DUO
CATHERINE
De quelle ville es-tu ?
PÉTERS
De Moscou î CATHERINE.
Je suppose Que ton pcrc y vivait. Quel élait son mélier ?
PÉTERS, avec embarras.
Mais... celui que j'exerce.
CATHERINE, îiaivemenL
Il était charpentier !
Habile?
PÉTERS
Pas trop.
CATHERINE
^ Riche?
PÉTERS
Il y avait quelque chose!
Une ancienne maison... édifice très-vieux Qu'il faudrait réparer I...
CATHERINE
Jeter bas vaudrait mieux Pour tout refaire à neuf î
PÉTERS, vivement.
C'était juste mon rôve !
Mais à tous mes projets un obstacle s'élève. J'y renonce I
CATHERINE
Déjà! (Riant). Tu ne sais pas vouloir ! C'est là ma force à moi! Car vouloir, c'est pouvoir î
PÉTERS, avec intérêt et curiosité.
Ah ! selon loi^ vouloir...
CATHERINE
C'est pouvoir !
PÉTERS
Quetlis-tulà?
CATHERINE
Jamais, je le suppose
Tu ne serais qn'mi bien pauvre ouvrier.
PÉTERS
T"n assez mauvais charpentier.
CATHERINE, De loi je veux faire aulrc chose.
PÉTERS
En vérilc !
CATHERINE
Quelque chose de mieux î El ce sera .. (Avec force.) car je le veux ! PÉTERS.
Ah ! tu le veux !
CATHERINE, avec forcB.
Oui, ce sera I (Avec coqucllerie.) Fût-ce pour mes beaux yeux! ENSEaUiLE. CATHERINE. péters, à pari.
Voilà le mystère ! Noble caraclcre.
Il faut pour me plaire, Coura^jeuse et ficre.
Par flu caraclèie 11 faut pour lui plaire
Mériter ma foi ! Mériter sa foi I
Veux-lu ma défaite, Charmante conquêle
Veux-tu ma conquête, Qui pour moi s'apprête.
Obtiens l'épauletle. Je veux sur ma tête
El je suis à toi ! Quelle soit à moi !
PÉTERS, la regardant avec admiration,
A loi ma bien-aiuu'e, A toi mon avenir ; Si quelque renommée Vient jamais l'embellir, C'csl grâce à la mémoire De les nobles discours, El j'aurai dii ma gloire A mes premiers amours.
C'est mon étoile en loi que je vois apparaître ! CATHERINE.
Ka fortune t'attend au milieu des combats.
Ma mère m'a prédit... (A voix basse.) que mon mari doitélre Un «jand homme... un héros ! et In le deviendras! ENSEMBLE.