‹ L'étude de la littérature du piano [microforme]Chapitre 22 sur 30 · ALTÉRATIONS GRADUÉES DU MOUVEMENT · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS GRADUÉES DU MOUVEMENT

Il y a évidemment analogie entre les nuances du mouvement (accel. rall.) et les nuances de la sonorité (cresc. dim.) car, bien que ces deux genres de nuances n’aïllent pas toujours de pair, on est plutôt porté à accélérer avec un cresc. qu'avec un dim.; à ralentir avec un dim. qu’avec un cresc.

Cette analogie est confirmée par les exceptions du compositeur quand il écrit : cresc. sans presser, dim. sans ralentir, ou encore quand il indique un accel. avec un dim. ascendant et un rall. avec cresc. descendant.

Afin de bien ménager les nuances du mouvement, on s’y entraînera en jouant par exemple avec des doubles-croches, d’un movement uniforme, à 60 à la noire :

1° Une gamme de 4 octaves ascendante avec un molto accel.; puis descendante avec un molto rall.

2° Une gamme de 3 octaves ascendante avec un accel. puis descendante avec un ral.

3° Une gamme de 2 octaves ascendante avec un poco accel., puis descendante avec un poco rall,

L’accelerando seul s'applique le plus souvent aux strettes ou dernières périodes de certains allegro de sonates ou de concertos alors qu’il se perd, pour ainsi dire, dans le vide.

Mais au cours des morceaux, l’accelerando s'emploie ordinairement suivi d’un rallentando pour lui faire en quelque sorte contrepoids en conservant l'équilibre des mesures.

Dans les limites des divisions ou membres des périodes, l'union ci-deseus de l’accel. et du rall. constitue, soit ce stringendo-catando modéré qui convient aux phrases douces et expressives comme celle de la Cantilène, ! déjà citée, de la 1ère Novellette de Schumann, soit l’agitato qui, plus véhément en raison de la vivacité du mouvement (Allegro agilato) convient à des phrases particulièrement alertes comme au thème principal du « Rondo brillsnt » en mi bémol op. 62 de Weber et de « l’Allegro appassionato » de Saint-Snëns, ou encore à des compositions aux accompagnements très animés comme dans la « Chanson sans Paroles » de Mendelssohn No 5 ou la 5ème des Études op. 70 de Moscheles.

Les altérations de mouvement ci-dessus sont étrangères aux abstractions de la fugue, ainsi qu'aux Allegro tout d’une pièce et dans lesquels prédomine l'accent métrique comme le Rondo déjà cité de la Sonate op. 26 de Beethoven ou celui de Weber intitulé: « Mouvement perpétuel. »

Le rallentando, moins susceptible que l’accelerando de briser l'équilibre métrique, se rencontre aussi plus fréquemment seul et sa signification autrement musicale le fait indiquer pour annoncer les cadences où, sur un conduit mélodique, la reprise ou d’une phrase ou d’une période, ou d’un thème. Voyez l’Adagio dans la Sonate en la, Thème ct Variations, de Mozart.

Il est des rallentando que le compositeur n'écrit pas toujours, tels que :

1° Sur une suite de notes qui s’éloignent d'une note répétée faisant pivot comme à C et D.

2° Sur les dernières notes d’un passage ascendant molto cresc. et mollo accel. aboutissant à des valeurs +xceptionnellc-

1 En commençant le rubato, comme variété, — à la reprise de la lère phrase jouée d’abord tranquillo et sim plice,

ment longues, ou suivi d’un grand saut d'intervalle qui serait autrement périlleux, comme au Stretto du ler mouvement de la 2ème Sonate op 35 de Chopin,

3° Sur les notes qui précèdent immédiatement un point d'orgue ou un point d'arrêt,

4° Sur les dernières notes d’un trille commencé ritenuto — accelerando,

5° Sur les notes d’un accord arpégé précédant un accord final et d'avantage sur l’arpège de ce dernier.

6° Sur les dernières notes, (très peu ralenties) d’un trait qui relie deux notes dont la dernière termine une cadence comme le deuxième trait d'union en petites notes au sostenuto du ler Impromptu de Chopin.

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