‹ L'étrangèreChapitre 120 sur 161 · TOME II. l · texte numérisé non relu

TOME II. l

entouré des ennemis d'Agnès , et voyant chanceler son trône , ne voit d'autres moyens d'échapper à sa perte que de céder au verni de I3 France. ... H écrit à sa malheureuse compagne. Sa lettre est pleine d'expressions

de tendresse , mais sa lettre ordonné «

l'exil.

Il ne rend point Agnès à son père. Le duc de Méranie venait de perdre la majeure partie de ses Etats , et fuyait devant les ennemis de la France ligués contre sa fille et lui. C'est en Bretagne , et au fort de Karency ? que Philippe envoie son épouse.

Là elle sera en sûreté. L'infortunée proscrite ne fait aucune observation, aucune résistance; elle est résignée.. .., elle part.

L'excommunication est levée ; le rappel de l'épouse légitime est proclamé avec pompe.

O tourmens inexprimables pour Agnès ! , sur

toute la routç^ de Bretagne, où elle passe furtivement et saris être connue, ell* entêtai les cris de j aie du peuple, qui célèbrent lp retour d'Isamberge. Les églises se sont rour* vertes, et la multitude y court avec ravissement remercier TEtrô-Supreme de ravoir

délivrée de la fille de Bertkold. (Les habi^ tan* des campagnes , comme cens des, ville», se cherchent, ^Rassemblent , ^embrassant. Partout des danses et des fêtes. La voya* geuse, dont le rang et le nom sont, caches , s'est vue fopeée, en plusieurs endroits , de crier avec la populace : « vive la reine » Isamberge ! » Eu France tout renaît , tout s'anime. «♦.* On peut aimer, prier et vivre* n semble qu'avec le règne d'Agnès . celui de l'Enfer soit fini,

La-paijyre bannie a-t-elle a^sex souffert!..

Son; père est dépouillé de ses États , sq*i foère touche à sa dernière heure; et poup

se soustraire à la fureur du peuple , de ce même peuple sur lequel elle a régné, il faut qu'elle se cache en fuyant, et que nul ne la reconnaisse.

Son hymen a scandalisé l'Europe. Toutes les calamités réunies fondant à la fois sur la France, ont signalé son règne éphémère; ' elle fut Fhorreur de ses sujets , elle est la réprouvée du monde. Hélas! et cependant Agnès , la plus sage et la plus belle des épouses , la plus modeste et la plus bienfaisante des femmes, était la meilleure des reines.

Une des dames de son palais , Floé , comtesse de Réthel, Ta suivie seule en son exil. Dévouée à sa souveraine , elle lui a consacré sa vie; elle est du même âge qu'Agnès; leurs âmes sont en harmonie , et leurs traits ont quelque ressemblance. Toutes deux

Page 1