‹ L'etoile du nordChapitre 68 sur 77 · ACTE III. SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III. SCÈNE VIII

appartements... j'ai entendu nne voix que je n'ai pu méconnaître, celle de Catherine!... Catherine chez toi||î Et cachée!...

DaililOlwitz, froidement. Crojez vous, sire?

Pierre^ avec fureur. Si je le crois!!! à telles enseignes qu'elle chantait à haute voix cet air que George, son frère, m'avait autrefois appris sur la fliite. Cet air qu'elle et moi conoaissous seuls en ce palais? IVieras-tu maintenant ? oserastu nier?

DaililOlwItK. Non, sire! c'est la vérité!

Pierre* Depuis quand en as-tu connaissance?

DAIlilOlWÎtz* Depuis ce matin!... d'après mes ordres et la récompense par moi promise, la paysanne qui pendant quinze jours l'avait recueillie dans sa chaumière, me l'a amenée...

JPierre. Et tu ne me Tavais pas encore dit.'

DaniloiwitK. Je n'osais pas !

Pierre. Et pourquoi?

Daililo^i^itz^ hésitant. Parce qu'elle était ici, sans y être!... ce n'est plus elle!...

Pierre» Qu'est-ce que cela signifie?

Uaililoiwitz. Que votre infidélité dont elle a été le témoin, sa condamnation, ce fleuve qu'elle a traversé à la nagc^ cette blessure qu'elle a reçue... tant de secousses à la fois ont ébranlé sa raison !

Pierre, poussant un cri. Ah!... Catherine si forte! si courageuse! (^avec douleur^ si tu savais quels projets j'avais formés sur elle... sur elle... mon guide et mon étoile!

Daililoivitz, avec ménagement. Le temps et nos soins vous la rendront, il ne s'agit que d'attendre...

Pierre, avec emportement. Attendre! je ne le puis!

JDanilolwitz* Dans son délire même elle parle sans cesse de Pierre.

Pierre, avec émotion. De moi ?

Daililoiwitz* Tout à l'heure encore vous l'avez en' tendue... elle redisait cet air que vous et George répétiez si souvent sur la flûte, son idée fixe c'est son village!

Pierre, poussant un cri d^espoir. Ah î

Daniloiwitz. C'est ce toit où elle vous a connu! c'est son frère, sa sœur, tous les ^iens qu'elle appelle et qu'elle désespère de revoir!

Pierre, portant la main à son front. Ah!... {s'adressant à Danilowitz) écoute?... qu'on la délivre! qu'on la conduise ici!... et puis... {Entrent quelques officiers du palais : il leur parle à voix basse ^ Danilowitz a Vair de faire des observations).

Pierre^ à DanîlowUz. Je prends tout sur moi!... mais que mes ordres soient fidèlement exécutés, c'est à toi de les transmettre ici à tout ce monde... (avec colère) et maintenant laissez-moi... laissez-moi tous. {Tous sortent.)

Page 1