‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 15 sur 174 · MO · texte numérisé non relu

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95. Interdiction des tablettes à bascules. — La tablette, dite à bascule, formée de deux parties se repliant l'une sur l'autre au moyen de charnières, est interdite.

Fig. 24. — Table-banc à tablette mobile. (D'après le règlement ministériel du 17 juin 1880.)

TABLE-BAiNC A TABLETTE FIXE (fîg. 25).

Art. 96. Distance nulle entre le banc et la tablette. — La distance entre le banc et la tablette sera nulle, c'est-à-dire que la verticale tombant de l'arrête de la table rencontrera le bord antérieur du banc.

Fig. 23. — Table-banc à tablette fixe. (D'après le règlement ministériel du 17 juin 1880.)

Indépendamment des types indiqués par le règlement (1), les municipalités ont adopté d'autres types, plus ou moins ingénieux, parmi lesquels nous signalerons comme les plus récents ceux de notre collègue, M. 0. André.

Son matériel scolaire, pour lequel il a eu l'obligeance de nous permettre de reproduire les figures 26, 27, 28, 29,30,31, 32 et 33, comprend trois groupes : 1° le matériel des classes,

Fig. 20. — Table-banc à 2 places (type adopté par les écoles de la ville de Saint-Denis). — Banc: pieds 1er plat, dossier de table hêtre, goussets tôle, | séparation et banc bois lixe; 5 grandeurs. — (M. 0. André.)

Fig. 27. — Table à une place à pupitre (lype adopté par l'école normale d'Auteuil), à hauteurs variables et invariables, chaise en bois, siège canné. — (M. 0. André.)

amphithéâtres, études, à tous les degrés de l'enseignement; 2° le matériel pour les enseignements spéciaux, dessin géomé-

(1) Une Exposition de mobilier scolaire aura lieu, l'année prochaine, au palais du Trocadéro.

MOBILIER SCOLAIRE

trique, ronde-bosse, modelage, musique, escrime, etc.; 3° le matériel d'internat, mobilier de réfectoire, etc. Nous ne parlerons ici que du premier groupe, le plus intéressant au point de vue de l'hygiène scolaire, à raison du séjour prolongé des enfants dans les classes d'études. Comme caractéristique de ce matériel, il faut d'abord remarquer que, sauf nécessité spéciale, la table à deux places est de règle ; une séparation verticale

Fig. 28. — Table d'étude comptoir (type adopté par l'école des hautes études commerciales, à Paris). — Table à pupitre à 2 places, bois, armatures fer, chaise isolée à hauteur variable, pieds 1er, siège et dossier bois. — (M. 0. André).

Fig. 29. — Table-banc à 2 places, goussets tôle, dessus hêtre, 5 grandeurs, — (M. 0. André).

solide ramène dans l'aplomb du banc la portée de la table; les points d'appui sur le sol sont ainsi réduits au strict nécessaire. Cette disposition permet le nettoyage parfait des classes

sans rencontrer une forêt de traverses et de montants qui empêchent le passage du balais, et, en outre, la séparation isole complètement les enfants. Le bord du siège est presque dans l'aplomb du bord de la table. Au point de vue de l'adaptation aux tailles des enfants, ou bien la table-banc est absolument

invariable, et alors cinq dimensions de tables, établies sui vant le règlement ministériel que nous venons de citer, et convenablement distribuées dans chaque classe, permettent de donner à chaque élève à peu de choses près la table qui lui convient. Ou bien la table peut être relevée et baissée au

MOBILIER SCOLAIRE

Fig. 31.

Table-banc à 2 places pour amphithéâtre (type adopté à l'école alsacienne et aux écoles de la fondation Elisa Lemonnier, à Paris). — (M. 0. André.)

Fig, 32. — Table-banc à 2 places pour amphithéâtre (type adopté pour l'école normale d'Auteuil); table à banc lixe; pieds fer, goussets tôles, séparation bois. — (M. 0. André.)

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moyen de patins taraudés qui terminent le pied (fig. 27) ; ou bien le siège, fixé au sol, peut être élevé ou baissé, la table restant invariable.

Au point de vue pédagogique, la surveillance est alors très facile, à raison de la gracilité des points d'appui et de l'ouverture antérieure des cases à livres. Quoique nous n'ayons pas à traiter ici de la construction technique de ce mobilier, nous pouvons cependant faire remarquer que tous ces bancs ont, pour trait commun, l'emploi de fersT, introduits dans l'épaisseur de tous les bois ; droits, coudés, plies d'équerre ou articulés, ils donnent une solidité absolue aux tables, sièges, dossiers, battants de pupitres, tableaux noirs, etc.

Partout, lorsque les tables ne sont pas en bois ni meublées par les procédés spéciaux (type de l'École des hautes études commerciales et des salles d'asiles), les pieds, fer rond, portent un fort gousset en tôle coudé et rivé à ce pied, d'une part, et au fer T de la table, de l'autre ; cette armature très simple constitue presque tout le meuble.

Ce matériel, dont la plus grande partie est formée de modèles tout récents, est actuellement en usage dans toutes les écoles de la ville de Saint-Denis, dans les écoles de dessin de la ville de Paris, aux écoles normales d'Épinal et d'Auteuil, aux écoles de la fondation Élisa Lemonnier, à l'amphithéâtre de l'école alsacienne à Paris, à l'institutiou Sainte-Barbe, etc.

Enfin, pour terminer ce qui a rapport au mobilier scolaire, il nous suffira de reproduire ici, à titre de document, le passage suivant du rapport fait par notre collègue, M. le docteur Gariel, au nom de la Commission de l'hygiène de la vue :

La question du mobilier est suffisamment bien comprise pour qu'il n'y ait pas lieu d'y insister ; il faut remarquer cependant qu'avec les bancs à une ou deux places, rien n'empêche d'adopter la distance horizontale, dite négative, entre le bord antérieur du banc et le bord postérieur de la table.

Cette disposition, dans laquelle la table surplombe le banc, pei'met de placer le dossier à une distance telle que i'écartement de la région fessière par rapport au bord de la table se trouve limité; il devient alors à peu près impossible à l'enfant d'abaisser son menton jusqu'au niveau de la lahle, surtout quand on lui p-escrit de lenir son papier droit devant lui, comme nous le conseillerons plus loin. Il nous parait impossible, dans ces conditions, d'adopter le dossier vertical, dont les partisans veulent forcer les enfants à écrire en ayant le dos constamment appuyé. Ce résultat ne peut être obtenu que si le dossier est très rapproché du bord de la table et si le maitre apporte un soin extrême à la surveillance continuelle des attitudes. Il nous semble que, pour les autres exercices, ce dossier eonstituera une cause très marquée de fatigue, d'abord en maintenant le corps dans une immobilité absolue, puis en empêchant qu'il puisse effectivement se reposer pendant le

temps qui n'est pas consacré à l'écriture. En résumé, nous proposons un banc à distance négative et dossier incliné, ce qui exige un matériel à une ou deux places, à moins de donner de la mobilité soit au banc, soit à la tablette, pour que l'écolier puisse se lever.

Pour les enfants des grandes classes, des chaises mobiles sont bien préférables aux bancs ; un peut en avoir de plusieurs hauteurs, et l'on évite l'espèce de torture que la fixité du siège impose aux enfants.

11 est utile de donner aux tables à écrire une certaine inclinaison, dans le but de tendre à rendre le papier sensiblement perpendiculaire au rayon visuel ; on diminuera ainsi la tendance fâcheuse à pencher la tète en avant, bien qu'on ne puisse l'annuler complètement.

Il faut rejeter tous les systèmes de tablettes inclinées pour supporter les livres pendant la lecture ; quand le jour est insuffisant, surtout dans les classes éclairées unilatéralement, il faut autoriser les enfants à tenir le livre a la main, pour qu'ils puissent le tourner, la tète à l'opposé de la fenêtre, et éclairer ainsi en plein la page qu'ils lisent.

Enfin les traverses pour les pieds, quand il y en a, ne doivent pas être trop loin ; dans un modèle très répandu, les enfants ne peuvent en l'aire usage qu'en se mettant dans une position trèsincommode.

Attitudes scolaires. — La question des attitudes scolaires, au point de vue de la production de la scoliose, préoccupe depuis longtemps les hygiénistes français. Ces préoccupations se sont montrées de nouveau dans un mémoire lu par notre collègue M. le Dr Daily, le 23 juillet 1879, à notre Société. MM. Javal, Vallin, Ory, Dujardin-Beaumetz, etc., ont cité des faits curieux et émis sur la question des vues originales qu'on retrouve dans la collection de la Revue d'hygiène et dans les Bulletins de la Société de médecine publique. En 1881, un rapport fait par M. le D1' Thorens (1) se terminait par les conclusions suivantes adoptées par la Société :

L'élève sera assis également sur les deux fesses, la ligne des épaules horizontale et parallèle au bord de la table, en évitant de creuser les reins.

Il n'aura aucun des coudes appuyé sur la table ou tous les deux également.

Il se bornera à maintenir le papier avec les doigts de la main gauche.

(1) Rapport sur les mesures à prendre contre les attitudes scolaires vicieuses, au nom d'une commission composée de MM. le D> Lagneau, président; Dr Bloxdeau, D1 Javal, Koechlin-Schwartz, Dr Napias, Dr Th. Roussel, Dr Vallin, D>- Dally et Dr Thorens, rapporteur (in Bull* de la Soc. de méd. publ., t. IV, p. 120).

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