SCÈNE PREMIKUE
Au Lord de l'Océan. — Des Jeux côtés de la scèue, deux rochers élevés; celui de gauclie, plus accessible, esl couvert de plantes marines. — Un chemin, serpentant sur ses llaucs, conduit à une cabane située au sommet — Au fond, la jetée, coupée par des degrés (|ui descendent à la mer. — Sur la jetée, dont on n'aperçoit pas 1 extrémité, un mât de signaux. — Terrain sablonneux. — Une route traverse la scène, venant du dernier plan à droite ; elle contourne la base de la falaise, puis, revenant sur elle-même, elle s'enfonce au premier plan, allant vers le village. -- Deux sentiers s'embranchent sur cette route, l'un, suivant le bord de la mer vers le môle, à gauciie; l'autre, remontant à gaachcc, au premier plan, conduit au port. — Au dernier plan, un écueil noir et morne, puis, une lointaine ligne de mer vers latiuelic le soleil s'abaisse graduellemeiil. — C'est le soir.
Des pécheurs, portant filets et avirons, montent de la coupée ou arrivent par la route, à gauche. — Des femmes, anxieuses, les interrogent,
LES FEMMES
Eh bien ?...
LES HOMMES
On n'a rien pris !
Mauvaise pêche ^ on n'a rien pris !
LES FEMMES
Et toi ?
LES HOMMES
Rien !
LES FEMMES
Et toi ? Et toi ?
LES HOMMES
Pas davantage.
C'est du mauvais temps depuis quinze jours !
C'est la ruine...., c'est la misère !
Moule de la coupée un homme de quarante ans environ, l'air noble et triste. — Il pose son filet et ses avirons sur le sable, à gauche, puis, se débarrassant d'une hotte en paille tressée qu'il porte sur le dos, il s'assied au bas du rocher et commence à trier son poisson, sans paraître prêter attention à ce qui se passe autour de lui.