PRÉPARATION DES OBJETS DANS LES FLUIDES
Dans ce chapitre, nous décrirons les différentes méthodes que l’on doit employer pour conserver les objets dans les lluides.
ARTHUR CHEVALIER
PRÉPARATION DES OBJETS
Ce mode de préparation s’emploie généralement pour les corps dont l’organisation est accompagnée de liquides, et aussi pour certains objets dont la nature réclame l’intervention d’un liquide, aussi bien pour leur parfaite perception que pour leur conservation.
La préparation des objets dans les liquides devra donc être employée pour conserver la plupart des tissus animaux et végétaux, pour les fibres musculaires, nerveuses, les glandes, les ganglions, etc., et aussi pour toutes les parties obtenues par la dissection des organes de la respiration, digestion, circulation, etc. ; en un mot, pour tous les objets habituellement baignés de substances fluides liées à leur nature.
Les petites algues, ainsi que îoutesles parties anatomiques des végétaux, telles que les fibres, les vaisseaux, les trachées, les stomates, les tissus, etc., etc., seront aussi conservés dans les liquides.
L’anatomie végétale et animale utilise généralement ce mode de préparation, dont les résultats fournissent souvent de précieux et rares spécimens.
Dans les opérations chirurgicales, certaines organisations morbides connues à l’aide du microscope peuvent être parfaitement conservées et servir ainsi à la démonstration.
La préparation dans les fluides est peu compliquée: elle peut être considérée comme plus simple que celle dans les milieux résineux. Quelques essais pourront convaincre de suite de la simplicité des procédés que nous allons décrire.
Pour préparer les objets dans les fluides, il est indispensable d’avoir un petit récipient pour contenir l’objet et le liquide conservateur. Ce réservoir s’adapte sur une lamé de glace d’une grandeur appropriée icelle de l’objet. Lu général, celles que nous avons décrites peuvent être
dans les fluides.
employées, mais il arrive aussi ijue 1 ou esl lorcé de s en procurer de plus grandes.
Le petit réservoir dont nous venons de parler a repu le nom de cellule. Les cellules que l’on emploie peuvent être de différentes épaisseurs, suivanL les objets qu’on désire préparer.
L’objet et le liquide étant placés dans le réservoir, il ne reste plus qu’à clore ce dernier à l’aide d’un couvercle de glace mince, que l’on maintient à l’aide de différentes substances ; l’objet est alors emprisonné dans un milieu liquide destiné aie conserver.
D’après ce résumé de la préparation dans les liquides, il nous reste à décrire minutieusement les moyens à employer pour faire les cellules destinées à contenir les objets de peu d’épaisseur ; celles pour les objets plus épais, à décrire les différents liquides conservateurs et leurs propriétés, et enfin les précautions à prendre pour placer les objets et clore les cellules.
- Nous examinerons ces différents procédés dans l’ordre où nous les avons énoncés.
Pour préparer dans les fluides des objets excessivement petits, il suffit, après les avoir placés sur une lame de glace dans le liquide conservateur, de fixer la lamelle mince sur l’objet. Ce dernier étant recouvert, il suffit de passer légèrement sur les bords de la lamelle mince, à l’aide d’un pinceau, une petite quantité de vernis composé de cire à cacheter dissoute dans l’alcool; on laisse ensuite sécher la préparation, et de la sorte l’objet ne peut s’altérer.
On doit avoir à sa disposition des pinceaux de diverses grosseurs, suivant la quantité de vernis que l’on veut appliquer ; mais en général de très-petits pinceaux suffisent; ceux à monture métallique sont très-solides et commodes.
Le liquide conservateur doit être déposé sur la lame de
PREPARATION UES OBJETS
glace à l’aide d’une petite baguette de verre à bout rnince et arrondi ou effilé. On doit egalement en avoir de divers diamètres.
Le mode de préparation que je viens d’indiquer s’emploie pour des objets excessivement minces, et ceux-là ne sont pas rares, aussi ce moyen est-il fréquemment employé.
Pour fixer les lamelles sur les lames de glace, on peut employer, outre le vernis de cire à cacheter, diverses autres substances. Ainsi la mixtion dont se servent les doreurs (guld size des Anglais) est très-bonne pour cet usage. Le vernis noir français (dit du Japon) peut aussi être ememployé (1), mais on doit préférer à tout, un mélange à parties égales de mixlion des doreurs et de bitume dissous dans l’essence de térébenthine.
Du reste, les cellules que l’on emploie pour les objets de peu d’épaisseur se font avec des substances analogues ou semblables, et qui, conséquemment, peuvent servir pour l’usage dont je viens de parler.
Les cellules destinées à contenir les objets de peu d’épaisseur se font avec un pinceau au moyen des différentes substances que je vais indiquer.
Suivant la forme des objets, la cellule sera faite carrée,
Fig. 148.
(fig. 1 Zi 8) carré long, ovale, circulaire, etc. Dans les trois premiers cas, il suffit d’inscrire légèrement à l’aide d’un
(p Ce utiûs est celui employé pur les carrossiers.
DANS LES FLUIDES
pinceau, aussi correctement, que possible, les bords de la cellule. Il faut avoir soin d’employer un pinceau assez chargé de substances, et d’appliquer plusieurs couches pour obtenir l'épaisseur que l’on désire, autrement les cellules ne sont pas régulières et deviennent impropres à l’usage auquel on les destine.
La cellule formée, onia laisse sécher à l’abri de la poussière ; avec les substances que l’on emploie, la dessiccation s’opère en quelques heures, et quelquefois moins, surtout si l’on agit en été.
Les cellules faites au pinceau doivent toujours avoir peu d’épaisseur, et servir pour des objets très-minces. Du reste, il serait difficile de faire à l’aide du pinceau des cellules d’une certaine épaisseur, qui, au reste, n’auraient aucun avantage.
Pour faire des cellules circulaires (fig. 1Æ9) il faut
Fig. 149.
nécessairement employer un moyen mécanique, afin d’avoir des cellules régulières. A cet effet, on se servira de la
Fig. 150.
tournette imaginée par M. Uelt (fig. 150). La lame est fixée sur un disque de cuivre, qui se meut sur un pivot;
PRÉPARATION DES OBJETS
on place le pinceau sur la lame, suivant le diamètre désiré pour la cellule; on fait mouvoir le disque et l’on obtient une cellule circulaire. Si elle doit être épaisse, on laisse un peu sécher et l’on donne une autre couche.
On pourrait aussi construire une petite machine destinée à faire des cellules ovales; mais comme la régularité complète n’est pas nécessaire, on arrivera, dans la plupart des cas, tà de bons résultats, sans s’aider d’un appareil mécanique.
Voyons maintenant quelles sont les substances que l’on doit employer pour faire les cellules.
En première ligne, nous placerons la mixtion des doreurs, unie h une dissolution de bitume de Judée dans l’essence de térébenthine. Cette dernière solution se fait de la manière suivante. Dans un flacon à large col et d’une contenance deux fois plus grande que la substance à préparer, on introduit du bitume de Judée réduit en poudre; on ajoute ensuite de l’essence de térébenthine. On remue le mélange, puis on laisse digérer deux ou trois jours en ayant soin de remuer de temps en temps à l’aide d’une baguette de verre. On doit obtenir un vernis très-épais, de consistance très-sirupeuse et d’une grande homogénéité.
On ajoute du bitume ou de l’essence pour arriver à ce résultat, car les proportions dépendent de la qualité du bitume. Cette substance est parfois si mauvaise qu’elle ne peut se dissoudre dans l’essence. Le choix du bitume est donc de la plus haute importance. Les mélanges suivants devront être employés pour faire les cellules :
Mixtion des doreurs 1 partie.
Bitume en dissolution 1 —
Ou bien :
Mixtion des doreurs . . 2 —
Bitume 1 —
DANS LES FLUIDES
Au momenl de faire des cellules, on mêle les deux substances dans un petit vase à l’aide d’un bâton de verre. On peut conserver de la substance prête dans un flacon, mais il vaut mieux n’en faire le mélange qu’au moment de s’en servir.
Le vernis copal à l’essence de spic peut aussi être employé pour faire des cellules, après l’avoir laissé évaporer pendant quelque temps, afin de lui donne!’ la consistance désirable pour l’usage auquel on le destine.
Le bitume ou asphalte seul en dissolution dans l’essence de térébenthine peut aussi être employé, ainsi que différentes autres solutions de la même substance que j’ai faites, et qui m’ont donné des résultats très-satisfaisants.
Ainsi, outre la térébenthine, on peut employer, pour dissoudre le bitume :
L’essence île mirbane.
L’huile île naphte.
L’huile de pétrole.
L’huile de schiste,
L’huile de houille.
L’essence de lavande.
Le sulfure de carbone.
L’asphalte en dissolution donne de bons résultats, mais il a l’inconvénient d’être un peu trop sec et de faire des cellules quelquefois trop fragiles. En le mêlant à la mixtion clés doreurs , il devient beaucoup plus facile à employer.
Les diverses solutions de- bitume que je viens d’indiquer luurnissent aussi de bons résultats en les mélangeant à parties égales avec la mixtion.
Parmi les meilleurs dissolvants de l’asphalte, je citerai 1 huile de houille, de naphte, et l’essence de mirbane.
Quant à la térébenthine, j’ai déjà indiqué qu’elle donnait de parfaits résultats.
PRÉPARATION DES ORJETS
J’ai fait de nombreux essais, afin d’arriver à des résultats satisfaisants, et je puis affirmer que les formules que j’ai indiquées donnent de bons effets.
Différents autres mélanges et substances peuvent aussi servir pour faire les cellules. Ainsi le vernis gras, mélangé à parties égales avec la dissolution de bitume, fournit de bonnes cellules.
Le vernis français (dit du Japon), dont j’ai déjà parlé, est parfait employé seul pour les cellules minces.
Mêlé avec la mixtion et le bitume, il donne aussi de bons effets dans la proportion suivante :
Vernis français 2 parties.
Bitume 1 —
Mixtion 1 —
On peut aussi employer, suivant l’idée du docteur Lequoy, une solution de gutta-percha dans le sulfure de carbone.
Le vernis à la glu marine, de madame Audouin, est aussi un produit précieux pour le micrographe. Ce vernis, que l’on doit laisser épaissir à l’air avant de l’employer, peut servir à faire des cellules, à clore les couvercles. 11 a l’immense avantage d’être inaltérable aux divers produits employés.
La gomme laque dissoute dans le naplite fournit aussi un très-bon vernis. On vend ce produit en Angleterre, sous le nom de liquid glue.
Le blanc de plomb ou de zinc, préparés à l’huile, peuvent aussi servir à faire de bonnes cellules. La marche à suivre est la même que pour les autres substances. Seulement, ces cellules ont l’inconvénient d’être longues à sécher. En mêlant au blanc de plomb ou de zinc une petite quantité de litharge et de minium, ori remédie à cet inconvénient;
DANS LES FLUIDES
malgré cela, beaucoup de micrographistes emploient la substance seule.
Ordinairement on emploie la cellule aussitôt faite, et on la clôt à l’aide d’un petit couvercle de glace mince, en appuyant légèrement; on passe ensuite sur les bords de la lamelle et de la cellule une petite quantité d’huile d’amandes douces, afin de boucher les moindres interstices. Si l’on emploie des cellules sèches, on aura soin, avant de s’en servir, de passer sur les bords une petite quantité de blanc de plomb frais, afin de permettre l’adhérence du couvercle. Les cellules doivent être assez grandes pour que l’objet ne vienne pas y toucher : il faut, au contraire, laisser une certaine marge entre les parois de la cellule et l’objet. Cette recommandation s’applique à tous les genres de cellules.
En terminant ces indications, je dirai que les solutions salines ou autres, ne contenant que de faibles proportions d’alcool ou essences, peuvent être contenues dans les cellules faites avec la mixtion des doreurs et ses mélanges.
Pour les solutions plus fortement alcoolisées, on peuL employer le blanc de plomb ou de zinc, et même le bitume dans la térébenthine.
C’est à M. Thwaites, célèbre naturaliste, que l’on doit l’idée de l’emploi de la mixtion des doreurs. Il l’a d’abord indiquée comme devant être employée seule; mais plus tard, ayant reconnu que cette substance séchait trop difficilement, il a spécifié qu’il fallait prendre parties égales en volume de noir de fumée et de litharge, que l’on délaye ensuite dans mixtion et vernis dit du Japon, jusqu’à consistance convenable.
Les procédés que je viens d’indiquer s’emploient pour les cellules de peu d’épaisseur. Pour les cellules épaisses, on coule à chaud de la glu marino sur une lame de glace,
PRÉPARATION DES ORJETS
puis, à l’aide d’un canif, on enlève la substance en excès et l’on pratique dans son épaisseur des cavités destinées à recevoir l’objet et le liquide. Le couvercle se clôt en passant sur les bords de la cellule une petite quantité de mixtion.
C’est à M. Berldcy, célèbre naturaliste, que l’on doit la communication de ce procédé.
Pour les objets plus épais, on emploie des cellules en verre de différentes formes, ainsi que nous allons l’indiquer. Nous décrirons ensuite les moyens à employer pour les fixer sur les lames de glace.
Les cellules (figures 151 et 152) sont formées d’une lame
Fig. 151. Fig. 152.
de glace percée au centre d’une ouverture destinée à recevoir l’objet et le liquide. Ces cellules se font de différentes épaisseurs, grandeurs et ouvertures ; mais en général celles représentées sont les plus employées.
Souvent aussi on les fait très-minces, et, dans ce cas, elles sont très-avantageuses pour la préparation d’un grand nombre de tissus et autres objets de même nature qui réclament l’emploi de grossissements assez considérables.
Les figures 153, 15/i, 155 et 156 représentent d’autres cellules obtenues au moyen de sections faites dans des tubes de différentes formes. Ces cellules se font ordinairement plus épaisses et s’emploient pour les objets opaques, les injections, etc.
DANS LES FLUIDES
Ces tubes-cellules sont représentés de grandeur naturelle par les figures; mais, suivant l’emploi, ces dimensions peuvent varier. Leur usage est très-répandu, et ils rendent de grands services.
C’est le savant le Baillif qui employa le premier des tubes-cellules.
On peut encore employer des cellules faites au moyen de lames de glace épaisses percées de trous de différentes ouvertures.
D’après Quekett, c’est à M. Goadby que l’on doit l’idée de ces cellules. Il les emploie en glace polie, de sorte que, lorsqu’elles sont collées sur une lame de glace avec le baume du Canada ou autres substances transparentes, on peut en faire usage avec le miroir de Lieberkhün.
Si l’on veut préparer des objets d’assez grandes dimensions, on se servira de cellules formées de plaques de glace collées et réunies ensemble sur une lame de la même substance et de grandeur appropriée. Cette construction per-
Fig. 153.
Fig.' 154.
Fig. 155.
Fig. 156.
*"00 PRÉPARATION DES OR.IETS
met d’obtenir des cellules de toutes les épaisseurs et dimensions.
Les lames de glace portant une ou plusieurs concavités faisant cellule sont impropres à la préparation des objets, la forme concave, ainsi que je l’ai déjà indiqué, nuisant à l’effet du microscope.
Maintenant que nous connaissons les différentes formes de cellules, voyons comment on les fixe sur les lames de glace.
Les cellules minces pourront être collées sur les lames par l’emploi des substances que j’ai indiquées pour faire les cellules au pinceau. Ainsi la mixtion des doreurs et ses mélanges, les dissolutions d’asphalte, le vernis français, celui de copal à l’essence de spic, la mixtion additionnée de litharge, de minium, le vernis à l’essence de spic et l’asphalte à parties égales, etc., peuvent parfaitement servir à cet usage. On peut aussi employer un excellent vernis à la glu marine qui se trouve dans le commerce et dont j’ai déjà parlé.
Dans ce cas, une quantité convenable de substance étant appliquée au pinceau sur une des faces de la cellule, il ne reste plus qu’à la fixer sur la lame de glace en pressant légèrement; on laisse ensuite sécher, puis on nettoie avec précaution la cellule avec de l’essence de térébenthine et l’on termine avec de l’alcool.
Les cellules épaisses, telles que les tubes-cellules, et même celles minces, peuvent aussi être fixées au moyen de la chaleur avec le baume du Canada ou la glu marine. Ce moyen de collage des cellules est le plus parfait, car il donne une entière solidité. J’indiquerai d’ailleurs comment on doit employer la glu marine.
Cette substance, composée de naphte, laque et caoutchouc, fond à une température peu élevée lorsqu’elle est
DANS LES FLUIDES
bien préparée. Son usage est parfait, et je ne saurais trop insister sur son emploi.
On prend une plaque de cuivre peu épaisse, sur laque on pose la cellule et la lame de glace. Sur celte dernière on place un fragment de glu marine. Tenant alors la plaque de cuivre au moyen d’une pince plate, on chauffe à l’aide d’une lampe à alcool, et l’on ne tarde pas à voir la substance se liquéfier; on prend alors la cellule avec des pinces et on la place sur la lame de glace. Cela fait, ayant retiré celte dernière de la plaque de cuivre, on la pose sur une table et on appuie sur la cellule de façon à faire adhérer complètement; on peut se servir d’une petite plaque de bois ou autre moyen pour presser sur la cellule. La lame de glace étant refroidie, la glu marine est solidifiée et la cellule fixée, il ne reste plus qu’à la nettoyer; pour cela, on enlève d’abord avec un vieux canif ou avec un petit instrument ad hoc l’excès de glu marine, puis on termine le nettoyage à l’aide d’une solution de potasse, et aussi avec de l’alcool.
Pour coller les cellules au moyen du baume de Canada, on opère comme pour la glu marine, seulement on chauffe le baume comme si l’on devait faire une préparation. (Voyez Préparation au baume du Canada.) A ce moment, on y applique la cellule et on continue l’opération comme avec la glu marine.
Le nettoyage se fait à l’aide d’un canif, et se termine à l’aide d’alcool.
Les linges que l’on emploie pour terminer le nettoyage des lames et des cellules doivent être, autant que possible, de fine batiste de fil.
On peut remplacer avantageusement la plaque de cuivre qui sert a chauffer les lames de verre par le bain-marie que j ai décrit en parlant des préparations au baume du
302 PRÉPARATION DES 01JJETS
Canada. Dans cet appareil, on peut supprimer le bainînarie et avoir alors une labié de cuivre à trépied, fort utile pour l’emploi désigné précédemment.
Inutile de dire, en terminant, que l 'on doit toujours avoir un certain nombre de cellules de tous genres préparées d'avance , afin de ne pas se trouver embarrassé lorsqu’on veut préparer un objet intéressant. Mais un objet peut, étant obtenu, être préparé de suite en le circonscrivant par une cellule, et le préparant comme nous l’avons dit.
Les cellules collées au moyen de la glu marine peuvent contenir l’essence de térébenthine, l’huile de naphte, etc., substances précieuses pour la conservation de certains objets. Quant à celles collées au moyen du baume du Canada, elles servent à contenir les solutions salines. Pour celles fixées au moyen des vernis, j’ai déjà indiqué les substances qui peuvent s’employer suivant l’espèce de vernis dont on se sert.
La figure 157 représente une cellule de verre avec fond, on s’en sert pour préparer les objets opaques. Ces cellules, moulées d’une seule pièce, présentent un espace destiné à recevoir la lamellecouvercle.
D’après l’ordre énoncé au commencement de ce chapitre, il nous reste maintenant à indiquer les différents liquides conservateurs et leurs propriétés. Les liquides que nous allons indiquer sont généralement employés par les micrographistes.
Solution nquénMC de «lilorul'C de sodium»
Cette solution peut s'employer dans les proportions suivantes :
Chlorure de sodium» 1 gtaimne.
Isau distillée; »...».. ; . 10 —
Fig. 157.
dans les fluides.
Beaucoup de substances animales et végétales se conservent clans cette solution; on peut y ajouter une petite quantité de solution aqueuse de camphre. M. Quekett nous apprend que M. Cooper ajoute une petite quantité d acide acétique à cette solution ; de la sorte, elle peut, suivant lui, conserver la couleur des tissus.
Dans le but d’empêcher la formation des conferves, M. Quekett ajoute à la solution aqueuse de chlorure de sodium quelques gouttes de créosote. M. Strauss emploie la solution suivante :
Eau 5 grammes.
Chlorure de sodium 1 —
M. Quekett :
Eau 1 once.
Chlorure de sodium . 5 grains.
La solution de chlorure de sodium peut donner de trèsbons effets dans un grand nombre de cas.
Eau camphrée.
Ce liquide peut conserver la plupart des tissus végétaux et animaux.
Eau et alcool.
L’alcool est le préservatif par excellence, mais il a l’inconvénient de décolorer un grand nombre de corps et de contracter les parties molles; cependant, dans certains cas, il peut rendre de grands services. M. Strauss indique l’alcool cà 22 degrés comme pouvant être employé. M. Quekett emploie un mélange de 1 partie d’alcool dans 5 parties d’eau distillée;
PRÉPARATION DES OBJETS
Acétate (l'alumine.
Ce sel, proposé par M. Cannai, pour prévenir la décomposition, peut être employé à la dose de 1 gramme sur 10 d’eau distillée. Il peut conserver les chairs et quelquefois la couleur, mais, ainsi que l’a remarqué M. Strauss, il détruit les substances calcaires.
Sulfntc «l'iiluminc et «le iiotuüüc (alun «lu commerce).
M. Strauss a indiqué que ce liquide détruisait les substances calcaires, mais qu’il avait l’avantage de conserver la mollesse des chairs, ainsi que les couleurs, surtout celles des muscles, et aussi les tendons, les aponévroses, les membranes séreuses, la graisse, le tissu cellulaire. Ce sel peut donc être employé avec avantage.
Les proportions indiquées par M. Strauss sont les suivantes :
Alun 1 gramme.
Eau distillée 16 —
Solution aqueuse «le aultatc «le peroxy«le «le fer.
Ce sel a la propriété de conserver les parties molles; il s’emploie à la dose de 1 gramme sur 100 d’eau distillée.
Solutiou aqueuse «le «leuto-elilorure «le mercure (sublimé corrosif).
Le sublimé corrosif peut s’employer à la dose de 1 gramme sur 50 d’eau distillée ; il peut conserver toutes les parties ne contenant pas d’albumine, cette dernière substance neutralisant le deuto-chlorure de mercure. En résumé, on peut retirer de grands avantages par l’emploi de ce sel.
DANS LES FLUIDES
Solution niiueuMC <lc «ilfnlc il» *fnc.
Les proportions indiquées par M. Strauss sont les sui-
vantes :
Sulfate de zinc 14
Eau distillée 10
Suivantlui, il conserve très-bien la fibre musculaire, les téguments, la substance cérébrale, etc.
Dans les proportions de 1 dixième du poids de l’eau, il peut aussi très-bien conserver les mêmes objets.
Une propriété remarquable de cette solution a été indiquée par M. Strauss. Il a remarqué que tous les organes des larves d’insectes (chenilles), à l’exception des téguments, se détruisent en quelques jours dans cette substance, tandis que les organes des insectes parfaits se conserventtrès-bien. En effet, les muscles des insectes parfaits conservent leur souplesse naturelle, les trachées deviennent d’un blanc crayeux, ce qui les rend faciles à distinguer des autres organes; les viscères se conservent très-bien, etc.
Solution luiucusc d'hydrochlorute d'niuiitoniit<|tic.
Ce sel s’emploie dans la proportion de :
Hydroclilovatc 1 gramme.
Eau distillée 10 —
11 peut conserver très-bien la chair des mammifères, mais il détruit celle des insectes parfaits. On peut ajouter un peu de camphre à la solution du chlorhydrate d’ammoniaque.
t'hlorurc de calcium, sulfate de Notule, chlorure de zinc.
Le chlorure de calcium desséché <\ la dose de 1 gramme sur 3 d’eau distillée (Schacht)ou de 1 gramme sur 5 d’eau
AK! 111 R CHEVALIER
PRÉPARATION DES OBJETS
distillée (Strauss) peut aussi servir à conserver la chair des mammifères. Ce produit est parfait pour les tissus végétaux, et nous ne saurions trop le recommander.
Nitrate de chaux.
Un gramme de ce sel, dissous dans 5 grammes d'eau distillée, donne une solution qui conserve fort bien la fibre musculaire. Dans toutes les solutions, on doit, autant que possible, remplacer l’eau simple par l’eau camphrée.
Chlorure de *inc, sulfate de soude.
Ces sels s’emploient comme le précédent.
Carbonate de potasse.
Un gramme de ce sel dans 50 grammes d’eau donne une solution excellente pour conserver les cellules nerveuses.
Arséniatc de potasse.
Eau 250 grammes.
Arséniate de potasse 1 —
Cette solution s’emploie comme la précédente.
Ciiciuidc de itl. («oadliy.
M. Goadby a indiqué dans le Microscopie Journal la solution suivante :
Sel marin Alun. . . .
Sublimé corrosif ; . . . . A grains.
Eau ..... 2 pintes (quart).
* ù onces; ; 9
Suivant M. Thwaites* cette solution est parfaite pour la
DANS LES FLUIDES
conservation des algues marines. Celle solution peut aussi servir pour les préparations animales.
M. Qnekelt , dans son Traité du microscope , indique aussi différentes solutions, qui peuvent être employées pour la conservation des préparations animales et végétales. Ces liqueurs sont les suivantes :
Eau 6 quarts-
Sel marin 3 pounds.
Sublime 1 grains.
Ou bien :
Acide arsénieux
Sel
Eau
2 drachmes.
3 pounds.
6 quarts.
Pour dissoudre l’arsenic, il doit être chauffé dans une partie de l’eau employée.
Créosote.
M. Thwaites a indiqué la composition d’un liquide qui peut conserver parfaitement les algues, en laissant intact l’endochrome. Ce liquide peut aussi être employé pour les autres préparations végétales et pour une foule d’objets provenant des tissus animaux.
Je recommanderai d’une manière toute particulière le liquide de M. Thwaites, car il est parfait et peut rendre d’immenses services.
Sa composition est la suivante :
On prend IZi grammes d’eau distillée, à laquelle on ajoute 1 gramme d’alcool, et l’on sature ensuite ce liquide de créosote. On agile et on laisse reposer quelques jours.
La solution terminée, on filtre au papier, ou, comme l’indique M. Thwaites, à travers de la craie lévigée.
l'KEI'AHATlUN DES OBJETS
J’ai obtenu de bons effets en filtrant seulement au pallier, ou en déposant sur le filtre une petite quantité de kaolin épuré.
La liqueur obtenue est incolore et doit être conservée dans des flacons parfaitement bouchés.
M. Quekelt ajoute que l’on peut mélanger le liquide de M. Thwai tes avec de l’eau saturée de camphre. Ce mélange se lait à parties égales.
Je n’ai pas essayé celte dernière solution qui doil, du reste, donner de bons effets.
Glycérine.
C’est à M. Warington que l’on doit l’idée de l’emploi de celle substance. Suivant lui, elle conserve très-bien la couleur verte des infusoires, et aussi les tissus végétaux et animaux.
On l’emploie dans les proportions suivantes :
Glycérine 1 partie.
Eau distillée 2 —
Pour les coupes d’os, de dents, etc., on peut employer:
Gljcérinc 1 partie.
Solution aqueuse de chlorure ou
nitrate de calcium à 10 p. 100. 2 —
Un excellent mélange est celui de gomme et de glycérine. Il s’emploie pour les tissus animaux et végétaux. Voici les meilleures proportions :
Solution épaisse de gomme 4 parties.
Eau 4 —
Glycérine 2 —
La glycérine pure doit se dissoudre complètement dans l’alcool acidulé par l’acide sulfurique.
DANS LES FLUIDES
La meilleure glycérine est celle anglaise de Conor.
La glycérine est précieuse en raison de son peu de réfringence.
nulle (le i-lcin, eNacncc (le citron, bulle lino.
M. Warington a aussi indiqué que l’on pouvait employer pour les crustacés, les petits champignons, les insectes parasites, V huile de ricin ( castor oil) rectifiée. Pour les pollens, l’essence de citron réussit bien, mais l’huile blanche non fîgeable des horlogers est le liquide le plus parfait pour cet usage.
Naphte.
M. Quekett a remarqué que le naphte, employé dans les proportions de 1 gramme de naphte sur 8 d’eau distillée, conservait parfaitement les substances animales. Celte remarque est fort juste, et ce liquide donne d’excellents résultats. J’ai toujours considéré le naphte comme une excellente substance, et je ne doute pas que, substitué à la créosote, dans le liquide de M. Thwaites, il ne produise des résultats égaux, sinon meilleurs.
Silicate de potag»e.
Le vernis au silicate de potasse est un excellent milieu pour préparer les objets. On met la pièce humectée d’eau sur le porte-objet ; on y laisse tomber une goutte de silicate, puis on applique la lamelle. — Au bout d’une demiheure, le produit est solidifié. Le pouvoir réfringent du verre soluble est aussi faible que celui de l’eau; les objets préparés ont donc le plus bel aspect. — Les parties Cornées, les nerfs, muscles, le tissu de la rétine, se conservent dans celle subslance.
PRÉPARATION DES OBJETS
llydrochlorntc il« soude, ncidc arsénieux, sublime corrosif. — Protoclilorurc de mercure.
Je dois à l’obligeance de M. le docteur Lequoy les formules qui vont suivre. Celle du docteur Pacini surtout donne des résultats parfaits. Ce liquide doit donc être employé exclusivement.
Pour les parties molles en général :
Hydrochlorate de soude 1 gramme.
Alun 40 centigr.
Sublimé corrosif 2 —
Eau distillée 20 grammes.
Pour les parties très-molles :
Alun
Acide arsénieux
Eau distillée
2 grammes.
1 centigr.
10 grammes.
Pour les parties nerveuses :
Hydrochlorate de soude 1 gramme.
Sublimé corrosif 1 centigr.
Acide arsénieux 1 —
Eau 10 grammes.
Liqueur du docteur Paciui pour les globules sanguins, nerfs, ganglions, rétine, etc.
Protochlorure de mercure 1 gramme.
Chlorure de sodium 2 —
Glycérine blanche, 25° 13 —
Eau distillée 113 —
Liquide de itl. Arthur Etoffe pour les mollusques.
10 grammes.
Sel de Bayonne .
Alun ammoniacal Eau liltréc
DANS LES FLUIDES
Filtrez et ajoutez :
Iodure de potassium 1 centigr.
Bichlorurc de mercure 5 milligr.
Eau 5 grammes.
I.iquide ilu docteur Follin, pour In rétine préalablement durcie
Bichromate de potasse 10 grammes,
Sulfate de soude 2 —
Eau 380 —
Solution aqueuse d’acide chromique.
L’acide chromique, dissous dans l’eau jusqu’à la teinte jaune paille, peut être employé pour conserver les objets délicats, et peut aussi servir pour l’étude et la conservation des liquides vitreux de l’œil. C’est M. Warington qui a indiqué l’emploi de l’acide chromique pour l’usage que nous venons d’indiquer.
Procédé de conservation du docteur Morel (de Strasbourg;).
M. le docteur Morel dans son savant Traité cT histologie indique l’eau sucrée de consistance sirupeuse, pour conserver les éléments anatomiques. On en fait avec l’eau distillée, et l’on a soin d’ajouter quelques gouttes d’alcool pour éviter la formation des sporules. Ce liquide conserve indéfiniment les glandes, la cornée, l’ovaire, la peau, etc. C’est donc un précieux moyen, facile à employer. Nous pensons que pour les tissus végétaux, ce liquide donnerait d’excellents résultats.
Formules diverses du docteur Ordoîîex.
M. le docteur Ordoüez, savant histologiste qui excelle dans l’art de préparer les objets, a bien voulu nous corn-
312 PRÉPARATION DF.S OBJETS
muniquer les formules suivantes. C’est une bonne fortune pour les micrographes :
Glycérine blanche
Eau distillée
Tannin
Filtrez.
Ce liquide est très-utile pour les préparations de peau ou de glandes. Au bout d’un certain temps, les éléments anatomiques prennent une coloration marron plus ou moins foncée; mais cette circonstance, loin d’être un inconvénient, facilite l’étude des détails.
Glycérine pure 5 grammes.
Eau distillée 15 —
Eau camphrée 5 —
Acide acétique 5 gouttes.
Filtrez et conservez dans des flacons bien bouchés.
25 grammes.
50 centigr.
Ce liquide est très-bon pour les préparations de cartilages, de peau, de nerfs, d’entozoaires, etc.
Eau distillée 15 grammes.
Alcool rectifié créosoté 1 —
Eau de chaux 1 —
Glycérine pure 5 —
Eau camphrée 15 —
Filtrez.
Avec ce liquide, on peut préparer le tissu fibreux, les
muscles, les capillaires.
Eau distillée 25 grammes.
Glycérine 1 —
Alcool rectifié 1 —
Solution de sublimé (bicblorure
de mercure) au 10e 1 0 gouttes.
Filtrez.
DANS LES FLUIDES
Avec ce liquide, on peut préparer la plupart des tissus, des glandes, nerfs, etc. Il sert aussi pour les produits pathologiques.
Eau distillée 20 grammes.
Acétate d’alumine 1 —
Filtrez.
Pour le montage des tissus, précédemment colorés par la solution de carmin et pour les algues colorées.
Eau distillée 25 grammes.
Acide arsénieux '. 5 centigr.
Faites bouillir et filtrez. Ajoutez :
Eau distillée légèrement camphrée 50 grammes.
Pour la préparation de la plupart des tissus.
Eau distillée 25 grammes.
Alcool créosotée 1 —
Filtrez.
Pour les préparations du tissu musculaire, pour les tendons, les cartilages.
Eau distillée 20 grammes.
Chlorure de sodium 5 centigr.
Eau camphrée I gramme.
Filtrez.
Pour la préparation des épithéliums, des cellules nerveuses.
Eau distillée 25 grammes.
Glycérine blanche I —
Solution aqueuse d’acide chro-
mique 1
Eau camphrée 5 —
Filtrez.
PREPARATION DES OBJETS
Ce liquide sert indifféremment pour la préparation de la plupart des tissus.
I.i<iui(le «le lluntzcli, |>«il>llé par J. Huile (tic Di'csile).
Les parties s’entendent au poids. Ce liquide conserve parfaitement les algues vertes, et est employé généralement en Allemagne.
Toutes les solutions que nous venons d’indiquer seront soigneusement filtrées et conservées dans des flacons parfaitement bouchés. On comprend aisément l’importance de la parfaite pureté de ces solutions.
11 y a encore bien des recherches à faire, bien des essais pour trouver des liquides conservateurs parfaits; les micrographes peuvent donc se mettre à l’œuvre. Parmi les sels, les huiles, etc., il y a bien des substances qui n’ont pas encore été essayées et qui peuvent donner de bons résultats. Nous pensons que les essences aromatiques, telles que celles de girofle, de cannelle, etc., pourraient être utilement employées.
J’ai essayé aussi deux sirops incristallisables, qui conservent très-bien les substances végétales.
Ces sirops sont ceux de blé et de fécule; on les dissout dans l’eau distillée, et ils font deux bons liquides pouvant servir dans un grand nombre de cas.
Je terminerai ici la nomenclature des liquides conservateurs. Nous allons maintenant indiquer les moyens de les placer dans les cellules avec les objets.
Les moyens que l’on doit employer pour clore les cellules sont les suivants :
Après avoir parfaitement nettoyé la cellule, à l’aide d’un
Esprit (à 90 p. 100 et très-clair).
Eau distillée
Glycérine
3 parties.
DANS LES FLUIDES
linge de toile fine et d’un peu d’alcool, on y dépose une quantité de liquide conservateur en rapport avec la capacité de la cellule. Le liquide est déposé à l’aide d’un petit bâton de verre, ou encore avec un petit tube semblable à ceux dont on se sert pour les infusoires.
L’objet, que l’on a laissé quelques instants séjourner dans le liquide conservateur analogue à celui qui est dans la cellule, est déposé dans cette dernière, puis étalé soigneusement, à l’aide d’aiguilles emmanchées ou autres instruments.
Gela fait, il ne reste plus qu’à clore la cellule.
Pour cette opération, on passe légèrement, à l’aide d’un petit pinceau, sur les bords de ladite, une petite quantité de mixtion des doreurs mélangée à parties égales avec la dissolution de bitume dans l’essence (pour les cellules au pinceau ou en verre, on agit de même), en ayant soin de ne pas déposer de cette substance dans le liquide conservateur qui se troublerait et rendrait la préparation impure.
On doit prendre les plus grandes précautions en faisant l’opération que je viens d’indiquer.
La mixtion des doreurs peut être remplacée avec avantage par le vernis français, on par un mélange à parties égales de ces deux substances.
Le petit couvercle en glace mince, rond ou carré, suivant la préparation, est alors posé sur la cellule par un de ses côtés, puis abattu ensuite. On appuie alors très-légèrement, et si l’on a bien agi, on n’enferme pas de bulles d’air dans le liquide.
Si quelques gouttes de liquide sortent par les bords de la lamelle, on les enlève avec un peu de papier buvard, puis on laisse sécher la préparation pendant un jour ou deux.
PRÉPARATION DES OBJETS
La préparation sèche, on passe sur les bords de la lamelle, et avec précaution, une petite quantité des substances déjà indiquées, soit mixtion, vernis, etc., puis on laisse complètement sécher. On nettoie ensuite l’espace transparent du couvercle, et la préparation est terminée.
Ce mode de préparation est plutôt minutieux que difficile. Ainsi, il faut prendre garde de ne pas mettre trop de liquide dans la cellule, et, dans ce cas, l’enlever avec de petits morceaux de papier buvard; ensuite on devra prendre les plus grandes précautions lorsque l’on appliquera le couvercle. Le reste des manipulations est aussi simple que facile.
Les préparations dans les fluides offrent le plus bel aspect, et l’on est grandement récompensé de ses petites peines, quand on a fait une préparation d’un objet curieux, que l’on peut considérer à loisir, sans craindre qu’il ne s’altère. C’est un vif plaisir pour un micrographiste de pouvoir, à tous moments, lire un mot de la grande page de la nature !
Addition.
Je signalerai ici un nouveau composé qui donne d’assez bons résultats pour la préparation des navicules et autres objets très-délicats. Voici la formule de ce composé :
Dans 30 grammes de chloroforme on fait dissoudre 1 gramme de caoutchouc naturel. Lorsque la dissolution est opérée, on ajoute du mastic en larmes jusqu’à consistance sirupeuse ou demi-sirupeuse.
On peut avoir deux solutions dans les conditions que je viens d’énoncer, pour les employer suivant la nature des objets.
Pour faire usage dp celle substance on en dépose une
DAMS LES FLUIDES.
gouttelette sur une lame de glace, puis on place l’objet, que l’on recouvrira d’une lamelle mince, sur laquelle on appuiera légèrement. On laisse sécher un jour, puis on passe sur les bords de la lame une petite couche des vernis que j’ai déjà indiqués pour cet usage.
Le mélange de chloroforme, mastic et caoutchouc, avait été indiqué dans d’autres proportions par M. Lender (de Philadelphie).
Les préparations laites avec la solution que je viens d’indiquer sont inaltérables et d’une transparence parfaite.
-l’indiquerai ici un nécessaire pour les préparations et expériences microscropiques, dont le prix minime peut en populariser l’usage. Une boîte de bois, fermant à clef, contient : une cuve de porcelaine, douze lames, douze lamelles, douze pinceaux, un flacon rodé contenant du baume, une lampe à alcool, un bain-marie, quatre pots de porcelaine, une cloche de verre à support rodé, quatre baguettes, une pince de bois, deux entonnoirs, deux tubes de verre, une mesure graduée, deux verres de montre, dix-huit flacons contenant : huile de naphte, alcool, copal, mixtion, bitume, créosote, sulfate de zinc, glycérine, acide chromique, acide acétique, soude caustique, éther, acides nitrique, chlorhydrique, sulfurique, teinture d’iode, potasse, ammoniaque.
Afin de rendre tout à fait complet ce nécessaire, on peut y ajouter une tournelte, une presse à dessécher, de la glu marine, des tubes-cellules.
Ce nécessaire est le complément indispensable du microscope et le vade-mecum du micrographe.
Je terminerai ce chapitre en transcrivant les ingénieux procédés dont se sert M. Belleroche (d’Anvers), pour la préparation des objets.
ai s
PRÉPARATION DES OBJETS
Pour la solution de chlorure de calcium, je crois que le mélange que vous indiquez est trop faible, soit :
Calcium 1 gramme.
Eau distillée 5 —
La solution indiquée par le professeur Schacht se compose de :
Calcium 1 partie.
Eau distillée 3
et c’est celle dont je me sers avec succès, sans altérer la couleur des coupes végétales, les diatomées vivantes, les mousses, les algues, les jungermanniées et autres hépatiques, etc., etc. Il est vrai que les clostéries et les desmidiées changent leur couleur vert intense en olive tendre, mais j’ai pu remarquer que les autres liquides produisent le même effet sur ces objets microscopiques.
Je crois que le mélange ci-dessus mentionné offre aussi la densité nécessaire pour empêcher le développement inattendu et fort contrariant de certaines mucédinées. Et encore, malgré la proportion astringente de 1 à 3, j’ai découvert que le Pénicillium glaucum s’y développe parfaitement, quoique privé d’air et de lumière. C’est le cas de rappeler qu’il faut éloigner de la table cà préparation toute matière moisissante. Au moment de préparer un cyclope au chlorure de calcium, j’avais oublié, à ma portée, une tranche de citron moisie, et je me suis aperçu, plusieurs semaines plus lard, que mon cyclope portait sur la nuque une superbe houppe de Pénicillium , trop belle en vérité pour être dérangée. Il y a plus, au fond même de la fiole contenant le liquide, il se forma une foule de touffes de Pénicillium aux filaments droits, ramifiés et argentés, et je me vis forcé de jeter contenant et contenu pour me débarrasser de cette lèpre.
DANS LES FLUIDES
Avec la méthode dont je me sers pour faire mes préparations liquides (toujours avec le couvre-objet caiié), je n’emploie d’autres outils qui une pince en métal, poui ne pas toucher au couvre-objet avec les doigts apiès 1 avoii essuyé, un scalpel excessivement mince au bout pour soulever s’il y a lieu le couvre-objet., un pinceau assez fin pour l’emploi du vernis, et du papier buvard pour enlever du porte-objet l’excès de liquide.
Je trace sur le porte-objet, avec du vernis noir, deux bandes parallèles dans le sens de la longueur, et un peu plus longues que le couvre-objet, ayant égard aussi à sa largeur, comme dans la figure 158.
Fig. 158.
Vous remarquerez, monsieur, que je laisse ouverts les deux bouts ; l’épaisseur de l’objet à préparer détermine le nombre de couches de vernis à superposer pour arriver à l’élévation requise, il est rare que cela dépasse trois couches (qui m’ont suffi pour la plupart des mousses, hépatiques et algues des charmants fascicules de Wagner). Une plus forte épaisseur exclurait l’usage de certains objectifs nécessaires cependant pour divers détails dans des objets qui n’exigent dans leur ensemble qu’un faible grossissement. Enfin, cette épaisseur n’empêche jamais de fermer les deux bouts après la pose du couvre-objet;
Avant d’employer le porte-objet, je rafraîchis la surface du vernis par une dernière et très-mince couche de même substance; pour assurer l’adhésion, je dépose entre les
PREPARATION UES OBJETS
deux bandes une assez grosse goutte de liquide, ensuite l’objet à préparer, donnant à ce dernier le temps de s’imbiber, puis je laisse tomber le couvre-objet à plat sur le liquide, ayant reconnu que c’est le meilleur moyen pour chasser l’air qui pourrait s’arrêter sans cela dans la préparation. Le couvre-objet étant fixé par la pression nécessaire, j’ajoute du liquide (s’il en manque), par capillarité, et si le liquide déborde par l’un des deux bouts, ou par tous les deux, j’enlcve l’excédant au moyen du papier buvard. Le liquide étant parfaitement concentré entre les deux verres, et le pourtour convenablement séché, je ferme les deux bouts au pinceau, et achève le premier encadrement au vernis, et le lendemain, lorsque cet encadrement est sec, j’en applique un second pour terminer la préparation, en donnant au vernis une épaisseur suffisante pour l’égaliser partout, et achever nettement les contours.
Si le travail a été bien fait il n’v aura pas d’air, mais si, par trop de précipitation on a mal opéré, et s’il reste un peu d’air on soulève lentement le couvre-objet à l’aide du scalpel par le bout le plus rapproché du globule, et après avoir dégagé l’air on ajoute autant de liquide qu’on peut en faire absorber, mais par le bout opposé , pour ne pas risquer d’avoir d’autres globules par engorgement. On comprend qu’il faut exercer dans ce cas une nouvelle pression, et recourir à l’usage du papier buvard.
La glycérine, traitée de la même manière, offre cependant un peu plus de difficultés, car, ce qui déborde sur le porte-objet ne s’enlève pas si facilement que la solution de calcium, et si la siccité n’est pas parfaite le vernis n’adhère pas au verre.
Le vernis noir dont je vous ai parlé, et dont je me sers pour mes préparations, est celui qui est particulièrement recommandé par le professeur Schacht pour son inal-
DANS LES FLUIDES
tcrable durabilité, ce vernis se nomme en allemand Schwarzer maskenlack, n° 3, et se fabrique par Beseler, Schützenstrasse, n° 66, à Berlin; mais on en fabrique, je crois, partout, et celui d’Anvers ne laisse rien à désirer.
Les Hollandais l’appellent vuur lak (littéralement, vernis au feu), parce qu’il s’emploie par les poêliers pour vernir le tôle à chaud. Il a l’avantage de ne jamais se fendiller, de ne pas devenir collant ou mou en été, et surtout de sécher promptement sans contractions; je possède une fiole de bitume de Judée , mais je n’ose assurer que son emploi soit aussi satisfaisant. On doit laisser sécher les préparations au vernis dans une position horizontale pendant une huitaine de jours, avant de les poser 'sur champ dans les boites.
Schacht recommande d’avoir deux pots de vernis, l’un contenant du vernis assez liquide pour former à une trèsfaible épaisseur d’abord, les deux premières raies parallèles sur le porte-objet, l’autre avec du vernis plus ou moins évaporé et d’une consistance plus convenable, par son épaisseur, pour la fermeture des deux bouts du couvreobjel, comme aussi pour achever l’encadrement extérieur.
Quand j’ai dit que je laisse tomber le verre mince à plat sur le porte-objet, je ne me suis peut-être pas assez expliqué. Pour ne pas toucher à la surface du verre mince, je le saisis avec les ongles de l’index et du pouce et ne le laisse échapper qu’après l’avoir rapproché le plus possible du liquide sans toucher au vernis. Dans les préparations à la glycérine, il faut très-peu de ce liquide avant de poser le verre carré, il suffit que l’objet soit seulement bien couvert et entouré de liquide, pour qu’il n’y ait aucun débordement, parce qu’il est facile ensuite d’introduire entre les deux verres la quantité de glycérine nécessaire pour former le plein, et que ce qui déborde s’enlève moins facile-
ARTHUR CHEVALIER
PRÉPARATION DES OBJETS
ment que le calcium. Dans les préparations au calcium, il peut y avoir une plus grande quantité de liquide, bien entendu quand l’objet ne forme qu’une seule pièce, telle qu’une tranche végétale ; car si la préparation se compose de plusieurs particules susceptibles de se diviser et de s’éparpiller, comme le pollen des fleurs, etc., trop de liquide occasionnerait la dispersion. Donc, dans ce dernier cas, il faut en agir comme avec la glycérine.
Ce n’est pas toujours chose facile que de compléter la quantité de liquide entre les deux verres, par capillarité; si, par suite du travail préliminaire, il n’est plusàcraindre que l’objet, déjà noyé dans le liquide, soit en contact immédiat avec des globules d’air, il n’est pas moins possible que pendant l’infiltration il se forme des lacunes à l’entour de l’objet, contrariété qui oblige de soulever un bout du couvercle, ce qu’on doit toujours tâcher d’éviter; on y parvient en faisant attention à ce que le liquide juxtaposé pour l’absorption soit en très-petite quantité en une fois, et par une fréquente répétition; ensuite à ce que la juxtaposition se fasse à un point quelconque des deux extrémités où le liquide touche au bord du verre carré. Mon dessin (fig. 159) en donnera une idée exacte. On vient de poser
Fig. 159.
le couvre-objetj et d’exercer la pression nécessaire pour âssurerl’adhésion, les bouts C et D sont encore ouverts, B représente le vide qui reste à remplir, A est le liquide dont l’objet est parfaitement entouré, il touche au bord
DANS LES FLUIDES
en C. C’est donc là qu’il faut déposer successivement et jusqu’à satiété, des gouttes de liquide pour l’absorption.
La réussite est bien plus certaine si, avant d’appliquer le couvre-objet, on a eu soin d’étendre le liquide au milieu entre les deux bandes de vernis, pour qu’il touche à ces bandes; alors les lacunes ne peuvent plus se présenter qu’à la droite et à la gauche, et par l’application du liquide supplémentaire à l’un des deux bouts, on effectue l’expulsion directe de l’air au bout opposé et son rempiacement par la glycérine ou le calcium, tandis que le plein s’opère également du côté du dépôt, et il n’y a plus qu’à sécher au moyen du papier brouillard.
C’est un point très-important de donner autant de liquide que les verres peuvent en absorber, et en accordant le temps nécessaire pour la parfaite absorption, jusqu’à satiété , comme je l’ai déjà dit, parce que, si on négligeait cette précaution , le vernis appliqué ensuite aux deux bouts passerait en partie entre les deux verres et gâterait l’aspect de la préparation.
Le vernis reste forcément en dehors, surtout s’il est assez consistant, quand aucun vide n’existe entre les deux verres.
L’étendue de ces remarques peut vous sembler puérile; mais si l’étudiant n’y a pas égard, il peut éprouver assez de contrariétés pour douter de la méthode, si facile cependant après un peu de pratique, à part la seule difficulté de quelque importance dont j’ai eu l’honneur de vous parler. D’ailleurs, j’explique ici une méthode préconisée par le docteur Schacht déjà assez longtemps avant la publication de son traité, qui a paru en 1863, et dont j’ai eu connaissance par M. Henri Van Heurck, à la suite de son voyage à Bonn.
Vous savez déjà, monsieur, quel en a été l’heureux
PRÉPARATION DES OBJETS
sultat pour moi : une collection d’excellentes préparations au nombre de 1200, en moins de trois années! Certes, ce fait doit être encourageant pour l’étudiant qui désire conserver un souvenir indestructible de ses observations microscopiques, comme pour ceux qui hésitent à faire l’acquisition d’un instrument qui procure tant de vives jouissances.
Qu’on ne s’imagine pas que celte facilité à se faire en peu de temps une riche collection, soit aux dépens des commandes que l’on pourrait passer aux préparateurs en renom ; j’ai la preuve du contraire, car plus on avance, plus on éprouve le désir de posséder aussi une foule d’objets que nous ne savons où aller prendre, ou bien que, les ayant obtenus, nous ne savons pas préparer avec cette exquise perfection qui est le secret de l’artiste. C’est ainsi que j’ajoute annuellement à ma collection 50 à 100 préparations de MM. Bourgogne, dont les tests surtout sont inimitables.
Une des récréations microscopiques les plus attrayantes, à mon avis, est la recherche des algues, des diatomées, etc., qui abondent dans les eaux de presque tous les fossés un peu profonds. La conservation de ces objets aux innombrables formes est d’un attrait irrésistible ; elle procure le moyen de les revoir et de les étudier plus à loisir, de les montrer cà des amis capables de nous en indiquer les noms, ou de les chercher nous-mêmes dans les excellents ouvrages qui existent aujourd’hui et qui, pour la plupart, sont à la portée de toutes les fortunes. Mais il faut convenir que pour la conservation des diatomées, peu de personnes auront la patience de s’y prendre comme il faut pour les avoir d’une propreté irréprochable. En effet, quelle patience ne faut-il pas pour les extraire de la goutte d’eau plus ou moins trouble, pour les laver dans de l’eau dis-
DANS LES FLUIDES
tillée, les reprendre une à une après les avoir fait sécher, tout cela à l’aide du microscope simple cl d’un pinceau très-fin.
J’ai fait environ 150 préparations de diatomées, de closteries, de desmidiées, etc., etc., par un procédé beaucoup plus simple et satisfaisant, c’est-à-dire en faisant abnégation de l’élégance.
Parmi ces objets, il y en a d’une telle petitesse que je les aurais infailliblement perdus si j’avais eu la prétention de suivre la route ordinaire, en passant par toutes les manipulations. Tels sont les Pediastrum Napokonis , les Syncrypta volvox, et d’autres volvociens à tous les degrés de développement, les clostéries, qui se déforment au moindre contact, les monades, et enfin les diatomées proprement dites, d’une telle ténuité que l’estomac d’un Stentor Mulleri en contient souvent une quantité incroyable.
Après avoir laissé reposer pendant huit ou dix jours, dans un bocal à large goulot, une quantité d’eau prise dans un fossé, avec un peu de la vase qui en forme le lit, je puise dans ce bocal, à l’aide d’un tuyau de plume, la quantité d’eau et de vase qui peut remplir au tiers un verre de montre de grandeur moyenne; je laisse encore reposer cette eau pendant une heure, exposée à une vive lumière; pendant ce temps, les diatomées vivantes, les desmidiées, les clostéries et une légion d’infusoires se dégagent de la vase qui se concentre au fond du verre, pour se mouvoir dans l'eau plus ou moins claire vers le bord. On peut, d’ailleurs, hâter la concentration des corps étrangers et inertes en imprimant à l’eau un léger mouvement de rotation.
A l’aide d’un tuyau de plume taillé en pelle, je prends dans la partie claire, et en grattant un peu le bord (où se collent les diatomées), une goutte d’eau que je dépose sur
PRÉPARATION DES OBJETS
le porte-objet, entre les deux raies au vernis (pour ne plus devoir changer de verre). Cette goutte d’eau, examinée au microscope composé avec un objectif de force moyenne, combiné avec un oculaire assez fort pour donner un grossissement de 250 à 300 diamètres, me fait découvrir une infinité d’objets propres à l’étude, toujours sans couvre-objet, parce que, en levant celui-ci, on déplacerait l’objet qui doit rester fixe, quand il est bien en place, à tel point que, parmi mes préparations provenant d’une seule goutte d’eau, il s’en trouve avec environ 80 à 100 diatomées, etc., représentant 15 à 20 différentes espèces parfaitement caractérisées.
Je n’ai pas à craindre les grains de sable tant que je ne touche pas au centre du verre de montre, parce que la rotation les a tous réunis sur un seul point. S’il se présente sur le porte-objet une conferve ou un corps quelconque qui peut nuire à la préparation, je l’enlève sans faire attention à quelques flocosités qui ne sauraient empêcher la pose du couvre-objet.
Ayant choisi dans la goulte d’eau l’objet que je tiens à conserver isolément pour former collection, il m’importe fort peu que tout le reste ne vaille rien, qu’il s’y trouve quelques impuretés, etc. , l’essentiel pour moi est que l’objet choisi se trouve bien placé, c’est-à-dire qu’il soit entouré d’une marge d’eau claire (condition facile à satisfaire sous le microscope); cela étant, je mets le porte-objet de coté jusqu’à ce que l’eau soit évaporée, l’objet s’attache alors au verre, je couvre cet objet d’une goutte de calcium, et avant que l’objet ait pu se détacher, c’est-à-dire en moins de dix secondes, j’applique le couvre-objet et j’achève la préparation ; mais, au lieu de faire un encadrement comme pour les autres préparations, je couvre de vernis toute la surface du verre même, à l’exception seulement d’un
DANS LES FLUIDES
cercle d’une grandeur exactement suffisante pour pouvoir examiner l’objet par le système fi immersion (fig. 160), ce qui me donne une foule de formes d’encadrements, mais toujours d’un fini parfait dans leur genre. Ainsi, par exemple,
Fedt&s fcuin
Napoléonis
Fig. 160.
j’ai obtenu, par ce procédé, des préparations d’une admirable netteté, non-seulement des objets prémentionnés, mais de cyclopes, de Satyrus (de Prilchard), d’anguillules, de larves de cousin, d’araignées d’eau, de lépadelles et d’autres systolides, mais naturellement, pas de vorticelles, de rolifères ou d’autres infusoires sans carapace ou à carapace non résistante, parce que, à l’instant de leur mort, ils perdent leur forme pour ne devenir qu’une masse mé connaissable. . .
Je crois que si on enfermait simplement la goutte d’eau sous verre, le résultat serait le même, quant à la conservation de tout ce qui est revêtu d’une carapace; mais, l’objet ne resterait jamais en place : tantôt il se logerait, contre le bord en contact avec le vernis ; tantôt, au lieu de rester à l’endroit dégagé de toute impureté, il irait se confondre avec d’autres objets ou se perdre dans un corps étranger.
On pourrait m’objecter que les diatomées préparées ainsi dans un liquide ne montrent plus si bien les stries ; ceci ne serait pas exact pour toutes les diatomées; d’ailleurs, je le répète, j’obtiens des tests chez M. Bourgogne et ne fais collection que pour avoir les formes , un classe-
DES INJECTIONS
ment intelligible ; car pour ce qui regarde les espèces, je n’ai qu’à ouvrir le bel ouvrage de Smith.