‹ L'etoile du nord opera comique en trois actes de M. E. ScribeChapitre 58 sur 90 · YERMOLOFF ET LE CHOEUR · texte numérisé non relu

YERMOLOFF ET LE CHOEUR

Que veulent ces soldats? Que nous annoncent-ils?

Parlez: d’où vient ce trouble? quels périls Nous menacent?...

ISMAÏLOf'F.

Terreur extrême Le bruit partout se répand Que Pierre, que le czar lui-mémê,

Vient d’arriver au camp I

CHOEUR

Immolons le tyran qui sc livre à nos mains !

PIERRE, O Daniloicitz.

M’immoler! Non, le ciel déjoûra leurs desseins!

YERMOLOFF, à Pierre et à Danilowitz.

Vous nous avez dit vrai! venez et suivez-nous.

Assez longtemps, amis, dans l’ombre et le silence Nous avons attendu l’heure de la vengeance!

Musique entête, en avant suivez-uous!

ACTli 11.

Et bientôt au& accents de la marche sacrée Dans tout le camp sa mort sera jurée!

N'est-ce pas, compagnons, ici nous jurons tous Que le tyran tombera sous nos coups !

ENSEMBLE

PIERRE, à part, CIIOEÜB.

Dieu protecteur. Dieu protecteur de la Russie,

Sois mon vengeur Pour sauver la patrie.

Veille sur la patrie ! Arme mon bras vengeur

PIERRE

Pour déjouer leurs complots ennemis S’il le faut, prends mes jours, mais sauve mon pays !

CH(®UR

Que par ta main nos desseins soient bénis!

Que la mort du tyran sauve notre pays !

[On entend dans la coulisse à gauche la musique du régiment Yermoloff jouant la Marche sacrée. Les soldats s’apprêtent à sortir. Pierre, que Daniloicitz retient en vain , s’élance au-devant d’eux.)

PIERRE

Soldats, qu’on trompe et qu’on égare.

Où courez-vous ! et de vos compagnons Quel délire s’empare !

CHOEOR , repoussant Pierre.

Va-t’en , ou suis nos pas ! car nous marchons Contre un tyran, contre un barbare !

PIERRE

Contre le czar, votre empereur I CHOEUR.

Il ne l’est plus !... à lui malheur !

PIERRE

Malheur plutôt à vous !... vous qui, pour vous venger,

Âu milieu de vos rangs appelez l’étranger !

Quoi! pour punir le czar, vous couvrir d’inramie.

Trahir tous vus serments et vendre la patrie !

Non, non! au seul aspect des drapeaux ennemis.

Oubliez votre haine et songez au pays!...

Oui, dussions-nous courir à notre perte !

Honneur à qui succombe et honte à qui déserte !

Venez, suivez-moi tous sous ce noble étendard !

Et vainqueurs, je promets, de vous livrer le czar :

Seul, sans défense.

Je le livre à vos coups.

CHŒUR

Seul ! sans défense,

Tu le livres à nous...

ÏERMOLOFF.

Quelle est donc ta puissance !

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