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ROUGEOLE

au cours des années et combien était manifeste sur elle l'action saisonnière qui ramène régulièrement le paroxysme annuel au printemps et en été. En effet, il a fait voir que pendant toute la période 1872-1882, à Paris, le nombre total des décès pour cette maladie a été de 1,673 pour les premiers trimestres, 2,753 pour les seconds, 2,005 pour les troisièmes et 1,093 poulies quatrièmes.

C'est surtout dans les hôpitaux d'enfants que la rougeole est le plus meurtrière; c'est là aussi qu'elle nécessite un isolement absolu ; nous n'en voulons pour preuve que les renseignements fournis par M. le Dr Béclère dans un mémoire sur la contagion de la rougeole (Paris, Coccoz, 1882) : en 1881, à l'hôpital des Enfants-Assistés, à Paris, il a pu constater rien que dans un seul des trois services des maladies aiguës, 119 enfants atteints de cette affection, dont 52 cas manifestement contractés à l'hôpital, 43 dans le service, 2 dans le service des teigneux et 7 dans celui des ophtalmiques ; or, sur «es 52 cas hospitaliers, en quelque sorte, il y eut 30 décès, soit 57,68 0/0.

Notre collègue, M. le Dr Bourru, a fait cette année à la Société de médecine publique (Bulletin et Revue d'hygiène, 1882) une communication sur les mesures prises dans son service de l'hôpital de la marine, à Rochefort-sur-Mer, contre l'épidémie de rougeole de la garnison ; ce mémoire offre cette particularité qu'il montre très nettement les excellents résultats obtenus par les améliorations uniquement apportées à l'hygiène hospitalière dans le traitement de cette affection contagieuse. M. le Dr Bourru fit, en outre, comme précautions complémentaires, édicter et appliquer avec le plus grand succès les prescriptions réglementaires suivantes :

1° Les vêtements des hommes atteints de fièvre éruptive seront désinfectés avant d'être placés au vestiaire commun. En attendant la désinfection, ils seront déposés dans une chambre isolée, réservée à cet usage ;

2° Ils ne seront jamais introduits dans les salles des malades ;

3° Au moment de sa sortie, le malade sera conduit dans un cabinet de bain, où il prendra un bain tiède savonneux pour enlever les débris épidémiques en desquamation. Ses vêtements d'hôpital lui étant alors enlevés, un homme de service lui portera ses vêtements militaires. Le malade ne devra jamais pénétrer lui-même au vestiaire ;

4° Au sortir du bain, l'entrée des salles lui sera formellement interdite ;

5° Pour plus de sécurité, il serait utile qu'au lieu d'être réintégrés au régiment, ces convalescents fussent disséminés et renvoyés quelques semaines dans leurs foyers. (Le conseil

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de santé, souverain juge en cette matière, est entré largement dans ces vues et leur a donné des congés);

6° A leur départ, ils devront être conduits directement de l'hôpital à la gare du chemin de fer sans pénétrer à la caserne, sans surtout y passer la nuit ;

7° Les vêtements d'hôpital seront traités comme les vêtements appartenant aux malades ;

8° Le linge sera lessivé de suite et séparément du linge des autres services de l'hôpital. (Je me propose, le cas échéant, dit M. Bourru, d'ajouter ici une autre prescription : le linge, à la salle même des malades, sera plongé dans des cuves d'eau et porté ainsi à la buanderie, ce n'est pas dans l'espoir de détruire les germes contagieux, mais pour éviter qu'ils se répandent en poussière quand le linge est manié ; ;

9° Pour les matelas, faute de moyen de les désinfecter, ils seront placés au grand air pendant vingt jours. (C'est la sereine des lazarets.) Défaits alors, la laine sera battue, nettoyée, et l'enveloppe lessivée.

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