ACTE
GRITZENKO.
On ne raisonne pas!... Avancez ù l’ordre. La consigne est de vous promener tous trois cette nuit, au clair de la lune...
CATHERINE
Tiens !
GRITZENKO.
On ne raisonne pas !...
(A un des soldats) toi devant celte tente... (à un autre) toi à gauche... (à Catherine) toi à droite... C'est là mon ordre de bataille.
CATHERINE , murmurant entre ses dents.
Est-il bétel...
GRITZENKO.
On ne raisonne pas... {Bas àCatherine.)Toi, comme je te protège .. (lui montrant une guérite qui est à gauche du spectateur) je te permets de te promener de la guérite à la tente, ou de la tente à la guérite... à ta volonté... jusqu’à ce qu'on vienne te relever.
Et d’ici là si je meurs de froid ?...
GRITZENKO.
On ne raisonne pas... Sakinka!... A vos postes... demi-tour... marche! (Les deux soldats disparaissent par le fond, derrière latente; Gritzenko sort; Catherine reste debout près de la guérite à gauche.)
Pendant la scène précédente, des soldats ont élevé une grande et belle tente qui tient dans toute sa largeur les deux tiers du théâtre. — Au fond, et sur les côtés, les rideaux sont fermés ; ceux qui font face au spectateur sont relevés et laissent voir l’intérieur de la tente qui est richement décorée. — Des chaises, une table.
De la guérite à la lente, le tiers du théâtre est libre ; c’est dans cet espace que Catherine se promène, le fusil sur l’épaule, pendant qu’au fond du théâtre apparaît de temps en temps la sentinelle qui se promène derrière la tente.