VALEUR DIAGNOSTIQUE DES CORPUSCULES DE NEGR
renfermaient tics corpuscules très analogues à ceux de
Negri. >
Voilà donc un ensemble de faits bien observes que Carlos Frànca a réunis dans une communication au Congrès de Lisbonne, et qui mpntrent que pour être extrêmement fréquents dans la rage el une lésion presque spécifique de cette infection, les corpuscules de, Negri, d'une part, peuvent manquer dans des cerveaux rabiques. d'autre part être présents dans les centres ner veux d'animaux ou d'individus n'ayant pas succombé à la rage.
Enfin on ne saurait trop réfléchir à certaines contradictions, bien mises en relief par Remlinger (735).
(i II n'y a pas de corrélation entre la distribution des •corpuscules de Negri et celle du virus rabique. C'est dans le bulbe et la protubérance qu'existe, — la chose est classique; — la plus grande quantité de virus. Or, à ce niveau, les parasites sont absents pour la majorité des auteurs, extrêmement rares pour les antres. Au contraire, ces corpuscules se rencontrenl avec élection dans les cellules pyramidales de la corne d'Aïnmon et de l'écorce cérébrale, dans les cellules de Purkinje du cervelet, là où le virus rabique esL relativement peu abondant. Il est vrai que, d'après d'Amato, la corne d'Àmmon aurait une virulence plus grande (pie celle du bulbe. Il existe même une sorte de rapport inverse entre le nombre des corpuscules de Negri et la virulence de la maladie, puisqu'ils sont plus abondants dans la rage des nies que dans la rage à virus fixe, et que dans les deux cas ils sont d'autant plus rares que l'incubation et la maladie ont été plus courtes. Signalons encore (pie ces mêmes corpuscules l'ont le plus souvent défaut
L'ét. exp. de la rage. ;$*
!>8 ANATOMIK PATHOLOGIQUE DE LA RAf.l
dans Jcs ganglions spinaux et les ganglions du sympa thique, alors même que «-es organes sonl [e siège d'un van Gehucbten intense (Bertarelli et Volpino). o
Babes (46), désiranl donner une interprétation des corpuscules de Negri, pense « que certaines granula lions 1res fines, rondes, noires ou bleues (d'après la coloration par le Cajal-Giemsa) , qu'on trouve dans la rage, exclusivement dans le protoplasme des cellules nerveuses dégénérées des parties les pins atteintes du système nerveux, représentent les agents de la rage en pleine activité, tandis que les corpuscules de Vgri. se trouvant dans des cellules peu ou pas modifiées, n'étant pas en rapport intime avec les principaux symptômes de la rage, ne sonl, pas des parasites actifs de la rage. Ils sont probablement des formes encapsulées renfermant le parasite en voie d'évolution et de transformation ».
Babes est « donc disposé à interpréter le corps de Negri comme le résultat d'une forte réaction locale de la cellule, provoquée par l'invasion du parasite et suivie de I'encapsulation et de la séquestration du parasite du côté de la cellule.
« Celle réaction est probablement l'expression d'une plus grande résistance des cellules qui renferment le corps de Negri; ces cellules sont plus ou moins réfractaires au virus rabique, et c'est précisément à cause cl e cet état ré frac ta ire qu'elles aboutissent à encapsuler cl à séquestrer le parasite de la rage. »
Pour nous, il semble que cette interprétation de Babes. si juste qu'elle paraisse, néglige un fadeur de première importance dans la genèse des corpuscules de Negri, le fadeur toxine rabique.
On peut admettre que ce poison, encore inconnu.