RÉCIT
Et puisque, grâce à vous, ma crainte est apaisée,
Je puis vous dire enfin ce qui l’avait caus^.
Apprenez...
[On entend un roulement de tambours.)
Ah! que j’ai peur! que j’ai peur!
J’ai tant couru !... je me soutiens à peine!
J’ai tant couru... que j’en suis hors d’haleine!
16 L’ÉTOILE DU NOKl).
Et mèmr auprès de vous, mon cœur
Palpite encore de frayeur!
Voyez plutôt!... Ah! que j’ai peur!
Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! que j’ai peur !
GEORGE
Sois tranquille, je vais savoir par moi-même...
> PRASCOVIA, qui était à moitié évanouie, se relève vivement.
N’y va pas, n’y va pas. Il y a, dit-on, un corps tartarc, commandé par le colonel Tchéréméteff , qui marche sur Wiborg, mais son avant-garde, qui s’est répandue dans la campagne..., vient d'entrer dans le village.
CATHERINE
Eh bien ?
PRASCOVIA, tremblante.
^ Eh bien ! des Kalmouks, des Baskirs, des pillards qui mettent tout à feu et à sang !
C’est ce que nous verrons.
CATHERINE, se retournant vers lui.
.\h ! vous n’êtes pas parti ?
PÉTERS
Il y a du danger pour vous... je reste.
CATHERINE, luî tendant la main.
C’est bien l
PRASCOVIA, continuant.
Ils ont couru d’abord chez les cabaretiers. Mon oncle, sans s’occuper de moi, s’est sauvé d’un côté, moi de l’autre !... {Regardant George) de celui-ci î
CATHERINE, lui Serrant la main.
La ligne droite 1 près de ton tiancé, près de ta sœur... PRASCOVIA , remontant le théâtre et regardant vers la gauche.
Tenez... tenez... les voyez-vous de loin! ils viennent de ce côté... que faire ?
GEORGE
Nous enfuir !
PÉTERS, saisissant une hache de charpentier.
Non pas... les arrêter!... et je m’en charge!...
CATHERINE, lui prenant la main et le regardant.
Ah ! voilà le regard dont je te parlais, et ta main ne tremble pas! Bien, Péters !... tu as du cœur... {souriant.) Mais tu n’as pas le sens commun. Tu vas, avec ta hache, nous faire tous massacrer... à commencer par toi!
PÉTERS, brusquement.
Si cela m’est égal !
CATHERINE , vivement et avec tendresse.
Si ça ne me l’est pas !