‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 7 sur 238 · SIGNES DE LA RAGE TRANSMISE EXPÉRIMENTALEMENT S · texte numérisé non relu

SIGNES DE LA RAGE TRANSMISE EXPÉRIMENTALEMENT S

période, d'abaissemenl thermique, s'effectuant en douze heures environ, jusqu'au niveau de la température ambiante, au momenl de la mort.

On peut encore observer chez le lapin rabique la polyurie, qui se mon lie après l'apparition de la fièvre : les animaux qui. jusque-là. n'urinaient qu'assez rarement, urinent plusieurs fois par jour jusqu'à la mort, et la quantité d'urine excrétée équivaut souvent à la perte du poids du corps.

b) Chez le chien. — Pour bien connaître les symptômes de la rage expérimentale à forme furieuse, il faut inoculer un chien avec du virus des rues. L'opération se pratique comme chez le lapin ; toutefois on doit enfoncer le foret très profondément, la pointe de Tins trament devant d'abord traverser les cavités osseuses de la voûte crânienne.

L'incubation est de dix à vingl jouis, après lesquels la température s'élève, première manifestation de la rage, puisque l'animal ne présente aucun changement dans ses allures. La température monte donc de quelques dixièmes de degré, atteignant 3q°. 3û°3, 3o°(i. cl s'y maintien! pendant deux ou trois jours, 'ou même seulement dix à douze heures.

Uors apparaissent les premiers changements dans le caractère du chien : l'animal devient triste et taciturne., ou d'autres fois se montre plus gai qu'à l'ordinaire, en tout cas facilement excitable. On le voit se cacher quelques instants dans un coin de sa cage; l'insomnie, des réveils brusques le font se relever soudain, comme si l'animal étail en proie à des hallucinations.

11 répond aux appels par des grognements, sans ten dance à mordre au début. Bientôt l'agitation augmente :

on voit le chien amasser la paille de sa cage, pour s'enfouir dessous, ou bien gratter le sol,

A cette période apparaissent les altérât ions de ta voix, dont Boule y a donné une description classique : « L'aboiement est remarquablement modifié dans son timbre el dans son mode. Au lieu d'éclater avec la sonorité normale, et de consister dans une succession d'émissions, égales en durée et en intensité, il est rauque, voilé, plus bas de ton, et, à un premier aboiement fait à pleine gueule, succède immédiatement une série de cinq, six ou huit hurlements qui partent du fond de la gorge, et pendant l'émission desquels les mâchoires ne se rapprochent qu'incomplètement, au lieu de se fermer à chaque coup, comme dans l'aboiement ordinaire. »

' Le hurlement de la rage peut faire défaut, certains chiens restant sourds à toute provocation, et les coups ne leur arrachant qu'une plainte faible, sans parvenir à les tirer de leur immobilité (forme paralytique d'emblée).

L'animal cesse bientôt de manger, la déglutition étant devenue très pénible. Plus tard La perversion du goût porte le chien à se jeter avec voracité sur les substances les plus disparates, du bois, du papier, de la paille, dont La présence dans l'estomac a été donnée comme un élément de diagnostic.

11 n'y a jamais à'hydrophobie : Le chien boit on essaye de boire jusqu'au jour où les contractures pharyngiennes s'opposenl au passage des liquides.

Dans La forme furieuse, l'animal se jette avec force sur le bâton qu'on passe à travers les barreaux de sa cage; d'autres fois il épuise sa rage sur eux. La vue

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