ACTE III
PRASCOTIA.
Ce n’est pas poar te gronder, mais tu t’es joliment fait attendre pour la noce.
CATHERINE. {La musique reprend.)
La noce !
{A George qu’elle prend par la main.)
Viens, mon frère !
Viens... c’est toi, qui par moi seras seul écoulé...
Je ne croirai que toi l.,. dis-moi la vérité ?
GEORGE, bas à Prascovia,
Et Danilowits qni nous a ordonné de mentir sous peine de la colère de l’empereur 1...
CATHERINE
Dis-moi si ma raison est è Jamais perdue?
OEORGE ET PR \SCOVIA, riant.
Quelle idée !... allons donc !
CATHERINE, cherchant à rappeler ses souvenirs. Pourtant, je vois encpr .. ce camp et ces soldats!...
Et cet ingrat... pour qui J'ai bravé le trépas !
Péters... qui m'a irgliie!... (i'ivement.) Oui je me lerapi>elle, J'en suis sùreà présent.... il était inOdèle!.,.
GEORGE, parlant sur la musique.
Voilà une imaginaiioii I... ce iiauvre Péters qui n’aime et n'a jamais aimé que toi... à telles enseignes qu'il est déjà à la maisuii depuis ce matin, pour prendre sa leqon .soi-disant {tirant sa flûte de sa poche), mais dans le fait... pour l’y attendre.
CATHERINE
Vous me trompez... ailleurs il a porté ses pas.
{On entend en dehors l'air de flûte que Pierre jouait au premier acte.)
’ CATHERINE, parlant sur la ritournelle.
.Ml! mon Dieu... cet air... qui donc le jouait ainsi? ali ! lui!., lui... Péters!...
SDITE DU FINAL.
GEORGE, avec bonhomie.
Eh! oui, c'était Péters... oui, le fait est certain.
CATHERINE
C’est bien l’air que chaque matin Il répétait avec mon frère !
GEORGE, de même.
Avec moi-môme! ch! oui, la chose est claire !
CATHERINE
C’est lui... je le reconnais... je le dirais... je crois.
{Elle chante l’air, cl la flûte, qui s’est fait entendre à (jauclie, l’accompagne.)
CATHERINE
O prodige nouveau ! *
N’eat-ce pas un écho?
[Avec extase.)
Ne va pas me füir,
Doux souvenir Où mon espoir se fonde !
O rêve heureux
Par qui s’ouvrent les deux ! ’
{Écoutant.
L’écho se lait. [A son frère.) Réponds pour que l’écho réponde. (Georges, qui est à droite du théâtre, joue sur sa flûte l’air que reprend la flûte à gauche.
Cet air si cher m’enivre et porte dans mes sens Le parfum des fleurs au printemps !
{En ce moment Pierre paraît. Catherine pousse un cri et tombe évanouie dans les bras de Pierre. Danilowitz, George et Prascovia l’entourent.)
DANILOWITZ, effrayé.
Mortel... mortel...
PIERRE, tenant toujours Catherine dans ses bras.
Non, non. la joie ne lue p>>sl
Dans ce moment des groupes d’officiers, de seigneurs, de dames de la cour, entrent de droite et de gauche. Des dames d’honneur portant le manteau impérial , l’attachent sur les épaules de Catherine encore évanouie , que le czar soutient toujours dans ses bras. D'autres dames posent sur son front la couronne, tandis que Prascovia, à genoux devant elle, attache à son côté le bouquet blanc de mariée. En ce moment, Catherine ouvre les yeux, sa raison est revenue. Elle craint de la perdre de nouveau. Elle touche avec étonnement son manteau, porte la main à sa couronne.
CATHERINE
O ma mërel... tu me l’avais dit... pour moi... la gloire... le bonheur.
PIERRE, lui montrant la cour qui l’environne. ils sont ici 1...
CATHERINE, se jetant dans ses bras.
Non!... là 1
CHOEUR
Vive notre impératrice !
Notre étoile protectrice.
Qu’elle soit toujours Et notre gloire et nos amours !
Les tambours battent aux champs, les épées brillent. Cri général : Vive l’impératrice. La toile tombe.)