HOPITAL DE SAINT-DELNIS
niers peuvent être amenés en voiture à l'entrée de chaque salle. Le service médical H, H, J, J, occupe les deux extrémités de la grande ligne des pavillons. Ici, les pavillons sont réunis deux par deux au moyen d'une annexe couverte M, qui forme un réfectoire commun. Ce double pavillon comprend une autre annexe destinée aux enfants malades 0, 0; il est en communication avec l'établissement des bains G.
Reportons-nous maintenant au centre, en arrière du service chirurgical. Après avoir franchi 34 mètres de jardins, nous arrivons aux pavillons des infectieux C, D; entre ceux-ci, se trouve la chapelle B. Enfin, en arrière et à gauche de la chapelle, dans un recoin aussi éloigné que possible de tous les services, la salle des morts et l'amphithéâtre de dissection A. Une allée, dissimulée le long du mur d'enceinte, sera réservée aux convois funèbres, qui resteront dérobés aux regards des malades.
Tous les pavillons sont construits suivant le système Tollet; afin d'éviter l'humidité, les pavillons sont élevés sur des piles isolées en briques ou en meulière, et cette disposition remplace très avantageusement les sous-sols complètement clos qui restent toujours sombres et humides. Les salles de malades sont entourées d'air de tous les côtés et les rayons solaires peuvent arriver jusque sous les planchers; le maximum d'aération est donc atteint. Dans ces soussols à ciel ouvert sont installés les calorifères, dont les conduits d'air chaud circonscrivent presque complètement l'aire du pavillon, disposition qui diminue encore les chances d'humidité des parois. Ces sous-sols sont parcourus par un chemin de fer et des wagonnets transportant des bâtiments administraiifs à chacun des pavillons les aliments, les médicaments, les objets de pansements, la lingerie, etc. De même, le linge sale de chaque salle tombe dans un wagonnet qui le transporte immédiatement à la buanderie.
Chaque pavillon comprend, au centre, une vaste salle ayant 7 fenêtres au nord et 7 fenêtres au midi, ces dernières s'ouvrant sur les grandes terrasses dont nous avons parlé plus haut. A chaque trumeau correspond un lit ; chaque salle renferme 16 lits. De chaque côté de la salle sont les annexes suivantes : A droite, une salle spacieuse et largement éclairée qui, dans le service chirurgical, est la salle d'opérations ; et dans le service demédecine une salle d'enfants F ; une salle de bains J ; un cabinet pour l'infirmier M; les services infectieux (1) séparés par une galerie d'isolement I ; une seconde galerie d'isolement, moins complète, existe entre les annexes et la salle des malades L; là, se trouvent des lavabos G et l'issue de l'escalier conduisant au sous-sol. A gmche, même disposition des annexes dont la destination seule diffère; elles comprennent le réfectoire, la tisannerie, les cabinets de la sœur et du médecin. Le chauffage des pavillons se fait par les calorifères à air chaud, du système Michel Perret : il s'agit de foyers à étages multiples analogues aux fours à pyrites, permettant de brûler toute espèce de combustibles pulvérulents, tels que la poussière de charbons maigres, de houilles pauvres et de coke, la sciure
(1) Les services infectieux comprennent les liux d'aisance (tinettes mobiles) et le trou par lequel le linge s île tombe dans les wagonnets.
de bois et les résidus des autres foyers. Ce système est économique, surtout dans une ville industrielle où l'on a tous ces résidus sous la main. Les conduites d'air chaud longent les parois des pavillons et aux deux extrémités de chaque trumeau correspond une bouche de chaleur. Au centre des salles existe en outre un poêle de tonte qui complète le chauffage et établit un tirage d'air produisant la ventilation ; celle-ci est favorisée également par les nombreuses et larges ouvertures de la salle, par des volets placés au-dessous des fenêtres.
Les deux paratonnerres qui surmontent chaque pavillon sont posés à claire-voie, de telle façon que les couches supérieures de l'atmosphère des salles s'échappent par ces ouvertures de la voûte ; celles-ci peuvent être fermées à volonté par des couvercles mobiles.
Les pavillons des infectieux, placés aussi loin que possible des autres services, ne renferment que 8 lits, car on a voulu éviter de créer dans l'hôpital un foyer d'infection. Ces lits sont placés deux par deux dans des chambres séparées. Un petit pavillon, complètement isolé, quoique placé à une faible distance du service, est destiné au personnel que les malades pourront prévenir par une sonnerie électrique ; les chances de contagion se trouveront ainsi diminuées pour les infirmiers (1).
Hôpital de Saint- Germain. — Le nouvel hôpital, construit à Saint-Germain-en-Laye, près de Paris, par notre collègue JVI. Normand, appartient au système des hôpitaux à étages ; le programme imposé comportait, il est vrai, la nécessité d'aménager des logements pour 400 malades sur une surface de 19,700 mètres, en y plaçant de plus au centre une vaste chapelle, destinée à être utilisée comme église paroissiale, qui occupe à elle seule une superficie de 5,030 mètres.
Cet hôpital reproduit fig. 189, suivant le plan que M. Normand nous a obligeamment remis, comprend quatre corps de bâtiments à deux étages, isolés, et reliés au rez-de-chaussée par une galerie bien ventilée. Les salles de 24 lits donnent 56 mètres cubes par malade ; la surface d'ouverture des fenêtres est de 2 mc, 165 par 100 mètres carrés de salle. Le linge sale est entraîné dans des trémies souterraines. Les cabinets d'aisances sont disposés dans de petits pavillons accolés au milieu des façades et séparés des salles. Le chauffage se fait par des poêles à l'air chaud humidifié et par des cheminées dans les salles ; la ventilation assure un renouvellement de 50 mètres carrés par lit et par heure. Le prix de revient de chaque lit s'élève à 5,000 francs seulement dans ces conditions.
(1) Un service balnéaire complet, une buanderie, une machine élévatoire pour les eaux complètent largement l'installation.
L'établissement est entouré d'une grille élégante et légère qui n'isole pas les malades comme des prisonniers. Les jardins, grâce aux accidents de terrain, dont on a ingénieusement prolité, ont un aspect charmant qui éloigne l'idée d'un hôpital ; on dirait plutôt une série de petites villas entourées d'une belle végétation.