‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 73 sur 238 · PASSAGES PAU L'ORGANISME DU SINGE · texte numérisé non relu

PASSAGES PAU L'ORGANISME DU SINGE

modes d'inoculation, en leur injeetanl des virus d'activité différente. Il s'agissait de l'atténuation, par l'organisme du singe, du virus dos rues; les inoculations successives de virus d'activité croissante donnaient au chien l'immunité contre l'injection intracérébrale du \ irus le plus actif.

« Le 6 décembre i cSH.'î . rapporte Pasteur au Congrès de Copenhague, le bulbe d'un chien panique, donl la rage avail été déterminée par le virus d'un enfant morl de rage, esl inoculé à un singe par trépanation. Celui-ci esi pris de rage onze jours après; de ce premier singe on passe à un second, qui est encore pris de rage en onze jours. Chez un troisième', la rage ne se déclare qu'après vingt-trois jours, etc. Le bulbe de chacun des singes lui inoculé par trépanation, chaque fois à deux lapins. Or les lapins inoculés du premier singe furenï pris de rage entre treize et seize jours; ceux du deuxième, entre quatorze et vingt jours; ceux du troisième, entre vingt-six et trente jours; ceux du quatrième, tous deux après vingt-huil jours; ceux du cin quièine, après vingt-sept jours ; ceux du sixième, après trenle jours.

c On ne peut douter dès lors que, par le passage de singe à singe et des divers singes au lapin, la virulence diminue pour ces derniers; elle diminue également pour les chiens. Le chien inoculé par le bulbe du cinquième singe n'a pas eu une durée d'incubation moindre 4e cinquante-huit jours, quoique l'inoculation ail eu lieu par la méthode du trépan.

« D'autres observations de même nature, faites suides séries de singes, ont conduit à des résultats de même ordre. Nous sommes donc en possession d'une

13(i LA VACCINATION CONTRE LÀ RACE

méthode qui permet ^atténuer la virulence rabique Des inoculations successives de singe à singe donnenl cles virus M11' • reportés sur des lapins, leur commii piquent la rage après des durées d^ncubation donl la longueur augmente progressivement. Néanmoins, si 1 1,11 pari de l'un quelconque de ces lapins pour inoculer successivement de nouveaux lapins, la rage de ceux ci obéit à la loi d'augmentation de la virulence par pas sage de lapin à lapin.

« L'application de ces faits met cuire nos mains une méthode de vaccination des chiens contre la ra°-e. Comme point de départ, on prendra l'un des lapins inoculés avec le bulbe d'un singe de passage assez élevé pour que les inoculations hypodermiques ou intraveineuses du bulbe de ce lapin n'entraînent pas la mort. Les inoculations préventives suivantes ont lieu avec les bulbes des lapins, provenant par passages successifs du lapin qui sert d'origine. »

Se trouvait-on en présence d'un virus rabique vraimenl atténué? Non; car sj le premier passage du sirige au lapin provoquait chez ce dernier la rage après nue longue incubation, cette atténuation faisait place peu à peu au retour à la virulence normale, au cours des passages de lapin à lapin : on ne pouvait donc fixer celle atténuation comme on avait fixé l'exaltation du virus rabique.

Mais on possédait une méthode préventive contre la l'âge, et les faits qui en témoignaienl furent soumis ;'i une commission. Dans sa deuxième séance, die lit pratiquer l'inoculation par trépanation de six chiens rendus réfractaires par celle méthode. Le virus employé provenait du bulbe d'un chien à rage de-

MÉTHODE PASTORIENNI 137

nies, morl la veille dans un accès de fureur. Le mémo jour, trois chiens témoins étaient soumis à la même épreuve intracérébraîe.

Les expériences eurent un succès complet. Les trois chiens de contrôle succombèrent à la rage; 1rs six chiens immunisés survécurent à l'épreuve de la trépanation.

Dans sa troisième séance, la commission se trouvait en présence de cinq chiens qu'on avait fait mordre par un chien enragé. On pratiqua la vaccination sur trois d'entre eux : un seul prit la ragé avant que l'immunisation ne fût terminée; les deux autres demeurèrent bien portants, tandis que les témoins succombaient à la maladie après un temps variable.

Cette méthode de vaccination était inapplicable-; il fallait trouver un procédé moins exigeant. C'est alors M" rn llSs:>- Pasteur l'ail connaître sa nouvelle méthode pour prévenir la rage après morsure.

2. Méthode pastorienne. Procédé des moelles desséchées. Le procédé en est bien connu dans ses grandes lignes. Les moelles virulentes s o 1 1 1 1 1 1 ses . dans L'obscurité, à la dessiccation par l'air

desséché à ■ température de 23° diffèrent lès unes des

autres Par Ia quantité de virus qu'elles contiennent Tandis que les moins âgées, c'est-à-dire celles qui sont demeurées à l'air sec pendant deux, trois, quatre lours' «^ferment beaucoup de microbes rabiqnes cl leur toxine, les plus anciennes, celles qui sont restées ' Létuve de dix à quatorze jours. „c contiennent que des traces du virus et ses poisons. En injectant d'abord ces moelles âgées à des animaux, on peut accoutumer

1*8 LA VACCINATION OOHTKE LA RAGE

leur organisme à supporter des moelles de plus en plus virulentes, jusqu'au vipus pur. \ partir de ce moment, les animaux son) vaccinés, et leur immunisation peu! être poussée assez loin pour qu'ils résistent à une épreuve intra,cérébrale faite avec le virus rabique le plus actif.

Entrons dans les détails de la méthode pastorienne.

On sait de quelle façon le virus fixe esl entretenu par passages de lapin à lapin. Les animaux son! inô culés sous la dure mère ou bien directement dans le cerveau. Aussitôt après la mort des lapins, on enlève avec grand soin Ja moelle épinière et l'encéphale. Celle moelle, extraite ainsi depuis la naissance de la queue de cheval jusqu'au bulbe, esl coupée en trois parties. don1 chacune est suspendue par un (il à la tubulure supérieure, fermée par un coton, d'un flacon de un litre de capacité. Celui-ci contient de la potasse sur laquelle se dessèche un courant d'air qui passe de la tubulure inférieure à la supérieure du flacon, en léchant ainsi la surface de la moelle.

Ces récipients avec leurs moelles sont placés sur les étagères d'une étuve -obscure, réglée à •>.'>".

Dans ces conditions, nous avons vu que la virulence s'atténue peu à peu; au bout de quatorze jours, on peul utiliser la moelle pour commencer les séances" de vaccination, que l'on continuera par les moelles des treizième, douzième, onzième jours, jusqu'à la dernière, celle de un jour.

Les inoculations des animaux se font sous la peau, avec des émulsions de ces fragments de moelle, triturés et dilués dans l'eau physiologique OU dans du bouillon stérilisé.

MÉTHODE PASTOWENNE 139

La vaccination des chiens demande peu de temps, cl l'on peut, par exemple , donner à ranimai la série des moelles atténuées en vingt-quatre heures, puis répéter de deux en deux heures le traitement une ou deux fois.

En mars i88/| . Pasteur présenta dix-neuf chiens immunisés depuis un certain temps par le procédé des moelles desséchées devant une commission composée de Béelard, Paul Bert, Bouley, Villemin, Vulpian. I ne deuxième série, composée de dix-neuf chiens témoins, lui soumise, comme celle des animaux vaccinés, à l'épreuve suivante : six chiens furent mordus par un animal enragé; huit furent inoculés dans les veines avec du virus des rues, cinq furenl éprouvés dans le cerveau. Tous les traités résistèrent à ces épreuves; trois des six témoins mordus, cinq parmi les huit ino culés dans le sang, enfin la totalité des trépanés prirent - la rage.

Plus lard . en présence de la même commission . Pasteur immunisa vingt chiens, qui furenl ensuitè éprouvés e1 résistèrent.

Ces expériences ont été répétées de divers côtés. A \ tenne, Frisch obtient tout d'abord des résultats défavo rables. Mais les recherches de Bardach, Gamaléia, ainsi que de très nombreuses vaccinations exécutées dans les laboratoires depuis celle époque, n'ont cessé de prouver crue l'on peut aisément immuniser les mammifères, les chiens en particulier, en leur administrant la série des moelles atténuées. Toutefois il faul ■ pousser l'immunisation pendant dès longtemps pour voir les animaux résister à l'épreuve la plus sévère de toutes, la trépanation.

1,0 W VACCINATION CONTRÉ LA RAGE

La longu&ur de l'incubation de la rage après mor sure esl un «1rs (ails les plus saillants dans L'histoire de, cette maladie. Pasteur, immédiatement, avail pensé qu'une l'ois en possession d'un procédé de vaccination, 0,1 auyail le temps de l'appliquer expérimentalement aux chiens mordus et de leur conférer l'immunité avanl que la rage ait éclaté. Si, dans son idée, les temps n'étaient pas venus de trouver mie méthode simple1 el applicable pour préserver de la rage le seul animal qui la perpétue ici-bas. il entrevoyait déjà la possibilité d'appliquer à l'homme son procédé de prévention de la rage après morsure.

On peut, en allant vite, empêcher la maladie d'éclater chez un chien qui vient d'être trépané : dans ce cas. la vaccination doit commencer peu de temps après l'inoculation intracérébrale , être continuée rapidement et d'une façon intensive.

Les expériences de Bardach portent sur quinze chiens soumis à une immunisation rapide et intense. Elles lui donnent une mortalité de 4o p. 100, ce qui prouve l'excellence de la méthode, puisque les chiens avaient d'abord subi l'épreuve de la trépanation.

dépendant, on s'expose souvent à des échecs, et les expériences tle Frisch lui ont montré que la vaccination poussée trop rapidement pouvait elle-même faire éclater la rage chez le chien.

D'après Hôgyès, les résultats de Frisch seraient imputables à la race des lapins dont il s'était servi : ils étaient de taille beaucoup pins petite que ceux de

1 Le nombre considérable des inoculations rend inutilisable le procédé des moelles pour une vaccination des chiens pratiquée en grand.

METHODE DES DILUTIONS VIRULENTES DE HÔGYÈS Hl

Paris; leur moelle desséchée contenait le virus réparti d'une façon inégale, ou bien perdait plus vite sa virulence, d'où L'impossibilité de doser et de graduer avec celle substance les injections vaccinales.

.5. Méthode des dilutions virulentes, de Hôgyès. — Devant ces difficultés, fcenanl essentiellement à la race des lapins, Hôgyès eut l'idée d'essayer la vaccination des animaux au moyen de dilutions du virus fixe.

Nous avons vu en quoi consistent celles-ci. On pèse dans une balance de précision i gr. du bulbe (l un lapi" tué par le virus fixe; on prépaie une dilution dans la proportion de i p. [00 d'eau physiologique, f on sr S,T| de celle dilution mère pour préparer celles à i j ioooo, i : 8000, i : 5ooo, 1 : 2000. 1 : 1000, 1 : 5oo, 1 : 200. Les recherches sur ce mode de vacci- . nation onl été des plus encourageantes, Vinsi, en [886 el 1887, quarante chiens reçurent, en trois à neuf jours, environ o,35i à i,o54 gr.; de virus fixe sous forme de dilutions successives. Parmi ces vaccinés, vingt-cinq furent choisis, dont quatorze furent éprouvés sous la dure-mère, avec du virus des rues, et onze avec du virus fixe. Ils résistèrent tous à ce mode d'infection Les quinze autres n'avaient reçu les injections préventives que pendant beaucoup moins de temps- ils ne résistèrent pas à l'épreuve intracérébrale par Je virus fixe. A

Pour Hôgyès, sa méthode comporte une précision |ue ne saurait jamais atteindre le procédé des moelles

^esséc^es De plus, elle es, incomparable m plus

Simple. Enfin elle n'aurai, jamais donné lieu" à des

142 l-A VACCINATION CONTRE I.A ICU.K

accicloiils; or on sait que Lé méthode paslorieime a pu, entre les mains de Frisch, provoquer Ja rage chez des animaux en cours de vaccination. Sur les soixante-dix chiens immunisés par son procède, pas une seule, lois Hôgyès n'a observé pareil échec.

Déjà Pasteur avail constaté les relations qui existenl entre L'immunité du chien et la quantité de yirus introduit sous la peau, eu ce sens que plus il administrait de moelles virulentes en une seule lois, ei plus il avait de chances de vacciner les animaux, procédé qui n'était pas sans danger, ainsi que nous l'avons mi à propos de la transmission expérimentale de la rage par la voie 'sous -cutanée. Au contraire , à la condition de commencer par les doses extrêmement minimes contenues dans la dilution à i : 10000. on ne court jamais un tel risque (Hôgyès).

h. Injections de virus pur sous la peau et vaccination. — La question se pose même de savoir si les animaux qui ont résisté à l'injection d'une grande quantité de substance virulente sous la peau sont, de ce lait, immunisés, et dans quelle mesure ils le sont. Dans une expérience que rapporte Hôgyès, sept chiens reçoivent, dans le tissu cellulaire sous-cu tané, chacun o,5o gr. de virus fixe pur: l'un suc combe à la rage au aeuvième jour; les six autres sont soumis à l'épreuve subdurale avec un virus des rues : un seul prend la rage, les cinq autres se montrent réfractaires.

Nous avons l'ail de nombreuses recherches sur ce mode d'inoculation sous-cutanée. En voici quelques unes.

INJECTIONS DE VIRUS l'UR SOL S LA PEAU ET VACCINATION 14:1

Six cobayes reçoivent, sous la peau du ventre, chacun 10 ce. d'une émulsion de virus fixe à 1 : 10; ensuite ils sont éprouvés à des dates différentes par une inoculation intracérébrale du même virus, savoir au\ troisième, cinquième , septième, douzième, quinzième et vingl el unième jours. Or, pas un seul de ces animaux n'a manqué de prendre la rage, et cela dans les délais normaux. Mous ferons remarquer que la quantité de virus lixe était considérable, i gr. pour chacun ■d'eux, cl (pic pas un seul de ces cobayes ne semble avoir pris la rage du fait de L'injection sous-cutanée.

Dans une autre expérience (pic nous avons déjà relatée, sur six jeunes chiens qui avaient reçu sous la peau des doses variant entre 2 et 20 ce. de virus fixe à- 1 : 10, trois, c'est-à-dire la moitié, avaient pris la rage après une intubation d'environ un mois, savoir ceux qui avaient reçu respectivement 2, 12 et 16 ce.

Les trois demeurés eu bonne santé ont élé éprouvés soixante-cinq jours plus lard par une injection de virus lixe dans L'œil; ils ont tous les trois résislé. Aussi, quarante-six jours après l'épreuve dans la chambre antérieure, ils onl subi la trépanation, qui les a trouvés également résistants. Donc, à en juger par ces deux séries d'expériences, il semble (pic l'injection sous-cutanée d'une quantité assez considérable de virus lixe produise des résultats variables : le cobaye apparaîl comme beaucoup moins sensible que le chien à l'infection par la peau. En revanche, lorsque lé chien a résislé à ce mode d'infection, il est vaccine.

L'inoculation de virus fixe dans le péritoine, chez le cobaye, donne sensiblement les mêmes résultats au poml de mi,, i iiinilé.

14 t LA VACCINATION CONTRE LA RAGE

Il en est de même pour le lapin que pour Le cobaye, ainsi que Le prouve cette autre expérience.

Trois lapins sont injectés sous la peau du ventre avec les closes respectives de r, /,, 8 ce. demulsion décimale de virus fixe; quinze jours plus tard ils sonl tous les (rois éprouvés par l'inoculation intracérébrale de virus fixe, à laquelle ils succombent sans retard.

Quel que soit le mode de vaccination antirabique, qu'il s'agisse des moelles atténuées ou bien des dilutions de virus fixe, nous devons essayer de pénétrer le mécanisme de l'immunisation qui s'établit dans l'orga nisme des mammifères.

Pasteur supposait l'existence, à côté du virus rabique. d'une substance vaccinale susceptible d'une résistance supérieure à celle du microbe, cl il recommandait, pour prouver en quelque sorte la présence de cette substance, d'essayer de vacciner des animaux en se servant exclusivement des moelles dépourvues de toute virulence. Lui-même avait pu conférer à des chiens et à des cobayes un état réfractaire en les traitant par des moelles avirulentes.

« Le succès de ce genre d'épreuves, disait Pasteur, doit consister dans l'usage de moelles desséchées à la température la plus voisine possible de celle qui supprime toute virulence dans le microbe rabique. Si des moelles mises dans l'air sec à 20" perdent leur virulence après quatre ou cinq jours, ce sont de tel lis moelles dont il faut se servir, et commencer môme par celles dont l'exposition aura duré six à huit jours et plus. »

Bardach a repris l'expérience avec des moelles du

IMMUNISATION PAR LA SUBSTANCE CÉRÉBRALE I4.:i

septième jour, dont il inoculait à trois reprises une certaine quantité sous la peau du chien : sur six animaux traités de la sorte, deux seulemenl résistèrent à l'épreuve inlracérébrale par un virus des rues.

L'immunité peu! donc se développer dans ces conditions ; niais elle parait devoir échouer d'autant mieux que l'on utilise dos moelles moins actives. Ce sont, en effet, les plus virulentes qui peuvent seules conférer une immunité solide, et d'après les expériences de Bardach, il semble que les chances de vacciner le chien par une seule injection augmentent avec la force du virus et la quantité de celui-ci; avec le virus des nu s. on aurait le (dus souvent des mécomptes.

L'opinion de (iamaléia diffère peu sur celle question. Plus on injecte de grandes quantités de moelles atténuées el plus on a de chances de vacciner les animaux : \ cm. de moelle délavée dans 10 ce. de liquide ont donné des résultats meilleurs que cm. dans la même quantité d'eau. Quand on veut vacciner avec des moelles très peu virulentes, il en faut beaucoup plus que des autres. D'autre part, l'immunité conférée pailes moelles fraîches employées seules est l'exception, tandis que l'explosion de la rage est presque la règle.

5. Immunisation par la substance cérébrale normale. L'hypothèse émise par Pasteur sur la présence d'une substance vaccinale, contenue dans les moelles rabiques à côté du virus, a suscité plusieurs travaux.

Les expériences de Bardach. (iamaléia, montrent surtout que dans les moelles avirulentes il existe encore une quantité suffisante de toxine et de virus rabiques

L'ét. exp. de la rage. t:

146 LA vaccination CONTRE LA RAGfi

pour provoquer mot les animaux ii ne inunuiitsAtioi active. Mais on pouvait penser que la substance vacci nante. à laquelle Pasteur Taisait allusion, était liée à I. constitution de la matière nerveuse normale elle-même, non à la présence du virus rabique. (Test conformément à cette idée que Babès, Calabrese. Vnjesky, ont essaye d'immuniser des animaux au moyen d'injections de substance cérébrale on de moelles normales.

Babes (/|3) déclare avoir réussi à détruire in vitro Je virus rabique en le -mélangeant avec de la matière nerveuse d'animal neuf, <'l d'autre pari être parvenu, au moyen d'inoculations de celle même substance, à protéger des animaux contre une infection inlracérébrale avec une moelle virulente du deuxième jour, le virus des rues et le virus fixe ayant au contraire donné la rage aux animaux ainsi traités.

Calabrese (168) a essayé de répéter les expériences de Babes. mais n'a obtenu que des résultats négatifs. Il prétend même qu'en affaiblissant l'organisme, ces injections de substance nerveuse normale diminueraient la durée d'incubation de la rage. Par contre. Calabn sc obtient des résultats encourageants en inoculant la substance cérébrale d'animaux vaccinés contre la rage. Hôgvès avait déjà constat)' des propriétés antitoxiques assez, actives dans le cerveau des animaux immunisés contre cette maladie.

Vnjesky (^4) développe ces recherches, Il sacrifie un chien immunisé parla méthode de tïogyes; environ 55 st. de substance cérébrale son1 émulsionnés dans i Litre 5o d'eau physiologique. Trois chiens reçoivent, l'un ]5o ce. de cette éniulsion dans le péritoine, l'autre io ce. par la tracbée. le troisième la même quantité

IMMi:.MSATIO.\ l'Ali LA SUBSTANCE CÉRÉBRALE 147

sous la peau; on répète ces injèctio'ns les deux jours suivants. Le premier meurt de péritonite, le deuxième de pleurésie, le troisième est infecté, après treize jours, par le virus des rues et prend la rage.

Dans une autre série, nous voyons deux chiens qui reçoivent clans le péritoine 25 gr. du cerveau d'un chien immunisé contre la rage. L'un meurt de péritonite, mais l'autre résiste à une épreuve intracérébrale avec du virus des rues; son- immunité est très durable puisque neuf années plus lard, il résiste encore à une nouvelle épreuve, fait qui paraît tout à fait surprenant. 1

Il faut donc bien reconnaître que ces expériences ne sont pas très encourageantes. Gomme Anjeskv déclare lui-même plus loin n'avoir jamais p„ immuniser les animaux en inoculant de la substance nerveuse normale d Semble qu'on puisse conclure que le principe yaccj hypothétique de Pasteur ne soit pas le tissu ne, veux lui-même.

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