LES FONCTIONNAIRES
La bouée !...
LA FOULE
La bouée même a disparu.
C'est bien fini pour lui ! Nul secours humain n'est possible. — Terrible temps !
Aucune embarcation ne peut tenir la mer. Prions, prions I
L'ÉTRANfiKIl. 39
Les femmes cl une partie des liommcs se soûl agenouillés. Alors, du sentier de gauche, descend l'Etranger, un câble enroulé aulou du corps, il s'arrête à mi-côlc, dominant la loule.
Armez le canot !...
Tous se tournent vers lui, étonnés, pres(|ue effrayés.
LA FOULE
Que dit-il ? Que veut-il ? Que veut-il donc ? Mais, tu n'y penses pas ; que peux-tu faire ? Tu sais bien que le sauvetage est impossible ; on a tout essayé.
L'Etranger, presque au bas de la côte, crie de nouveau.
Armez le canot !
LA foule.
Il est fou ! — Il n'a plus sa tête. Il se fera broyer contre le roc !
L'air autoritaire et résolu do l'Etranger en a imposé à riuelques jeunes gens qui descendent à la coupée pour armer l'embarcation.
Qui embarque avec moi ?
Un vieux pôclieur, se détaclianl des groupes, s'avance vers lui. LE VIEUX PÊCHEUR.
Etranger, vois, regarde ; nul bateau ne tiendra contre ce temps... Tu veux donc aller à la mort ?
L'Etranger, qui est desceudu encore tandis que parlait le vieux pôcheur, s'arrête un instant, comme en proie à un douloureux regret. — A ce moment, un jeune homme remonte à la coupée du môle.