Hartmann, Le r-pirititme
HYPOTHÈSES NOUVELLES : EXTÉM0HISATI0N. SUBCONSCIEKCE 93
par trop au delà de ce que permet la logique. Je crois inutile de discuter une semblable hypothèse.
On peut conclure formellement :
L'hypothèse :
a Subconscience supérieure fonctiondu cerveau » est:
Illogique et irrationnelle ;
Insuffisante pour l'explication des faits;
En contradiction avec plu:
Elle doit être rejetée sans patible avec la méthode scientifique.
Si la subconscience supérieure n'est pas fonction descentres nerveux, quelleest son ori'oine?QuelIeest son essence intime?
C'est dans cette recherche surtout qu'il importe de suivre pas à pas la méthode scientifique.
Notre seul guide pour aller du connu à l'inconnu sera Yanalyse rigoureuse, au point de vue originel, des facultés et connaissances subconscientes.
Nous savons déjà qu'elles peuvent être divisées en deux groupes :
1° Facultés et connaissances acquises par les voies sensorielles, consciemment ou non, et passées de la conscience normale dans la subconscience qui les a a emmagasinées » et conservées.
2° Facultés et connaissances qui n'ont pu être acquises par les voies sensorielles.
La constatation des facultés et connaissances du premier groupe prouve que la subconscience supérieure est en partie constituée par les acquisitions totales de la conscience, qu'elle contient tous les anciens attributs de cette dernière, en d'autres termes qu'onepor-
tîon des éléments psychiques de la subconscience supérieure ont été préalablement éléments psychiques de la conscience.
Nous pouvons, dès lors, de ces constatations, déduire une hypothèse rationnelle pour expliquer les facultés et connaissances du deuxième groupe et, par suite, l'origine totale de la subconscience.
Nous arrivons à cette hypothèse par une simple généralisation :
Nous avons constaté : qu'uNE portion des éléments psychiques subconscients ont été préalablement éléments psychiques conscients.
Nous sommes en droit de supposer :
Que tous les éléments psychiques subconscients ont été préalablement éléments psychiques conscients.
Ce qui implique le corollaire suivant :
Les attributs de la subconscience qui ne proviennent pas des voies sensorielles et de la conscience actuelles proviennent des voies sensorielles et de consciences antérieures à la conscience actuelle.
C'est l'hypothèse qui se présente logiquement, si l'on se base sur l'axiome : m'Ai/ est in inlellectu quod non prias fuerit in sensu.
On peut l'exprimer plus clairement et plus simplement en ces termes :
L'Êthe subconscient extériorisable est le produit synthétique d'une série de consciences successives qui se sont fondues en lui et l'ont peu a peu constitué,
Telle est l'hypothèse que l'on peut proposer en remplacement de l'hypothèse : fonction cérébrale, que nous nous sommes vus forcés d'abandonner.
HYPOTHÈSES nouvelles: EXTÉRIORISATION. SURCONSCIENCE 95
11 ne reste plus qu'à la soumettre à une critique analogue et à rechercher si l'hypothèse nouvelle :
Est logique et rationnelle ;
Est suffisante;
N'est en contradiction avec aucun fait.
Cette troisième condition est certainement remplie ; on chercherait en vain, soit dans le domaine de la psychologie normale ou anormale, soit dans le domaine des autres sciences, un seul fait nettement contraire à l'hypothèse nouvelle.
Son caractère logique et rationnel n'est pas moins certain : rien de plus logique que de supposer tontes les connaissances acquises par la voie sensorielle.
Rien de plus rationnel que de faire dépendre la supériorité de l'être subconscient sur l'être conscient de son développement plus considérable (il serait supérieur parce qu'il aurait toutes les acquisitions de la conscience actuelle plus celles des consciences antérieures).
Rien de plus rationnel que de supposer ce développement effectué lentement et progressivement dans des existences successives, sans avoir rien de mystérieux.
L'hypothèse est rationnelle à un autre point de vue :
Puisque l'être subconscient n'est pas fonction actuelle de l'organisme et en est indépendant, il doit forcément préexister et survivre à cet organisme.
Or, comme la nature tire des forces qui sont à sa disposition le meilleur parti possible, en économisant, en évitant toute production de forces nouvelles, il est
logique de penser qu'elle utilise la force-intelligence subconsciente dans des organismes successifs avec lesquels et par lesquels cette force-intelligence se développe, et qui se développent eux-mêmes avec elle et par elle.
Mais l'hypothèse est-elle suffisante ?
Elle explique bien la présence de toutes les facultés et connaissances sub conscientes de même nature que les facultés et connaissances conscientes ; mais elle fait beaucoup moins facilement comprendre les facultés transcendantales, spécialement la lucidité ; elle ne rend pas compte surtout de la nature intime, de l'essence métaphysique de l'Être subconscient.
Cette dernière difficulté est, actuellement encore, scientifiquement insoluble (voir 2' partie).
Quant aux facultés transcendantales, on peut, avec Myers, admettre qu'elles sont le produit non de l'évolution terrestre, mais d'une évolution extra-planétaire qui lui serait corrélative.
•< Notre vie humaine, dit-il, existe et manifeste son énergie à la fois dans un monde matériel et dans un monde spirituel.
« La personnalité humaine, en se développant des ancêtres inférieurs, s'est différenciée en deux phases, dont une adaptée aux besoins matériels et planétaires, l'autre à l'existence spirituelle et cosmique. »
Les facultés transcendantales, utilisées et développées par l'être pendant ses phases de libération, de sécession relative ou complète de la vie organique, resteraient latentes ou inutilisées pendant les phases normales de l'existence terrestre.
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