PRÉFACE
Le succès que vient d’obtenir notre petit manuel sur le microscope est pour nous un grand encouragement. Nous ne saurions donc trop remercier nos lecteurs pour l’indulgence dont ils ont usé à notre égard.
La deuxième édition que nous présentons aujourd’hui a été augmentée de notes sur la théorie du microscope, sur sa construction, et aussi d’une foule de documents relatifs aux préparations. Un certain nombre de figures ont été intercalées, pour faciliter la lecture de certaines descriptions.
Les chapitres relatifs aux applications du microscope sont entièrement nouveaux. Grâce à l’obligeance de M. Georges Pouchet, on trouvera un mémoire fort intéressant sur l’histologie normale et pathologique. Ce sujet, indispensable aux étudiants en médecine, présente aussi un grand intérêt pour les gens du monde. — La bota-
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biconvexe, qui permit à Lyonnet de l'aire l'anatomie complète de la chenille du saule, travail à jamais immortel, double l'ruil du génie et de la patience.
Zacharias Jansen, en 1590, combina diverses lentilles dans un tube, et créa le microscope composé, qui de nos jours fait tant de merveilles.
Drebbel et Fontana s’en disputèrent aussi l’invention; mais comment débrouiller ce chaos, car Bacon voulut aussi en être l’inventeur? Laissons donc l’honneur à Jansen, car on ne peut lui trouver de devanciers.
Puis viennent les microscopes de Bonani, d’Eustachio üivini, d’Adams, puis encore de Lieberkühn, qui, en 1738, inventa le microscope solaire. Alors un arrêt se fait sentir; puis tout à coup l’immortel Euler se réveille et propose l’achromatisme pour le microscope. C’était en 1 7 7 Zi . — En 1 7 Zi 7 , il avait découvert cet immortel principe et l’avait appliqué aux télescopes.
Mais ici encore à qui faut-il décerner la palme, car un savant obscur, Chester More Hall, découvrit l’achromatisme en 1729. Ce fait est vrai, car il a été établi par un jugement authentique d’une cour de justice. Mais, il faut le dire, Hall ne construisit jamais que des télescopes.
Du reste, Euler avait proposé le microscope achromatique; mais ses indications n’auraient produit qu’un microscope à faibles grossissements. Plus tard, Erauenhofer, Charles, firent des essais; mais rien ne fut définitivement adopté, car l’illustre Biol niait en 1821, la possibilité de construire un bon microscope achromatique.
Enfin, en 1823, Charles Chevalier et Vincent Chevalier construisirent les premières lentilles achromatiques parfaites pour les microscopes. Dès lors on fit des lentilles à court foyer, on obtint de forts grossissements, tout changea ; ce fut une révolution dans la science de l’optique, et
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c’est une gloire pour notre pays, car ce furent des opticiens français qui opererent ce changement tant profitable.
Dès lors, bien des savants s’occupèrent de perfectionner l’instrument. Le savant Amici imagina le microscope horizontal, des chambres claires précises; le baron Séguier s’occupa de la micrométrie, du perfectionnement de l’appareil. Enfin, aujourd’hui le microscope est arrivé à un haut degré de perfection, grâce aux savants, aux constructeurs distingués, parmi lesquels il faut citer MM. Powel et Lealand, Hartnack, Smith et Beck, Scheeck, Pistor, Zeiss, et surtout A. Ross, l’éminent opticien anglais.
Parmi les hommes savants qui ont aplani le chemin et levé bon nombre de difficultés, citons le Baillif, nom mille fois honorable, qui rappelle à la fois la vertu et la science; puis encore le savant Biot, pour ses expériences sur la polarisation; M. Dumas, à qui l’on doit l’application du microscope à la chimie, et qui a fait tant de belles découvertes avec ce précieux instrument. Puis MM. Audouin, Breschet, Brongniart, de Candolle, Claude Bernard, Desmazières, Natalis Guillot, Lainé, Magendie, Decaisne, Chatin, Montagne, d’Orbigny, Duméril, Tulasne, Payer, Guillemin, de Mirbel, Turpin, Robert Brown, Strauss, Donné, Mandl, Pouillet, Ricord, Pouchet, O’Rorke, Pasteur, Sappey, Follin, Robin, Bâillon, Ordonez, II. Van Heurck, .Iules Luys, Kôlliker, Georges Pouchet, C. Morel, Broca, Martin Saint-Ange, Vulpian, Confier, F. Dujardin, Quekett, Carpenler, Villemin, Harting, Schacht, Lebert, Pritchard, Ehrenberg, de Brébisson, P. Gratiolet, Coulier. Un nom illustre, celui de M. Milne Edwards, vient nous rappeler d innombrables découvertes faites avec le microscope, dont chaque jour bon nombre profitent.
Qui ne connaît les importants travaux de M. Rayer, de
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Al. Serres? (Jui ne sait aussi les belles recherches de M. Duchartre sur la botanique, celles du docteur Montagne sur la cryptogamie? Puis encore les recherches de M. de Sénarmont, de M. Élie de Beaumont et de tant de savants dont le nom nous échappe au moment où nous écrivons ces lignes.
L’étude du microscope est indispensable à tous le$ médecins, car dans l’état actuel de la science il n’est pas possible de méconnaître l’uLilité d’un tel instrument. Certes, il faut rendre justice au docteur Ch. Robin, qui en répandant l’élude de l’histologie, a rendu un immense service aux sciences. Du reste, ses importants travaux sur le microscope sont connus de tout le monde ; ils ont servi à populariser une étude qui chaque jour tend à se répandre davantage.
Parmi les bons traités publiés sur les microscopes, nous citerons ceux de MM. Mandl, Donné, Dujardin, Hannover, Charles Chevalier, Broca, Coulier, Pmbin, Quekett, Hogg, Carpenter, Harting, Schacht, Pritchard, Griffith, etc.
L’usage du microscope s’est depuis quelque temps fort répandu pour les études anatomiques; les services rendus ne peuvent être niés. Comme il se trouve toujours des incrédules, nous pensons que rien ne peut mieux les confondre que l’opinion si juste de M. Paul Broca, contenue dans son Traité de 1‘ inflammation.
M. Paul Broca s’exprime ainsi : « Pour ceux qui disent qu’avec le microscope on voit tout ce qu’on veut, ces mots seuls montrent que c'est là tout leur savoir en cette matière. En elfel, tous les anatomistes qui ont fait des recherches d’anatomie générale ont remarqué depuis longtemps que les ligures et les descriptions des mêmes objets faites à l’aide du microscope, dans les mêmes conditions, depuis Leeuwenhoeckjusqu’ù nosjours, sont toutes semblables, a
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pari les différences de grossissement employé. 11 n’y a de différentes que les théories fondées sur ces observations ou les hypothèses auxquelles elles ont donné lieu, hypothèses qui varient nécessairement suivant la généralité ou la spécialité des connaissances de l’auteur, suivant qu’il tiendra compte des modifications d’un élément dans un seul ou dans un grand nombre d’êtres. »
Kaltenbrunner, dans ses Recherches sur /’ inflammation (1828), termine son appréciation de l’utilité du microscope par cette phrase vraie en tous points : Alors on ne trouvera plus que clés gens sans instruction et sans foi qui blâmeront l'usage du microscope .
Au reste, aujourd’hui, l’avenir des recherches microscopiques est assuré, et grâce à elles la science reculera sans cesse ses limites.