‹ L'étrangère: comédie en cinq actesChapitre 99 sur 102 · ACTE CINQUIÈME. f · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME. f

qui décidera de ma vie, voilà tout. J'aurais pu ne pas écouter, et alors les choses s'accompliraient à mon insu et je serais surprise en les apprenant. Au lieu de ne pas savoir^ je n'ai qu'a nu pas me souvenir. Non, je cherche en vain à étouffer la voix de ma conscience. Ce que je fais est mal. Du moment que je sais, je suis complice, et, si l'un de ces deux hpmmes est tué, il l'aura été avec mon consentement. Non, je ne dois

pas, je ne veux pas... (EUe court vers la porte. Histress CÎarksoB

parait.) Vous, madame !

SGË-NE VIII.

CATHERINE, MISTRESS GLARKSON.

UISTRESS CLARKSON.

Aujourd'hui, madame la duchesse, ne m'attendez7Vous pas? M. Clarkson m'a écrit tout à l'heure que vous et lui anez & me parler tout de suite. '

Catherine: •

Mais, depuis que M. Clarkson vous a écrit, il 8*est passé tme chose que ni M. Clarkson, ni moi, niyous-mêmë qui prévoyez, tout;, ne pouvions prévoir.

iriSTRESS CLARKSON.

Quoi donc?

CATHERINE

Pendant que le duc expliquait à M. Clarkson les raisons, celles qu'il croyait devoir donner, du duel que vous avez provoqué, madame, M. Clarkson, qui ne trouvait Ces raisons ni suffisantes ni honorables, a pris tout à coup notre défense, à mon père, à Gérard, à M. Gérard, et à moi, et si violemment, qu'à cette heure même...

MISTRESS CLARKSON

Us se battent ensemble?

CATHERINE

A quelques pas d*içi.

446 L'ÉTftA.NGÈllE. ^

MISTRESS G^ARKSON

' Ah I je reconnais bien là Glarkson !

Elle fait «n mouTement rers la ontii»

CATHERINE

Eh bien, madame, il faut empêctier ce duel.

MISTRESS GLARKSON, reyenant sur sé& pnd.

A quoi bon ?

CATHERINE

Je ne veux pas qu'un de ces deux hommes soit tué pour moi. ,

MISTRESS GLARKSON.

Que VOUS importe? Ils ne font que ce qu'ils veulent faire. Rien ne va plus, comme disent les <îroupiers, et on ne doit plus loucher à la bille quand elle tourne. Vous avez souvent souhaité d'être libre, n'est-ce pas? Et vous aviez bien raison; vous ne le disiez à personne, mais vous le demandiez tout bas à celui qjii peut tout. Il vous a entendue et il se sert de moi, qui ai voulu vous perdre, pour vous sauver.. C'est de la bonne justice. Est-ce que je me révolte, moi qui suis vaincue? Dans la partie que je joue avec le destin , chaque fois que je sens Dieu contre moi, je baisse la tète et je jette mon jeu. Je ne crains que lui ; il est pour vous, n'en parlons plus, (voyant entrer

Glarkson.) ToueZ, VOUS ôtOS VOUVOl

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