‹ L'Étoile de Séville;Chapitre 54 sur 85 · BUSTO, MATILDE · texte numérisé non relu

BUSTO, MATILDE

BUSTO {à part)

Voici celle qui me servant Me trahit, celle qui me vend !

Honteuse, elle baisse la tête...

Un mensonge fera connaître La vérité.

{haut).

Mets les verroux à cette porte.

Dans une heure tu seras morte, Tremble ! Le Roy m'a tout conté.

MATILDE

S'il n'a pas gardé le mystère Comment, moi, pourrais-je me taire? Tu as raison d'être irrité, Le Roy t'a dit la vérité.

BUSTO

C'est toi qui as ouvert la porte ?

MATILDE

Il m'a promis la liberté.

l'étoile dk sé ville Í92

BUSTO

Oui, mais c'est la mort qu'il t'apporte. Et... Estrella?

MATILDE

Elle ne sait rien de cela.

BUSTO

Je le crois, sa clarté n'admet Sur elle aucune ombre jamais.

MATILDE

Oui, sa lumière est toujours pure, A peine dans la chambre obscure Le Roy venait-il d entrer là En me remettant cet écrit Que tu es arrivé loi-même.

BUSTO

Un écrit pour toi ? Quel écrit ?

MATILDE [le lui tendant)

C'est la promesse faite ici D'une rente de mille ducats.

BUSTO [après avoir lu)

Oui, et mon honneur, n'est-ce pas, Faisait les frais ? Altends-moi là.

{Il la jette à terre.")

MATILDE

Ah ! malheureuse ! malheureuse !

BUSTO {allant à la chambre d'Estrella)

Rien n'est fini... Mon âme est encore peureuse {Il va frapper à la porte d Estrella.^

Page 1