‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 88 sur 238 · PRÉPARATION DU SÉRUM LT · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DU SÉRUM LT

A l'Institut Pasteur, où nous préparons depuis pins de cinq ans le sérum antirabique, on inocule, à partir du jour où les moulons ont été vaccinés, chaque semaine, le tiers de l'encéphale d'un lapin de passage à chacun d'eux. S'il y a six moutons en traitement, ils reçoivent ainsi sous la peau deux l'ois par semaine une émulsioB préparée avec deux encéphales de lapin ayant succombé au virus lixe.

Ceux-ci sonl broyés soigneusement dans l'appareil Latapie, broyeur des plus précieux dans les laboratoires, pour sa solidité et pour la finesse des pulpes qu'on peut obtenir avec lui. On ajoute au matériel ainsi broyé une quantilé d'eau physiologique suffisante pour que les 18-20 gr. de substance cérébrale, représentée par les deux encéphales, fassent un volume total de [80 ce. Chaque mouton reçoit donc .'îo ce. d'émulsion virulente, soit environ 3 gr. de cerveau rabique (virus lixe).

Il faut poursuivre ce traitement pendant huit ou neuf semaines environ, après quoi on laisse reposer quinze jours les moutons avant de les saigner.

En somme, après un traitement de soixante jours, les animaux se reposent quinze jours, puis on les saigne quatre l'ois, à raison de 200 ce. de sang par saignée. Après un repos de quinze jours, le traitement est recommencé. Chaque mouton peut donner ainsi par an environ un litre dé sérum antirabique.

Nous pensons qu'il est important d'introduire à chaque séance l'éinulsion immunisante en un point différent du tissu sons-cutané, la substance nerveuse y subissant une résorption des plus lentes. Malgré les précautions et une propreté minutieuses apportées à ce

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traitement, il n'est pas très rare d'observer des abc/- s au bout «I ..„ temps plus ou moins long. D'autres fois La substance ne provoque pas d'abcès, mais persiste *(,"s la e°rme ,r"" aoyau dur qui ne disparaît que très lentement. Nous n'avons jamais vu ces accidents au début des vaccinations, ce qui nous avail fail écrire dans un mémoire des Annales de l'Institut Pasteur que lemulsion ne provoquait jamais la formation d'abcès. C'esl surtout après plusieurs années de service que les moutons peuvent en offrir; le plus souvent il s'agit d'indurations sans formation de pus.

Parmi les animaux en traitement, il peut arriver d'en observer quelques-uns qui le supportent moins bien que les autres : on les voit maigrir et même succomber brusquement, sans que l'on puisse trouver d'infection pour expliquer la mort; leur bulbe ne transmet pas la rage, ce sont des animaux qui sont morts intoxiqués. D'ailleurs, nous avons eu l'occasion d'observer les mêmes accidents chez un mouton qui recevait des émulsions de substance nerveuse normale.

Il nous paraît plausible d'admettre que, chez certains organismes, les produits toxiques entrant dans la composition chimique de la substance nerveuse puissent s'accumuler et à la longue, faute d'une élimination suffisante, provoquer des accidents analogues à ceux que déterminent ces mêmes substances lorsqu'on les introduit en grande quantité et en une seule fois dans la circulation générale de petits animaux tels que les lapins. En pareil cas, ainsi que nous l'avons déjà signalé, on voil souvent ces rongeurs se cachectiser lentement et mourir.

La crainte de faciliter de semblables accidents nous

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a toujours empêché d'introduire d'une façon suivie des émulsions virulentes dans la veine des moulons, et nous a l'ail adopter définitivement la voie sous-cutanée.

4. Titrage du sérum. - - Le sérum, ainsi obtenu, est conservé à la glacière, s'il doit servir h des expériences ou au traitement préventif de la rage. Si l'on n'en prévoit l'emploi que longtemps après sa préparalion, il est préférable de le filtrer sur bougie Chamberland et de le conserver dans des ballons fermés à la lampe.

^ Pour le titrer, il faut d'abord préparer une émulsion virulente aussi homogène que possible. Nous nous servons toujours du bulbe (i gr.) des lapins de passage (virus fixe); on le broie finement et on l'émulsionne dans 99 ce. d'eau physiologique, ajoutée goutte à goutte. Cette dilution centésimale est ensuite jetée clans "'■ pptil entonnoir contenant un double filtre, l'extérieur

papier, L'intérieur en soie, stérilisés au four à Qam ber; le filtrat esl ainsi recueilli dans un tube à essai L'impprtance de la filtration de l'émulsion virulente est capitale. ICraus, Helfer el ciairmont ont montré quun sérum assez actif pour neutraliser à la dose de o,oi ce. une émulsion à i : 5o ne le fait plus même à une dose (renie fois plus grande, si la dilution n'a pas été fil Irée sur papier.

L'émulsion virulente ainsi obtenue sert à préparer des mélanges en proportions variables avec le sérum que I on désire titrer.

^ Au début de nos recherches, il nous avait paru indiffèrent de laisser plus ou moins de temps en contact les deux liquides; mais aujourd'hui nous avons

m ACTION lill SÉRUÏ SAMHJ1N SUR LE VIRUS RAB1QUE

des raisons pour conseiller d'abandonner pendant une auit entière le mélange à la glacière.

Voici un exemple de titrage :

MELANGES

ANIMAUX

RESULTATS j

1 ce. V. F. 1 p. 100 + 5 ce. sérum

mouton neuf.

1 ce. V. F. 1 p. 100 + 1 ce. sérum

mouton vacciné

1 ce. V. F. 1 p. 100 + 0 ce, 50 sérum

mouton vacciné . .

1 ce. V. F. 1 p. 100 + 0 ce. ,30 sérum

mouton vacciné . . .

Lapin n° 60 Lapin n° 94 Cobaye angora Lapin n° 1

Rage oc Rage

Cette expérience montre que la dose neutralisante du sérum était i ce. pour son volume de 1 emulsion virulente centésimale. Par contre, des quantités de o,5o et o,3o ce. n'ont pas empêché les animaux de prendre la rage avec des retards insignifiants.

Nous voyons en même temps que le sérum neuf de mouton, même employé à une dose cinq fois plus forte que le sérum de l'animal vacciné, n'a aucune action neutralisante sur le virus rabique.

De même, les sérums de lapin et de cobaye non vaccinés n'ont jamais manifesté aucune propriété antirabique.

Un sérum exerce ses propriétés antirabiques aussi bien sur le virus des rues que sur le virUs fixe.

On peut obtenir des sérums plus actifs, cl il nous a semblé qu'en immunisant des lapins, leur sérum deveî nait rapidement liés énergique. C'est un fait généra que les sérums de la même espèce que celle ayant

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fourni l'antigène, les sérums homologues, présentent une activité sii|)érieure à ceux tics espèces animales étrangères, aux sérums kétérologues.

Mais le lapin est un animal qui supporte mal un traitement prolongé par des émulsions de virus rabique; de plus, il est très exposé à de nombreuses épizooties.

En entretenant les moulons immunisés par une injection bihebdomadaire de la quantité de virus fixe que nous avons déjà évaluée, on obtient un sérum dont l'activité varie en général dans d'assez faibles limites : ainsi les titrages du sérum recueilli à différentes époques montrent qu'il peut neutraliser un, deux, trois volumes de l'émulsion centésimale de virus Bbte, préparée ainsi que nous l'avons dil.

Cependant, même dans ces conditions, on peut voir se produire des chutes brusques dans l'activité du sérum, et Remlinger (755) a insisté sur deux particularités intéressantes, mais fort gênantes, du sérum antirabique : d une part, le manque de corrélation entre la quantité de virus inoculé sous la peau du mouton et l'énergie du sérum fourni par lui ; d'autre pari, certains fléchissements brusques et inexpliqués dans l'activité de ce méme sérum, le pouvoir immunisant pouvant, sans cause connue, tomber tout à coup de 1/20 a 1/2 et au-dessous.

0,1 Peu1 obtenir un sérum incomparablement plus ;u'hl 'I'"' celui qui laii l'objet .1,, titrage reproduit ci dessus, en prenant soin de forcer la dose de substance virulente administrée chaque semaine aux moutons, el surtout en rapprochant les inoculations. Dans ces condilmus. unus avons obtenu des sérums dont 1

ce.

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