‹ L'etoile du nord opera comique en trois actes de M. E. ScribeChapitre 52 sur 90 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

CATHERINE, avec impatience et satis se retourner.

C’est bien !

GRITZENKO.

Voici votre heure !

On vient vous relever.

CATHERINE , regardant toujours.

Je ne veux pas partir !

GRITZENKO.

Quittons ces lieux !

CATHERINE, ovec jalousic.

Non pas! non, non, non, j’y demeure.

Je reste là ! quand j'y devrais mourir !

GRITZENKO.

Mais la consigne!

CATHERINE

Elle me choque!

GRITZENKO.

La discipline !

CATHERINE

Je m’en moque !

GRITZENKO.

Le châtiment...

CATHERINE

Ça m’est égal !

Et je me ris de lui...

{A Gritzenko qui veut l’emmener de force).

Comme du caporal !

{Elle lui donne un soufflet.)

GRITZENKO, poussant un cri et portant sa main à sa joue. Sakinka !

I GRITZENKO.

Je suffoque de rage!

Un sou rdet au visage.

Caporal, quel outrage!

Pour moi, quel déshonneur!

Accourez tout le monde,

A moi! qu’on me seconde Et qu’ici tout réponde

I A ma juste fureur !

CATHERINE, regardant du côté de la tente.

C’en est fait! son outrage .A jamais me dégage !

N’écoutons que la rage Qui fait battre mon cœur.

Dans ma haine profonde,

Qu’ici je le confonde ,

Et que le ciel seconde y Ma jalouse fureur!

L’ÉTOILE üü NOKÜ.

\ pÉTERS, SOUS la tente, ent re les deux femmes. |0 charmant badinage!

Amour libre et volage,

Qui pour un jour engage La tête et non le coeur !

Beautés, reines du monde,

Que votre amour réponde A l’ivresse profonde Dont je ressens l’ardeur !

EKIMONNA et NATHALIB.

Cessez ce badinage.

Non, vous serez volage!

Et jamais je n’engage Ma raison ni mon coeur ï Nous connaissons le monde.

Et, loin qu'on vous réponde,

\ Ma sagesse profonde \ Défendra mon honneur!

A la voix de Gritzenko, plusieurs soldats viennent d’accourir. Le morceau finit à cet endroit avec grand bruit ; mais la ritournelle continue encore à l’orchestre seulement, et en sourdine.

EKIMONNA, courant ouvrir les rideaux de la tente à gauche. Eh 1 mais, quel est ce bruit ?

[Les rideaux de la tente qui sont ouverts laissent voir Peters assis près de la table, tenant à la main son verre que Nathalie vient de remplir.)

GRITZENKO, apercevant Peters en uniforme.

Un capitaine!... c’est ce qu’il me faut... Justice, mon capitaine...

[Il entre parles rideaux à gauche, qu’Ekimonna vient d^ouvrir et s’avance sous la tente près de Péters. Derrière lui , entre également Catherine que des soldats amènent.)

PÉTERS, complètement gris.

Encore un importun! que viens-tu m’annoncer? Parle, mais ne m’impatiente pas !

GRITZENKO.

Un soufflet que moi, caporal, j’ai reçu d’une recrue, d’un simple soldat.

PÉTERS, tenant son verre.

Eh bien ! qu’on le fusille 1... et sur-le-champ !

GRITZENKO, aux soldots qui entourent Catherine.

En avant! marche!

CATHERINE, s’élançant près de Péters.

O ma mère ! fais que ma voix arrive à son cœur !

Péters 1... Péiersl... regarde bien!... reconnais mes traits... c’est moi.

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