‹ L'etudiant et la grande dame comedievaudeville en deux actesChapitre 10 sur 30 · LOUISE, LADY WILTON · texte numérisé non relu

LOUISE, LADY WILTON

lady viltON, à elle-même. Uue jeune fille chez lui!

LOUISE, à part avec dépit. Une daine, et elle est jolie encore!..

lady wilton. Je me suis trompée sans doute, mademoiselle... je croyais être chez M . Ferdinand.

LOUISE, froidement et l'examinant. Non, madame, non... vous ne vous êtes pas trompée... c'est bien ici.

LADY WILTON, à pari , en regardant la pendule et les autres objets. En eflet, je vois que l’on a exécuté mes ordres.

LOUISE. Mais il n’y est pas, M. Ferdinand, il est sorti.

LADY WILTON, s 'asseyant de cédé. C’est fâcheux, je l'attendrai.

LOUISE, oui croyait qu'elle allait sortir.

Eh bien! la voilà qui s’établit ici... comme c*est mauvais ton. (Haut.) C’est qu’il ne rentrera pas de long-temps, de très-longtemps.

lady WILTON. N 'importe! je ne suis pas pressée !

LOUISE, appuy ant. Il est allé à l’école de droit chercher des papiers., parce qu’il paraît qu’il va se marier.

LADY WILTON, vivement. Se marier...

LOUISE , à part. Elle a tressailli ! par exemple! qu’est-ce que ça lui fait?

LADY WILTON, émue. Se marier... lui Ferdinand...

LOUISE, choquée. Ferdinand! je dis bien monsieur, moi.

LADY WILTON, sc levant. Mon enfant, je vois que vous êtes de la maison... sans doute une jeune voisine... ditrs-moi, êtesvous certaine mie ce projet?., parlez ! je veux savoir quel est ce mariage.. . quelle est cette future, qui a arrangé cela, qui s’en est mêlé? Pourquoi ne m’en a-t-il rien dit? (Avec vivacité.) Mais répondcz-inoi doue !

LOUISE, tnterdite. Mon Dieu! quelle chaleur !

LADY WILTON, comme à elle-même. Probablement quelque amourette sans importance... des païens qui se seront emparés de lui... ces pauvres jeunes gens sont si faciles à tromper!

LOUISE, à part et vivement. Quelle indignité ! (Haut et tres-émue.) Non , madame , non!., le père n’a pas cherché à s'emparer de lui... c’est le propriétaire de cette maison... M. Du pré... un honnête homme...

un négociant estimable... un marchand...

si vous voulez... mais que sa position, son caractère et sa fortune mettent au-dessus

de tout soupçon! quant à sa fille, elle

pouvait choisir entre vingt partis plus brillans , plus avantageux que M. Ferdinand ; elle l’a préféré, lui, quoique sans biens...

parce qu'elle l’a vu seul... malheureux....

abandonné de tout le monde. Elle n’est pas d’une beauté remarquable... (avec intention ) elle ne porte ni plumes , ni diainans. ..mais jamais elle ne s’est éloignée de ses devoirs... jamais elle n’a hasardé de démarches équivoques, et ne s’est jamais trouvée seule et sans guide où elle ne devait pas être.

LADY WILTON , à part. C’est elle!... le trait est vif... (Haut et en souriant.) Vous croyez, mademoiselle, qu’elle ne s’est jamais trouvée seule , chez un garçon , par exemple ?..

LOUISE , un peu confuse et regardant autour d'elle. Ah ! c’est-à-dire ça dépend

des circonstances. ( Avec résolution. ) Mais après tout, pourquoi toutes ces questions, ces interrogatoires , et qu’est-ce que cela peut faire à madame?...

LADY WILTON, se rasseyant. Oh !... c’esf que je m’y intéresse beaucoup.

Louise. A M. Ferdinand?

LADY WILTON, froidement. A M. Ferdinand.

LOUISE, vivement. Madame est de ses pa rentes?

lady wilton. Non!

louise. De ses amies?

LADY WILTON. Oui!

LOUISE, à part. De ses amies... c’est bien vague, et je veux absolument savoir...

(Elle s’approche de lady Wilton.)

UNE voix, au bas du petit escalier. Mainzelle Louise! mamzelle Louise...

Louise. Ab ! mon Dieu ! c’est au magasin, où il n’y a personne.

Page 1