‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 122 sur 174 · PHTISIE · texte numérisé non relu

PHTISIE

Telle est la question qui se pose en fin de compte dans les nombreux travaux auxquels elle donne lieu chaque année. Notre collègue M. le Dr Vallin, dans ses recherches sur la contagion par le lait des vaches phtisiques (Revue d'hygiène, 1879), a nettement posé le problème. Dans ces derniers temps, deux professeurs à l'École vétérinaire de Toulouse, MM. Peuch et Toussaint, ont fait en ce sens deux séries d'expériences : sur une vache arrivée au ternie d'une phtisie (pommelière) confirmée, ils ont pris du tissu musculaire exempt de tubercules apparents, mais non peut-être de ganglions interstitiels tuberculeux ; à l'aide d'une presse, ils en ont extrait le suc et en ont injecté une petite quantité dans le tissu cellulaire d'un porcelet ; au bout de 67 jours, l'animal très amaigri fut sacrifié; ses organes, ses tissus étaient farcis de tubercules. Deux autres porcelets et plusieurs lapins furent nourris avec du lait provenant d'une vache arrivée au dernier terme de la phtisie : ces animaux dépérirent très rapidement et présentèrent à l'autopsie, dans tous les organes, des tubercules à tous les degrés de développement. D'autres porcelets témoins, et n'ayant pas bu de ce lait, restèrent en parfaite santé. Cependant l'un d'eux, de même provenance, vivant dans les mêmes conditions, mais qui n'avait point bu de ce lait et qu'on conservait comme témoin, présenta à l'autopsie quelques granulations tuberculeuses. Comme dans les expériences de M. Chauveau, M. Peuch reconnaît que ce porcelet n'avait pas été assez sévèrement séparé des animaux inoculés ; il mangeait dans la même auge et a pu, à la rigueur, se contaminer de la sorte.

D'autre part, M. Giboux (Semaine médicale, 1881, et Académie des sciences, 1882), après avoir étudié expérimentalement sur des animaux la nocuité de l'air expiré par les phtisiques, conclut que si l'air exhalé par les individus sains est inoffensif, celui qu'expirent les phtisiques crée chez les animaux inférieurs la tuberculisation des viscères et de leurs membranes séreuses.

MM. les DrS Dieulafoy et Krishaber (Académie de médecine, 1881-1882) ont étudié, au même point de vue, l'inoculation du tubercule sur le singe. Ceux de ces animaux auxquels avait été inoculée la matière tuberculeuse succombèrent à la tuberculose dans une proportion 4 fois plus considérable que ceux qui, n'ayant subi aucune inoculation, avaient seulement servi de témoins.

La culture artificielle du microbe tuberculeux et la transmission de la tuberculose par le vaccin animal ont été l'objet de recherches de M. Toussaint (Académie des sciences, 1881), dans lesquelles, après avoir réussi à cultiver ce microbe, il rendit complètement tuberculeux des porcs auxquels il avait inoculé deux gouttes du liquide de quatrième culture artificielle. En

outre, du vaccin parfaitement pur fut inoculé à une vache tuberculeuse à un haut degré ; le vaccin, recueilli dans la vésicule développée sur la vache, a servi à inoculer différents animaux qui, de ce fait, sont devenus tuberculeux.

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