‹ L'etudiant et la grande dame comedievaudeville en deux actesChapitre 8 sur 30 · SCENE YI · texte numérisé non relu

SCENE YI

Les Mêmes, UN MARCHAND , suivi de plusieurs jeunes gens de magasin.

LE marchand, à Dupré . Pardon, monsieur... c’cst bien ici quedenieure un jeune étudiant?

LOUISE. M. Ferdinand?..

LE marchand. Je ne me rappelle pas bien le nom... un joli garçon?

LOUISE. C’est cela, il n’y est pas

DUPRÉ. C’est égal, qu’cst-ce qu’il y a pour votre service?..

LE MARCHAND. Oh ! presque lieu, (rlux garçons ) Venez, messieurs.

DUPRE, à sa fille. Est-ce qu’on voudrait saisir ses meubles?

LOUISE. Quelle idée!

LE marchand. Il s’agit de quelques bagatelles que nous sommes chargés de déposer ici. ( A un homme qui porte une pendule.) Sur la cheminée.

DUPRÉ, ouvrant de grands yeux. Qu’est-ce que c’est?

LOUISE. Oh ! la jolie pendule !

LE marchand, aux autres. Les vases à côté; ici le nécessaireen vermeil, l’écritoire de chez Vervelles; près de la glace, la montre de Kellncr avec la chaîne de Janisset.

dupré , plus étonné. Ah çà ! c’est un trousseau complet.

LOUISE. Mais il ne peut pas avoir commandé tout cela pour le mariage depuis qu’il est parti.

dupré, bas. Parbleu!., cela prouve que ce jeune homme si sage, si rangé, achète à crédit.

LOUISE, de même. Ah! mon papa... il avait peut-être des économies.

dupré, de même. Des économies !.. un étudiant en droit!., laisse-moi donc tranquille, est-ce que ça s’est jamais vu ?..

puisqu’il me disait encore , il n’y a qu’un instant, qu’il n’avait rien, qu’il ne possédait rien. ( Elevant la voix. ) Tu vas voir... d’ailleurs, que ces messieurs vont nous laisser leurs mémoires.

lp. marchand. Non , monsieur, ils sont acquittés, tout est payé.

(Les garçons sortent par le fond.)

DurnÉ, stupéfait. Tout est payé!

LOUISE. Là ; voyez-vous.

dupré. C’est singulier! (Au marchand .) Et par qui donc ?

LE MARCHAND, à Dupré d'un air d'intelligence. Par une jeune dame.

DUPRÉ, lui faisant un signe pour que sa fille n entende pas. Chut! chut !

LE MARCHAND, continuant. Sa sœur, sa femme, peut-être... vous comprenez.

DUPRÉ , de même. Taisez-vous ! taisezvous donc. {A part.)Ccsi bien plus inquiétant. (. Ecoutant à la petite porte à gauche.) Hein! qu’est-ce que c’est? Moquette qui m’appelle ?

LOUISE, frappée d* un souvenir. J’y pense maintenant. . .un monsieur qui porte un sac d’argent, qui vous attend au magasin...

c’est pour cela que j’étais venue vous chercher tout-à-l’heurc.

DUPRÉ, vivement. De l’argent!., et tu ne me le dis pas. ( Criant de la petite porte.) Je descends. {A part.) Ça me parait très-louche, et moi qui viens de lui donner ma fille ; il est bien temps que j’aille aux informations. (Au fournisseur.) Passez devant moi, monsieur; cet escalier donne près de mon magasin, il est un peu obscur, mais très-commode , très- facile , bon! (On en~ tend le marchand tomber dans l'escalier.) Prenez donc la rampe, la rampe est à gauche. Viens-tu, Louise?

(U *ort.)

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