XIV
APPLICATION DU MICROSCOPE
Cymbelléks : Goccouutnu, Gymbellu, Ampliom, Enryoïiunia.
G().Mi*aoNii.MKiià : Gomphonema.
Sciuzonéméks : Schizoncmu, Gollelouemii, lUmphidogloia, Maslogloia.
Navicui.ées : Navicula, Stauroncis, Pleurosigma, Toxonidea.
Actiniscées : Dictyoclia, Mosocena.
DESMIDIACÉES (ou desmidiées).
Desmidiées : Desmidium, Aptogonum, Didymoprium, Hyalotheca, Sphærozosma, Spondylosïum, Leptocystinema, Gonatozygon, Genicularia.
Micrastériées : Mierasterias, Tetrachastrum.
Cosmariées : Euastrum, Gosmarium, Cosmocladium.
Xanthidiées : Xauthidium, Arthrodesmus.
Staurastrées : Staurastrum.
Clostériées : Closterium, Ankistrodesmus, Docidium, Triploceras, Tetmemorus, Spirotænia, Peuium.
Hc lu récolte.
Les espèces appartenant à ces deux familles dont je viens donner les détails les plus importants, vivent le plus souvent mélangées en grand nombre dans les mêmes eaux, et c’est alors que leur étude devient plus difficile, parce que, ne pouvant isoler les espèces, il semble impossible d’en préparer pour l’herbier des échantillons purs, si nécessaires pour la comparaison, moyen de déterminaison plus certain que les descriptions ou les dessins les mieux faits.
Pour procéder à la récolte, on doit se munir de divers accessoires que je vais indiquer :
Un assortiment de flacons t\ large ouverture et de tubes de verre scellés à une extrémité, munis de bouclions de liège ;
Une cuiller de fer étamé dont le manche est remplacé
a l’étude des algues inférieures. h 91
par une douille qui permet de la placer au bout d’une canne, pour atteindre les objets éloignés ;
Quelques lames de verre et de mica, de la taille des porte-objets ordinaires, disposés dans une petite boîte à coulisses, pour préparer sur place les espèces qui ne pourraient supporter le transport sans se détériorer ;
Une ou deux petites boîtes de fer-blanc remplies de fragments de chiffons ; des morceaux de vieux calicot sont très-convenables ;
En outre, comme dans toutes les herborisations, il faut être pourvu d’une bonne loupe ou biloupe donnant un grossissement assez fort pour apprécier la nature de sa récolte, de manière à la diriger, se réservant au retour une observation plus complète à l’aide du microscope.
En plongeant dans l’eau une lame de verre pour y déposer l’objet que l’on veut reconnaître, on ne peut, pour examiner par transparence, redresser la lame pour l’éclairer, sans que le liquide entraîne ce qu’elle supporte. Pour obvier à cet inconvénient, j’ai fait un petit appareil qui permet au porte-objet de rester horizontal, en l’éclairant en dessous par un réflecteur. Il suffit pour cela de fixer sous le porte-objet üne bande de cuivre plaquée d’argent qui est montée à charnière à une des extrémités de la lame de verre. Ce petit miroir, qui peut être pris à même une plaque daguerrienne, s’inclinant à volonté, éclaire Irès-convenablement les objets placés sur le porte-objet.
Si, lorsque, au fond de mares, de fossés ou d’amas d’eau de pluie, on aperçoit sur le fond s’étendre des couches d’un brun jaunâtre, on racle ces points avec la cuiller, de manière à détacher le moins de vase possible; on sera presque certain d’obtenir ainsi une abondante provision de Diatomées. Dans les mêmes circonstances, un enduit de couleur verte eût indiqué la présence de Desmidiées.
APPLICATION DU M1CUOSCOPK
L’examen à la loupe ne permettra pas le doute, et il engagera à la récolte ou démontrera son inutilité, si les espèces sont trop mélangées ou si elles sont en trop petit nombre.
Nous verrons qu’on peut tirer parti de certains mélanges avec un triage bien entendu.
Quand on renferme quelque récolte dans un flacon, il faut avoir soin de le remplir complètement, pour éviter le ballottage. Les espèces filamenteuses, telles que les llimanliclium , Frarjilaria , Tabellaria , Diatoma, Desmidium, Hyalotheca , etc., peuvent être déposées en masses dans une fiole, en laissant l’eau s’égoutter un moment et bouchant ensuite; le mouvement du transport est alors moins à craindre. Il serait encore préférable d’achever d’emplir les flacons avec quelques tampons de mousse humide.
C’est dans ce cas, et surtout pour les Diatomées portées sur des pédicelles, comme les Licmophora , Rhipiclophora, Achnanthes , Cocconema, etc., qu’il est très- avantageux de les étendre par petites masses et avec les Algues qui leur servent de support sur des morceaux de chiffon qu’on entasse dans des boites où il reste assez d’humidité poulies conserver en bon état.
Pour les espèces libres, telles que les Naviculées, Surirellées et la plupart des Desmidiées, ou peut emplir ses bouteilles sans beaucoup de précaution, puisque plus lard on profitera de leur tendance à se diriger vers la lumière pour les obtenir plus pures.
11 faut, lorsqu’on remplit un flacon, 11e pas étendre beaucoup sa récolte au delà du point dont on a examiné le produit à .la loupe, car ou serait exposé à mêler un grand nombre d’espèces différentes qui vivent dans le voisinage et qui présentent les mêmes teintes sur les corps qui en sont revêtus.
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Certaines espèces forment dans l’eau des llocons légers que le mouvement de la cuiller disperse, sans qu’il soit possible de s’en emparer. On peut pourtant y parvenir en plongeant un flacon ou un tube débouché et renversé dans l’eau où bottent ces petites Algues; en inclinant le vase, l’air qui en sort est remplacé brusquement par l’eau chargée des corpuscules désirés.
Des Diatomées libres, telles que les Pleurosigma , Navicula , Amphora , Amphiprora, etc. , abondent dans les eaux salées que la mer dépose dans les fossés du littoral, dans les flaques qui bordent les rivières à leur embouchure. En agitant, l’eau légèrement, de manière à ne pas faire soulever la vase et en usant du procédé que je viens d’indiquer, on peut obtenir des espèces très-pures. Dans ces amas d’eau salée, dans les bassins des parcs d’huîtres, si riches en Diatomées, il existe sous une mince couche de vase grisâtre une boue noire et très-fétide qu’il faut se garder d’emporter dans les bacons, dont l’eau serait décomposée de telle sorte que les Diatomées ne pourraient plus y végéter.
Dans les parcs abandonnés, dont la sécheresse a détaché le fond en croûtes crevassées, j’ai fait souvent une ample moisson en emportant ces plaques de vase qui renferment une immense quantité d’espèces marines. On recueille quelques Desmidiées très-fines, telles que les Staurastrum, qui s’attachent aux brins d’herbes submergées en saisissant celles-ci entre les doigts de la main que l’on creuse en cuiller et qu’on retire de l’eau en entraînant ce léger enduit.
La récolte terminée, le premier soin, au retour, est de préparer les espèces délicates, telles que les filamenteuses et les slipitées, que l’on n’a pu disposer sur place. Il suffit de prendre de petites portions avec la pointe d’une plume
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à écrire taillée en cure-dent, ou avec un style d’ivoire, écaille, corne ou bois dur et de les étendre sur mica ou sur verre. On peut aussi en disposer sur papier de plus grands échantillons pour placer dans l’herbier. 11 faut éviter, en étalant les algues sur mica, de se servir d’une pointe métallique qui, le rayant trop facilement, nuirait à la transparence de ce porte-objet. La flexibilité du mica est un grand avantage pour les collections réunies en volumes et pour la facilité de son transport dans les correspondances. Mais, ainsi que sur le verre et le papier, il est nécessaire d’humecter les objets pour les examiner; aussi ces préparations ne doivent être regardées que comme provisoires. Ce sont des sortes de magasins d’où l’on pourra tirer plus tard les matériaux de préparations parfaites, au moins pour les Diatomées.
Quant aux Desmidiées et Diatomées libres qu’on a recueillies mêlées au sable ou à la vase des mares, fossés ou flaques que l’on a explorés, on met le contenu de chaque flacon dans un vase séparé, tel qu’une assiette creuse ou une soucoupe, que l’on place dans un lieu exposé à la lumière, mais à l’abri du soleil qui déterminerait des bulles d’air dans ce dépôt et empêcherait sa surface d’être unie.
Au bout d’un ou deux jours, suivant les espèces, on voit la couche vaseuse qui s’est déposée au fond des soucoupes, se couvrir d’une teinte brune, si elle renferme des Diatomées, ou d’une pellicule verte, plus ou moins muqueuse, souvent chargée de petites houppes, si ce sont des Desmidiées.
Certaines espèces se montrent hors de la vase plus promptement que les autres, cl l’on peut profiter de cette disposition pour les obtenir séparément.
Dans tous les cas, on incline doucement le vase pour en
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faire sortir la plus grande partie de l’eau el alors, sur la surface chargée de lrustules, on promène un petit pinceau très-doux, en ayant soin de 11e pas atteindre la couche terreuse. Le pinceau est ensuite lavé dans une capsule ou godet, où se déposent les lrustules sans aucun corps étranger si celte opération a été faite avec légèreté. Quand on a ainsi obtenu une espèce séparée ou qu’elle est dominante, on devra en faire des préparations immédiatement ou réserver ces récoltes dans des flacons séparés, étiquetés et remplis d’alcool. Dans la manipulation que je viens de décrire, on peut, au lieu d’un pinceau, employer avec succès les barbes d’une plume étroite que l’on passe doucement sur le dépôt des soucoupes. Plus le diamètre du vase est petit, plus la couche de lrustules est épaisse et facile à enlever.
Cette méthode est applicable surtout aux espèces des genres Savicula, Pleuj'usiyma, Surirella, Nitzschia, etc.
En formant des échantillons sur mica au moyen cle la pointe d’une plume garnie de barbes, il est nécessaire de gommer un peu l’eau, si les frustules, à cause de leur grosseur, montraient de la tendance à se détacher. Cette précaution est surtout indispensable pour certaines Desmidiées se soulevant facilement par la dessiccation.
En renouvelant l’eau de temps en temps dans les vases qui servent de réservoirs, on peut garder vivantes Ircslongtemps ces algues microscopiques. Les espèces marines réclament surtout de l’eau de mer bien fraîche. J’ai réussi souvent à la remplacer par de l’eau ordinaire dans laquelle j’avais fait dissoudre de trente à quarante grammes de sel de cuisine par litre.
Lorsque le dépôt qui se forme dans les soucoupes est mélangé de débris de végétaux ou de corps étrangers qui empêchent sa surface d’être assez plane, on peut, en tairii-
APPLICATION DU MICROSCOPE
sanl sur ce dépôt inégal, une couche île sable lin et pesant, tel que du grès, établir un sol artificiel uni, donl bientôt les Diatomées viennent chercher la surface. Quelquefois je place sur ce dépôt un morceau de tissu de fil ou de coton, en l'v maintenant appliqué par le poids de quelques grains de plomb de chasse. Les fruslules ne tardent pas à traverser ce tissu et à s’étendre à sa surface d’où il est facile de les enlever.
Si la vase ou les végétaux submergés renferment des Diatomées en trop petit nombre pour en attendre une couche facile à enlever, il est un moyen analogue au précédent que j’ai employé souvent avec un plein succès pour séparer ces êtres microscopiques des corps étrangers dans lesquels ils sont engagés. Je renferme, dans ce cas, ces substances, vases ou débris de plantes, au centre d’un * morceau de toile fine, de lin ou de coton, dont je relève les bords, que je retiens serrés en les entourant d’un fil de manière à former un muet , espèce de petit sachet arrondi, que je place au centre d’une assiette pleine d’eau. Les Diatomées ordinairement, après quelques heures de repos, traversent le tissu qui les contient et se disséminent sur le fond de l’assiette où l’on peut alors facilement les recueillir dans un état de pureté complète.
Les Desmidiées, qui, pour la plupart, ont des corpuscules libres, forment dans ces mêmes conditions d’éducation une couche muqueuse que l’on enlève aisément avec une cuiller mince ou avec une lame de couteau. Quand on n’a pas le temps de profiter de leur propension à rechercher la lumière et à s’établir à la surface du dépôt que renferment les vases dans lesquels on conserve ces Algues, on peut agiter les débris de végétaux auxquels les Desmidées sont le plus souvent mêlées; leur pesanteur étant plus considérable que celle de ces détritus, en décantant avec précau-
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tion l’eau d’un vase dans un aulre et en s’aidant d’une barbe de plume pour faire sortir les débris flottants, on obtiendra un résidu assez pur, composé de Desmidiées que leur couleur verte rend apparentes. On répétera cette transvasion autant de fois qu’il sera nécessaire, en ajoutant assez d’eau pour diminuer l’efl’et du mucus propre à ces algues et qui tend à les faire adhérer aux débris dont on veut les séparer.
Quand les corpuscules des Desmidiées et même des Diatomées sont assez lourds, on arrive promptement à un résultat semblable. Quand, après un instant de repos, on renverse rapidement le contenu d’une assiette creuse dans une autre, il reste sur le fond de la première une assez grande quantité de fruslules qu’on laisse se déposer par l’inclinaison dans un coin du vase et que l’on dépose ensuite dans une capsule à part.
Quelques espèces de nature peu perméable flottent souvent à la surface de l’eau; on les recueille en posant à plat sur ce liquide des lames de mica bien sèches, ou, dans certaines circonstances, enduites d’une légère couche de gomme.
Ces diverses méthodes ne sont applicables que dans le cas où les espèces ne sont pas mélangées ; mais quand plusieurs espèces de Diatomées et de Desmidiées se trouvent réunies, et qu’on ne peut pas se les procurer autrement, il faut, après les avoir séparées des corps étrangers par les moyens décrits plus haut, employer d’autres procédés pour obtenir à part les diverses espèces.
Si leurs pesanteurs sont différentes, il est facile de les séparer en agitant l’eau qui les renferme dans un vase un peu profond et en opérant des décantations successives après des repos plus ou moins prolongés.
Quand les espèces mélangées ont dans leurs dimensions
ARTIirn CHEVALIER.
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des différences assez marquées, en faisant passer le liquide où elles vivent au travers de petits tamis garnis de tissus de crin, de gaze, de batiste, etc., plus ou moins serrés, on arrive également à recueillir séparément des espèces distinctes.
»es préparation*.
J’aurai bien peu de choses à dire concernant les préparations, celte matière ayant été traitée à fond et avec détails par M. Arthur Chevalier dans cet ouvrage même, où il a bien voulu m’offrir une place dont j’ai peut-être abusé. On est toujours un peu long quand on parle de ses goûts de prédilection. Je serais fort heureux si, en facilitant ses abords, je contribuais à donner le goût d’une étude si approfondie en Allemagne et en Angleterre, mais bien négligée sinon dédaignée par nos compatriotes.
En dehors des échantillons d’herbier, les Desmidiées, à cause de leur enveloppe flexible, se déformant par la dessiccation, ne peuvent être préparées que dans un liquide renfermé dans une cellule. La liqueur de M. Thwailes est alors d’un bon emploi, elle déforme à peine l’endochrome (voy. page 30 7).
On emploiera le même moyen pour les Diatomées fda menteuses ( Fragilaria , j %imantidium, Diatomci), les stipitées ( Gomphonema , Licmophora, Achnanth.es)> ou celles renfermées dans un tube, comme les Schizonémécs dont on désire voir la disposition naturelle. Mais il est indispensable pour les détails des fruslules qui donnent les caractères distinctifs des espèces d’en avoir des préparations à sec et au baume, faites après avoir soumis à l’ébullition les fruslutes dans l’acide qui enlève la matière interne qui nuisait à la transparence.
Les Diatomées fossiles sont ordinairement assez pures
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pour qu’il suffise souvent de les soumettre à un lavage préliminaire. Cependant il doit exister encore, dans quelques-unes de ces terres diatomiques, une substance nutritive, puisque certaines peuplades sauvages les regardent comme alimentaires et que, même des habitants du nord de l’Europe, dans des moments de disette, en ont ajouté aux céréales, sous le nom de farine de montagne , pour faire du pain.
Des lavages répétés à l’eau bouillante et à l’acide sont nécessaires pour dégager et nettoyer les espèces qui gisent dans les guanos.
Je terminerai en décrivant le moyen que j’emploie, principalement en voyage, pour faire rapidement des préparations complètes de Diatomées au baume, sans transporter beaucoup d’accessoires.
Comme j’opère sur de petites quantités, je fais bouillir les Diatomées dans un simple tube de verre gros comme le petit doigt et un peu plus long, fermé par le bas d’une manière arrondie et soutenu en haut, par son ouverture un peu élargie, par un support en forme de petite potence et ayant un pied pesant et solide.
Après avoir déposé au fond de ce tube un petit amas de Diatomées, gros comme une lentille, je verse dessus environ un centimètre cube d’acide azotique, ou, mieux encore, d’un mélange, à volume égal, de cet acide avec de l’acide hydrochlorique. Je promène ensuite au-dessous de ce petit matras la flamme d’une lampe à alcool. Bientôt l’ébullition commence ; je la prolonge près d’une minute. J’éteins la lampe, je remplis le tube d’eau distillée, et je laisse reposer. Quand l’eau est devenue limpide et qu’un dépôt blanchâtre s’est, formé au fond, je décante, sans laisser sortir les carapaces des Diatomées qui sont audessous, je mets de nouvelle eau et répète ces repos,
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lavages et décantations jusqu’à ce que l’eau n’ait plus de traces d’acide.
Quand il en est ainsi, ce dont on peut s’assurer en y plongeant un fragment de papier de tournesol, le dépôt est alors versé dans une petite capsule ; je le répartis ensuite sur des lamelles de verre très-mince, carrées, ou mieux, en forme de disque. On en trouve dont l’épaisseur atteint à peine un cinquième de millimètre; ce sont les meilleures, elles permettent d’employer de très-forts grossissements.
Je laisse sécher naturellement ces lamelles chargées de valves de Diatomées, ou je hâte leur dessiccation avec la lampe.
Si l’on veut une préparation à sec, il suffit de placer la lamelle, les Diatomées en dessous, sur une cellule préparée à l’avance et de l’y fixer en recouvrant les bords avec la tournelte, d’une nouvelle couche de la matière employée pour la cellule (voy. page 293).
Pour la préparation au baume de Canada, j’emploie cette résine un peu ferme. Après avoir fondu dans une capsule une certaine quantité de baume, j’y trempe un petit bâton de terre, et en le secouant tout de suite sur la surface d’une plaque de glace ou de verre, j’y dépose des gouttelettes qui ne tardent pas à refroidir. On les détache alors aisément, et ces sortes de pastilles se conservent dans une boîte de carton. Elles évitent de faire fondre le baume à chaque opération.
Lorsque je veux faire une préparation dans le baume, • j’humecte la lamelle chargée de Diatomées d’une ou deux gouttes de benzine, et, plaçant une pastille de baume sur le milieu de la lame de verre porte-objet, je chauffe en dessous doucement avec la lampe. Quand le baume est fondu, je pose dessus la lamelle humectée de benzine, de
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manière à ce que les Diatomées se trouvent en contact avec le baume. Je continue de chauffer, sans m’inquiéter des bulles d’air qui se multiplient. Je laisse un peu refroidir et alors, avec le doigt enveloppé d’un chiffon, j’appuie sur la lamelle, de manière à faire sortir les bulles. Il ne reste plus qu’à enlever l’excédant de baume et à nettoyer la préparation avec de l’alcool.
Si l’on a recueilli une trop petite quantité de Diatomées pour les soumettre aux manipulations dont je viens de parler, on peut quelquefois les calciner sur une lame de mica et ensuite les reporter sur le porte-objet.
Quand elles sont sur la lamelle de verre, il est possible encore d’opérer immédiatement la calcination en portant celle lamelle sur une petite plaque très-mince de platine qu’on fait rougir à plusieurs reprises dans la flamme de la lampe à alcool.
Ces procédés ne donnent jamais des Diatomées aussi transparentes que celles qui ont bouilli dans l’acide, et, dans le baume, elles conservent souvent des bulles d’air.
Plusieurs Diatomées fournissent des test-objects d’une grande valeur. Les micrographes anglais ont donné ce nom à des objets qui, présentant des détails difficiles à reconnaître, même avec de forts grossissements, à cause de leur ténuité, permettent d’apprécier la qualité et la puissance du microscope avec lequel on les examine.
Ces préparations doivent être faites à sec avec des carapaces bouillies dans l’acide, lavées avec soin et bien desséchées. Le baume, comme on le sait, donne trop de transparence aux valves, et, en détruisant quelques ombres, rend difficile à reconnaîlre la présence des tissus ou des linéaments les plus déliés, même lorsqu’on emploie l’éclairage oblique, le plus approprié à ce genre d’observations.
Je donne ci-dessous la liste des espèces regardées géné-
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râlement comme les plus convenables pour lest-objects. Le numéro qui suit leur nom indique le nombre de stries transversales que présentent leurs valves dans un millième de pouce anglais. Dans la première espèce seule, les stries sont obliques ou diagonales. •
Pleurosigma angulatum 52
— fasciola 64
Surirella gemma • 48
Grammatophora macilenta 60
Navicula rhomboïdes 85
Nitzschia sigmoidea. 85
Ampliipleura pellucida 135
Le Grammatophora subtilissima , souvent cité, n’est qu’une variété du G. macilenta.
Quoique la science soit aidée maintenant par d’excellents instruments et que l’élégance des Pleurosigma ait attiré vivement l’attention des observateurs, l’opinion n’est pas encore complètement arrêtée sur la véritable structure de leurs valves. Leurs stries, le plus souvent croisées, séparent-elles des séries de fossettes ou de petits points saillants? On pense le plus généralement que la surface des valves est réticulée, comme cela se voit dans beaucoup d’autres Diatomées. L’apparence de stries ne serait qu’une illusion produite par des différences de foyer qui résulteraient des diverses couches de la valve, malgré son peu d’épaisseur.