ACTE QUATRIÈME
SEPTMONTS.
Et ne m'appelez pas monsieur le duc, je vous en prie, dans les termes où nous sommes maintenant et où j^espère que nous resterons; c^est bon pour les inférieurs de donner leurs titres aux gens titrés. Madame voire mère n'étant plus auprès de ma femme, je ne vois plus de distance entre nous, et, avec un peu de bonne volonté, d'ici à très-peu de temps, je crois qu'il n'y aura plus de dififérence.
Catherine se lèTe & son tour.
GERARD, ^ia peine à se contenir.
Que voulez-vous dire, monsieur?
SEPTMONTS.
Je veux dire que, comme vous êtes des-^mis de la duchesse, je ne doute pas que vous ne deveniez bientôt des miens. Et, pour vous montrer tout de suite que je vous traite comme si vous étiez déjà ou encore de la maison, je vous demanderai la permission de m'entrètenir quelques instants avec ma femme. Je ne vous congédie pas, et vous pourrez revenir dès aujourd'hui, d'ici à une heure, si vous voulez reprendre l'entretien que je coupe en deux. 11 faut que ce que j'ai à dire à la duchesse soit tout à fait grave et confidentiel pour que je ne le dise pas en votre présence. Je ne vous en promets pas moins, s'il me faut jamais revenir sur ce sujet, de ne le faire que devant vous.
GERARD
C'est bien, monsieur, je me retire.
CATHERINE , qai a été à la table et s'est mise è écrire.
Pour occuper votre temps jusqu'à votre retour, mon cher monsieur Gérard, — car je compte sur vous dans une heure, nous dînerons même ensemble, si votre soirée n'est pas prise... — voulez-vous bien remettre cette lettre chez mon père, qui habite la maison à côté de celle-ci. Je lui demande de venir dîner avec nous, en tout petit comité, vous deux et moi. II m'a dit qu'il serait très-heureux de vous revoir ; s'il est chez lui, soyez assez bon pour entrer et lui dire que je l'attends le plus tôt possible. Je vous demande pardon de vous chargef de
cette petite commission, mais j'ai écrit hier une lettre qui n'est pas arrivée, et je craindrais que celle-ci, qui est pressée^ n'arrivât pas davantage. A tantôt!
Elle lai donne la lettre et lui tend la main. GERARD, lui serrant lu main.
A tantôt, madame... Au revoir, monsieur
SEPTMONTS.
Au revoir.