se produira dans le papier, et on pourra observer sa place à loisir, quand on aura arreté le disque.

S’agit-il de mesurer la vitesse d'un projectile, voici comment on pourra opérer. On mettra sur la ligne que doit suivre le projectile une cible formée par un fil métallique, replié en zig zag, et fixé sur un châssis isolant (fig. 65) ; puis on formera un circuit voltaïque avec la cible, le fil inducteur de la bobine de Ruhmkorff et une pile de quelques éléments. Une seconde cible placée plus loin formera un second circuit semblable, disposé de façon que son courant neutralise l’action du premier sur le fer de la bobine. Quand le projectile rencontrera la première cible, il ouvrira le circuit correspondant, et l’autre mettant la bobine en activité, les étincelles se succéderont rapidement ; on aura une suite de points marqués sur le disque tournant. xUteignant ensuite la seconde cible, le projectile rompra le second circuit et la bobine rentrera au repos ; la ligne de points marqués sur le disque correspondra au passage du projectile entre les deux cibles et fera connaître sa durée. En divisant par cette durée la distance des cibles, on aura la vitesse moyenne du projectile.

Les appareils de M. Martin de Rrettes ne sont pas identiques à celui que nous venons d’étudier, mais on y re-

tJÏO LES MEIIVEILLES DE L’ÉTINCELLE ÉLECTlIIQUE.

trouve les niêiiies principes. On peut les appliquer de diverses manières.

Nous donnerons une idée de l’extension qu’on peut

Fig. C6. — Appareil pour la chute d’un corps.

donner à V Indicateur par étincelle^ en résolvant cet autre problème : Inscrire le monvcnient d’nn corps pesant qui tombe librement.

Un cylindre de métal, recouvert d’une léiiille de pa-

AlMMiCATlO.NS DE L’ÉTIACELI.E.

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pier, est place verticalement, et reçoit d’uii mouvement d’horlogerie une rotation uniforme autour de son axe (lig. 00). Ce cylindre communique avec l’im des pôles de la Ijobine de Rulnnkorff, munie de son interrupteur à vibrations rapides. Le corps pesant est un petit cylindre de plomb, terminé en cône à sa partie inférieure ; il est traversé par un fil de cuivre isolé, tendu verticalement à une petite distance du cylindre, et muni d’une pointe de platine qui est très prés de la feuille de papier; ce fil communique avec le second pôle de la bobine.

Supposons que le corps pesant soit en repos, l’interrupteur fonctionnant : les étincelles vont se succéder rapidement entre la pointe et la surface du cylindre ; elles produiront une série de petits trous dans le papier, sur une circonférence horizontale.

Abandonnons le corps pesant à lui-même ; il tombera en glissant trés-légérement le long du fil vertical, qui lui sert de guide, et la série de petits trous dessinera sur toute la hauteur parcourue une courbe iKiraholique qui résout le problème.

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