INTRODUCTION
L'étude du caractère, ou des caractères, est à la fois très ancienne et très nouvelle. Dès la plus haute antiquité, on trouve des traces de cette « curiosité », germe du future esprit scientifique, s’attachant à l'étude de la physionomie humaine.
ADAMANTIUS dit que la nature, même quand la bouche est muette, s'exprime par le front et les yeux.
Les pythagoriciens, PLATON, et après lui ARISTOTE, affirment que la nature proportionne le corps à l’activité de l’âme.
Citons par exemple PLATON disant que « le genre lion doit être généreux et hardi » en d’autres termes qu'un homme est courageux, s’il a quelque chose du lion « comme la poitrine large, les épaules vastes et puissantes, etc. »
Ainsi de tout temps on s’est attaché à établir les rapports qui existent entre « le physique » et « le moral », entre les « constitutions », les « tempéraments », les « types humains ».
Depuis les tempéraments d'HIPPOCRATE et de GALIEN désignés par les termes de « lymphatique », « sanguüin », « nerveux », et « bilieux » jusqu'aux classifications modèrnes les plus variées, on retrouve la même ‘tendance à vouloir établir les cadres d’une ‘étude des constitutions, à élaborer le classement des divers «:types humains ». =
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Dans les cinquante dernières années, un renouveau de la doctrine hippocratique a donné naissance à la conception de CI. SiGaup. Cet auteur après avoir décrit seulement deux types « forts » et « faibles » est revenu à la conception classique des quatre tempéraments classiques « respiratoire », « musculaire », « digestif » et « cérébral » qui présentent chacune des, variétés de « plats » et « ronds ».
Ces travaux ont été repris et développés par THooris, MAC AULIFFE et CHAILLOUX, complétés par CoRMAN qui tenta une application à la clinique psychiatrique. Dans l’ensemble, cependant, l’école de SIGAUD a laissé quelque peu de côté les corrélations entre constitutions physiques et maladies mentales, si ce n’est pour voir une certaine fragilité psychotique du type cérébral en vertu de la notion biologique générale de la meïopragie de la partie de l’organisme morphologiquement la plus développée.
Mais la formule même de la psychose, à part la thèse de CORMAN, est restée en dehors de l'attention particulière de ces auteurs.
Avec KRETSCHMER, l'étude des corrélations entre les constitutions physiques et les psychoses, entre dans une phase nouvelle. L’élan est donné et des conséquences pratiques ont déjà été tirées de ces travaux. Sans nous. étendre sur la conception bien connue de l’auteur de MARBURG, nous rappelerons sa déjà classique description des types pycniques, leptosomes, athlétiques, et dysplasiques. Les travaux de KRAEPELIN puis ceux de BLEU- LER avaient déjà opposé psychologiquement deux grandes entités morbides, la psychose maniaque dépressive ou cyclophrénie et la démence précoce ou schizophrénie. KRETSCHMER compléta cette description par celle des types morphologiques correspondant à chacune des tendances sous-jacentes à ces psychoses. Il montra la parenté qui existerait entre type pycnique et cyclothyme, d’une part, entre type leptosome, athlétique,
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dysplasiqué, et schizothyme d'autre part. Des formes de transition sont toujours possibles tant au point de vue morphologique que mental.
Ces travaux ne tenaient compte que des données morphologiques et caractériologiques, le plus souvent influencées, par un subjectivisme et un « impressionisme » intuitif trop éloignés de la rigueur scientifique désirable.
Des mensurations précises devenaient nécessaires pour établir et systématiser les résultats de l’observation.
Cette méthode anthropométrique a trouvé ses premières applications en criminologie avec LOMBROSO, et l’on connaît l’importance des travaux de l’école italienne dans ce domaine.
Avec Di TULLIO et sa classification des « types délinquentiels » s'ouvrent d'’intéressantes perspectives d'application à la psychiatrie médico-légale.
A côté de l'indice skelique de MANOUVRIER, différents coefficients touchant le poids, la taille, la circonférence thoracique (PIGNET, VERVAECK, BRUGSH, ROHRER) ont été utilisés.
Mais quelle que soit la précision et la D on de la technique des mesures, celles-ci ne valent que par l'attribution aux chiffres trouvés, d’un coefficient de signification qui rende les mesures comparables entre elles.
Pour prétendre à une application heuristique complète, la méthode anthropométrique doit associer à une technique rigoureuse, une interprétation rapide, précise et fidèle, et se compléter par une représentation synthétique et schématique permettant une appréciation immédiate des formes corporelles.
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Le but de notre travail sera de décrire un procédé d’études répondant à ces exigences.
Monsieur le Professeur agrégé Jean DELAY et le Docteur Paul NEVEU ont mis au point récemment une méthode d'élaboration et d'interprétation des données anthropométriques dite des « déviations proportionnelles ». S
Nous nous proposons d'exposer dans un‘premier chapitre, la technique des mensurations. Dans un deuxième chapitre, l'élaboration et le mode de notation des résultats, dont nous exposerons la représentation graphique par l’étude des « profils de déviation proportionnelle » dans un troisième chapitre.