‹ L'etoile du nord opera comique en trois actes de M. E. ScribeChapitre 89 sur 90 · CATHERINE, REYNOLD · texte numérisé non relu

CATHERINE, REYNOLD

REYNOLD

Nous voilà seuls, Catherine, et je puis vous dire, avant de vous quitter, pour toujours, je puis vous dire le nom de cette jeune fille dont le souvenir, depuis cinq ans, était sans cesse présent à ma mémoire, dont l’image était sans cesse devant mes yeux, je puis vous dire combien je l'aimais, et combien j’ai souffert en apprenant qu'elle s’unissait à un autre.

CATHERINE

Oh ! taisez-vous, taisez-vous Reynold, songez à vous plutôt, songez à votre salut... et ne l’accusez pas... elle qui voudrait vous sauver.

REYNOLD

Eh!.,, que ferais-je de la vie, puisqu’elle en épouse un autre.

CATHERINE

Pouvait-elle résister à la volonté de son second père?...

REYNOLD

Ce mari !... elle ne l’aime donc pus ?...

C’est un brave et honnête garçon qu'elle estime, qu’elle res- (loctera toujours.

l’habit de noce.

RKYNOLD, stec force.

.Mais elle ne l’aime donc ps ?

Catherine.

Kllc tiendra saintement la foi jurée, elle lui donnera tout son dévoiicnicnt, toute sa vie...

RETNOLD.

Mais son amour, mais

Ou ne donne pas son donne !... et...

son c<Kur...

CATHERINE

cœur, Reynold , c’est luwmêoie qui se

REYNOLD. '

Aelicvcz...

El il y a trois ans que le mien ne m’appartient plus...

reynold.

Grand Dieu !... vous ai-je bien comprise...

DUO

REYNOLP.

Ab! pour vous désormais je veux vivre;

Mon espoir vient de se ranimer,

Le destin cesse de me poursuivre,

Pulsiiu’it m'est permis de vous aimer (M*.)

CATHERINE

Ne songez qu’à votre délivrance, ^

Vos jours nous sont chers, sauvez vos jours;

Mais pour nos amours plus d’espérance.

Le destin fait taire nos amours ( bis. )

ENSEMBLE

REYNOLD

Oh 1 si vous m’aimez, je n’ai rien à craindre,

Je suis trop heureux pour oser me plaindre.

CATHERINE

Oh! si vous m’aimez, vous devez me plaindre, AujourdTiiii, Reynold, nous devons tout craindre. REYNOLD.

A mon cœur brisé laissez un espoir.

CATHERINE

Le ciel aujourd’hui trace mon devoir (M*. )

Il est mon soutien.

REYNOLD

Mais puisque je vous aime,

Rompez ce lien.

CATHERINE. ' ' '

Reynold, par vous-méme

Ne craigiiez-voiis-plus rien ? ' • • • •‘"■'i '

REYNOLD

Non, non, je suis Slyrien,

J’ai cent fois bravé l’orage,

SCÈXS VI.

A travers la plaine et sur les grands monts !

Dans l’amour et le courage ,

Et le Seigneur sait que nous nous aimons.

ENSEMBLE

REYINOLO.

Non, pour ton cœur plus de crainte,

Dieu veut protéger de saintes amours.

Tu cédais à la contrainte,

L'amour aujourd’hui vole à ton secours.

Oui, tu dois rester pure L’hymen est un parjure.

Un lien de malheur,

Si l’on n’y met son coeur.

‘ CATHERINE

Oh ! Reynold, pas de contrainte.

Le ciel maudirait d’injustes amours.

Lorsque je cède à la crmute Mon ange gardien vole à mon secours.

Oui, je veux rester pure.

Loin de moi le parjure.

Mémo au prix du bonheur Je veux garder l'honneur.

REYNOLD

Eil bien! que la moit devienne mon partage.

Car je ne pourrai jamais vivre sans toi.

CATHERINE

Laissez-moi, Reynold, laissez-rool mon coorage, Mon àme troublée a parlé malgré moi.

REYNOLD

Toi, que j’adore Un mot encore^

Dois-je espérer j . . . ,

Ou me livrer.

CATHERINE

Douleur extrême!

Oui, je vous aime.

Mais sans espoir.

C’est mon devoir.

ENSEMBLE

reynold.

Eh bien ! c’en est fait, j’attends l’heure suprême Je veux l’accueillir en bénissant le sort.

Puisque tu m’as dit ; 6 Reynold, je vous aime,

Et que pour ce mot j’avais bravé la mort.

Ma destinée Est enchaînée A nos amours.

Et pour toujours.

l'habit de noce.

CATHERINE

Oh! n’appelez-pas, Reyuold, l’heure suprême.

Pourquoi l’accueillir en bénissant le sort?...

ViTez, mon ami, vivez, car je vous aime.

Votre mort serait le signal de ma mort.

Ma destinée Est enchaînée A nos amours.

Et pour toujours.

REYNOLD, parlé.

Catherine ! Chère Catherine!... (ii prend sa main qu’il couvre de baisers.)

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