SCÈNE II
RÉMONIN, MADAME DE RUMIÈRES.
MADAME DE RtJMlÈRES.
Eh bien, en voilà du nouveau I
RÉMONIN, d'an air étonné.
Quoi?-
MADAME DE RUUIÈRES.
Âh 1 c'est bien. Du moment que vous faites de la discrétion avec moi, n'en parlons plus.
RÉMONIN.
Qui a pu VOUS dire...?
MADAME DE RUMIERES.
Est-ce qu'on ne sait pas tout ce qui se passe chez nous, mon cher? Est-ce que nous ne sommes pas le spectacle de nos domestiques? Seulement, ils le regardent par le trou des serrures et par l' entre-bâillement des portes. Le valet de chambre qui avait écouté et entendu la scène qui a eu lieu entre Catherine et Maximin est venu tout raconter à ma femme de chambre, qui a des bontés pour lui, je crois, et qui m'a tout répété, en témoignant le plus vif intérêt pour la duchesse. J'ai fait atteler, et me voilà, pour avoir des nouvelles, car je veux bien que mes domestiques m'en donnent quand je ne leur en demande pas, mais je ne veux pas leur en demander.
RÉMONlN.
Eh bien, vous en savez aussi long que nous, et, si j'ai fait le discret,, c'est qu'en ces sortes d'affaires, on est tenu à la discrétion, à moins qu'on ne soit un domestique.
MADAME DE RUMIERB8.
C'est juste, et puis vous êtes humilié I
Parce que ?. .
MADAME DE RUMlÈRES.
Parce que votre combinaison chimique ne réussit pas ; le ^oisième élémer.t, le réactif, a été un peu trop violent; le .vibrion m'a tout l'air de triompher et de devoir entamer prochainement les parties saines; et les dieux qui devaient arriver n'ont même pas télégraphié qu'ils ne pouvaient pas venir.