‹ L'etoile du nordChapitre 7 sur 77 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

DANILOWITZ revient près de Peter s qui est resté seuly debout, au milieu du théâtre,

JDmiilo^l'itz (à Péters, lui frappant sur ï épaule après un instant de silence). Tu es Moscovite.^

Péters, C'est vrai!

Dailllo^'ilz* Comment te trouves -tu dans la Finlande?

IPéterS» Je ne voulais que Ja traverser... et un jour que je m'étais mis en colère . . je suis tombé comme frappé d'un coup de sang... dans ce village.

Dailîloiwitz* Etais-tu donc seul?

Peters* Non. Mais des ouvriers avec qui je voj^ageaîs et qui étaient comme toi, qui ne me connaissaient pas... m'ont abandonné... une jeune fîlle qui demeure là.., {montrant la maison à gauche) m'a secouru.

Oaililo^i^ltz* Mais dès le lendemain tu allais mieux... et tu n'es pas parti ?

Péter». Ce village me convenait.

Uanilo^witz* N'est-ce pas plutôt la jeune fîlle qui te plaisait./?

PétePS, C'est possible!

DailIlOYitz* Ils disent tous que tu en es amoureux...

Pétei'S. Peut-être! un caprice!,.,

Daillloiwitz» Ils prétendent que tu as pris de l'ouvrage {montrant la droite),,, là, dans ce chantier, parce qu^^elle y vient tous les jours vendre de Teau-de-vie ou du rhum aux ouvriers.

PéteFS* La vérité est cjue son rhum est excellent.

Ilaililoiwltz* Ils ajoutent même que pour la voir de plus près, tu vas soir et matin chez son frère George Skawronski , menuisier et ménétrier du village, pour y étudier sur la flûte l'air que Catherine préfère.

Péters. Si je le préfère aussi ^ qu*est-ce que cela te fait? Mais, par saint JVicolas, voilà assez longtemps que tu m'interroges... et toi qui es si curieux, qui es -tu?

Daniloil^ilz» Danilowitz, Moscovite comme toi, et maître jiâtissier! Mais il n'y a rien à faire en ce pays; j'ai envie de retourner dans le mien servir le czar Pierre.

PéterS. Bah! un brutal!

Daililoivitz* Je ne dis pas non! mais il a de la tête, du cœur, et il en donne à ses soldats, qui, rien qu'en entendant retentir la Marche sacrée^ se feraient tous tuer.

Péters* Qu'est-ce que c'est que la Marche sacréel

Dailftloiwitz» Celle que sa garde jouait à Pultawa et qu'il a, dit-on, composée lui même.

Pétei'S* Ah!... il est musicien?

Daililoiwitz* Il fait, dit-on^ tous les métiers.

PéterS. Tant pis!

Danllo^ritz. Tant mieux, ^. il y en aura dans le nombre quelqu^m qui me conviendra, et comme je veux arriver...

Péters« Où cela?

Danilo^witz^ Aussi haut que possible.

PéterSj le regardant avec étonnement. C'est justement là que je vais.

Daililoiwitz* £h bien^ si tu veux faire route ensemble. . . .

PéteP©» Tu me suivras?

Daililoiwitz» Fût-ce au diable !

PéterS. 11 se peut que je t'y conduise.

Daililoivitz y lui tenant la main. Alors, tu es mon homme.

PétePS, Tu seras le mien (/a lui prenant) .. , soldat, puis officier.

Daiiiloiwitz* £t général!

PéterS, riant. Et prince!...

Daililoii^itz, Pourquoi pas?

Péter», de même. Tu vas plus vite que moi...

Uaililoiwitz, Et des richesses, des honneurs, des plaques, des cordons...

PéterSj de même. Tu ne m'en laisses pas...

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