PREPARATION DES OBJETS DANS LES FLUIDES
Dans ce chapitre, nous décrirons les différentes méthodes que l'on doit employer pour conserver les objets dans les fluides.
AITHVR CHKVAUU. '^
S90 PRiPARàTIOM DES 0BJ8T8
Ce mode de préparation s'emploie généralement pour les corps dont Torganisalion est accompagnée de liquides, et aussi pour certains objets dont la nature réclame Tin* tervention d'un liquide, aussi bien pour leur parfaite perception que pour leur conservation.
La préparation des objets dans les liquides devra donc être employée pour conserver la plupart des tissus ani* maux et végétaux, pour les Gbres musculaires, nerveuses» les glandes, les ganglions, etc., et aussi pour toutes les parties obtenues par la dissection des organes de la respi* ration, digestion, circulation, etc. ; en un root, pour tous les objets habituellement baignés de substances fluides liées à leur nature.
Les petites algues, ainsi que toutes les parties anatomtques des végétaux, telles que les fibres, les vaisseaux, les trachées, les stomates, les tissus, etc., etc., seront aussi conservés dans les liquides.
L'anatomie végétale et animale utilise généralemenl ce mode de préparation, dont les résultats fournissent souvent de précieux et rares spécimens.
Dans les opérations chirurgicales, certaines organisailuos morbides connues à Taide du microscope peutent être parikitement conservées et servir ainsi à la démonstration.
La préparation dans les fluides est peu compliquée : elle peut être oonsidérée comme plus simple que cdle dans les milieux résineux. Quelques essais pourront convaincre de suite de la simplicité des procédés que nous allons décrire.
Pour préparer les objets dans les fluides, il est indis^pensable d^avoir un petit récipient pour contenir Tobjet et le liquide conservateur, de réservoir s'adapte sur une lame de glace d'une grandeur appropriée i celle de l'objei. En général, celles que nous avons décrites peuvent éiro
employées, mais il arrive aussi que l'on est forcé de s'en procurer de plus grandes.
Le petit réservoir dont nous venons de parler a reçu le nom de cellule. Les cellules que Ton emploie peuvent être de différentes épaisseurs, suivant les objets qu'on désire préparer.
L'objet et le liquide étant placés dans le réservoir, il ne reste plus qu'à clore ce dernier à Taide d'un couvercle de glace mince, que l'on maintient à l'aide de différentes substances ; l'objet est alors emprisonné dans un milieu liquide destiné à le conserver.
D'après ce résumé de la préparation dans les liquideSi il nous reste à décrire minutieusement les moyens à employer pour faire les cellules destinées à contenir les objets de peu d'épaisseur ; celles pour les objets plus épais, à décrire les différents liquides conservateurs et leurs propriétés, et enfin les précautions à prendre pour placer les objets et clore les cellules.
Nous examinerons ces différents procédés dans l'ordre où nous les avons énoncés.
Pour préparer dans les fiuides des objets excessivement petits, il suffit, après les avoir placés sur une lame de glace dans le liquide conservateur, de fixer la lamelle mince sur l'objet. Ce dernier étant recouvert, il suffit de passer légèrement sur les bords de la lamelle mince, à Taide d'un pinceau, une petite quantité de vernis composé de cire à cacheter dissoute dans l'alcool; on laisse ensuite sécher la préparation, et de la sorte l'objet ne peut s'altérer.
On doit avoir à sa disposition des pinceaux de diverses grosseurs, suivant la quantité de vernis que l'on veut appliquer ; mais en général de très-petits pinceaux suffisent; ceux à monture métallique sont très-solides et commodes.
Le liquide conservateur doit être déposé sur la lame de
glace à l'aide d'une petile baguette de verre à bout mince et arrondi ou effilé. On doit également en avoir de divers diamètres.
Le mode de préparation que je viens d'indiquer s'emploie pour des objets excessivement minces, et ceux-là ne sont pas rares, aussi ce moyen est-il fréquemment employé.
Pour Gxer les lamelles sur les lames de glace, on peut employer, outre le vernis de cire à cacheter, diverses autres substances. Ainsi la mixtion dont se servent les doreurs {gold'size des Anglais) est très-bonne pour cet usage. Le vernis noir français (dit du Japon) peut aussi être emcmployc (1), mais on doit préférer à tout, un mélange à parties égales de mixtion des doreurs et de bitume dissous dans l'essence de térébenthine.
Du reste, les cellules que l'on emploie pour les objets de peu d'épaisseur se font avec des substances analogues ou semblables, et qui, conséquemment, peuvent servir pour l'usage dont je viens de parler.
Les cellules destinées à contenir les objets de peu d'épaisseur se font avec un pinceau au moyen des différentes substances que je vais indiquer.
Suivant la forme des objets, la cellule sera faite carrée.
Fi6. 148.
(fig. 1 hb) carré long, ovale, circulaire, etc. Dans les Irois premiers cas, il suffit d'inscrire légèrement à l'aide d'un
(1; Cg ^eriii« c«i celui cmpUMc par le:* carrossier?.
DAMS LES FLUIDES. 29S
pinceau, aussi correctement que possible, les bords de la cellule, il faut avoir soin d'employer un pinceau assez chargé de substances, et d'appliquer plusieurs couches pour obtenir l'épaisseur que l'on désire, autrement les celioles ne sont pas régulières et deviennent impropres à l'usage auquel on les destine.
La cellule formée, on la laisse sécher à l'abri de la poussière ; avec les substances que l'on emploie, la dessiccation s'opère en quelques heures, et quelquefois moins, surtout si l'on agit en été.
Les cellules faites au pinceau doivent toujours avoir peu d'épaisseur, et servir pour des objets très-minces. Du reste, il serait difficile de faire à l'aide du pinceau des cellules d'une certaine épaisseur, qui, au reste, n'auraient aucun avantage.
Pour faire des cellules circulaires (fig. 149) il faut
FiG. 149.
nécessairement employer un moyen mécanique, afin d'avoir des cellules régulières. x\ cet effet, on se servira de la
Fi6. 150.
toumette imaginée par M. Hett (fig. ISO). La lame est fixée sur un disque de cuivre, qui se meut sur un pivot;
fiOA PR^ARATION DES OBJETS
on place le pinceau sur la lame, suivant le diamètre àénré pour la cellule ; on fait mouvoir le disque et l'on oblient une cellule circulaire. Si elle doit être épaisse, on laisse un peu sécher et l'on donne une autre couche.
On pourrait aussi construire une petite machine destinée à faire des cellules ovales; mais comme la régfularilé complète n'est pas nécessaire, on arrivera, dans la plupart des cas, à de bons résultats, sans s'aider d'un appareil mécanique.
Voyons maintenant quelles sont les substances que l'on doit employer pour fkire les cellules.
En première ligne, nous placerons la mixtion des doreurs, unie A une dissolution de bitume de Judée dam l'essence de térébenthine. Cette dernière solution se fait de ta manière suivante. Dans un flacon k larf^e col et d'une contenance deux fois plus grande que la substance à préparer, on introduit du bitume de Judée réduit en poudre; on ajoute ensuite de l'essence de térébenthine. On remue le mélange, puis on laisse digérer deux ou trois jours en ayant soin de remuer d6 temps en temps à l'aide d'une baguette de verre. On doit obtenir un vernis très-épais, de consistance très-sirupeuae ctd'une grande homogénéité.
On ajoute du bitume ou de l'essence pour arriver à ce résultat, car les proportions dépendent de la qualité du bitume. Cette substance est parfois si mauvaise qu'elle ne peut se dissoudre dans l'essence. Le choix du bitume est donc de la plus haute importance. Les mélanges suivanis devvQni êtve employés pour faire les cellules :
.Mlitlon iIm tloNun 1 parUp.
Uiluroe en dissolution - - 1 —
Ou bien :
HliUon dea doreun 3 —
Bitume 1 —
tkHS LES FLUlBlt. t06
Au moroenl de foire des cellules, on mêle les dtitox subslaDces dans un petit vase à Taide d'un bAlon de verra. On peut conserver de la substance prête dans un flaoon» mais il vaut mieux n'en faire le mélange qu'au moment de s*en wrvir,
Lo vernis copal à Tessence de spic peut aussi âtra employé pour faire des cellules, après l'avoir laissé évaporer pendant quelque temps, afin de lui donner la consistance désirable pour l'usage auquel on le destine.
Le bitume ou asphalte seul en dissolution dans Tessence de térébenthine peut aussi être employé, ainsi que diCM* rentes autres solutions delà même substance que j'ai faites, et qui m'ont donné des résultats très-satisfaisants.
Ainsi, outre la térébenlhinei on peut employer, pour dissoudre le bitume :
L'evçnce de mirbonc, L'huile de napbte, L*huile de pétrole.
L'huile de Khiite, Vbuilt de liouiUo« L'ew«iic« de UvandOi Le siiUiire de carbone.
L'asphalte en dissolution donne de bons résultats, mais il a l'inconvénient d'être un peu trop sec et de faire des cellules quelquefois trop IVagiles. En le mêlant à la mixtion des doreurs^ il devient beaucoup plus facile à employer.
Les diverses solutions de bitume que Je viens d'indiquer fourniuent aussi de bons résultats en les mélangeant à parties égales avec la mixtion.
Parmi les meilleurs dissolvants de Tasphalte, Je citerai Thuile de houille, de naphte, et l'essence de mlrbane.
Quant A la térébenthine, j'ai déjà indiqué qu'elle donnait de parhlts résultats.
296 PRÉPARATION DES ORJBTS
J*ai fait de nombreux essais, afin d'arriver A des résultais satisfaisants, et je puis affirmer que les formules que j*ai indiquées donnent de bons effets.
Différents autres mélanges et substances peuvent aussi servir pour faire les cellules. Ainsi le vernis gras, mélangé à parties égales avec la dissolution de bitume, fournit de bonnes cellules.
Le vernis français (dit du Japon), dont j'ai déjà parlé, est parfait employé seul pour les cellules minces.
Mêlé avec la mixtion et le bitume, il donne aussi de bons effets dans la proportion suivante :
Vernis français 2 parties.
Bitume 1 —
Mixtion 4 —
On peut aussi employer, suivant l'idée du docteur Lequoy, une solution de gutta-percha dans le sulfure de carbone.
Le vernis à la glu marine, de madame Audouin, est aussi un produit précieux pour le micrographe. Ce vernis, que l'on doit laisser épaissir à l'air avant de l'employer, peut servir à faire des cellules, à clore les couvercles. Il a l'immense avantage d'être inaltérable aux divers produits employés.
La gomme laque dissoute dans le naphte fournit aussi un trés-bon vernis. On vend ce produit en Angleterre, sous le nom de liguid glue.
Le blanc de plomb ou de zinc, préparés à l'huile, peuvent aussi servir à faire de bonnes cellules. La marche à suivre est la même que pour les autres substances. Seulement, ces cellules ont l'inconvénient d'être longues à sécher. En mêlant au blanc de plomb ou de zinc une petite quantité de litharge et de minium, on remédie à cet inconvénient;
DANS LES PLUIDBS. 297
malgré cela, beaucoup de micrographistes emploient la sabstance seule.
Ordinairement on emploie la cellule aussitôt faite, et on la clôt à l'aide d'un petit couvercle de glace mince, en appuyant légèrement; on passe ensuite sur les bords de la lamelle et de la cellule une petite quantité d'huile d'amandes douces, afin de boucher les moindres interstices. Si l'on emploie des cellules sèches, on aura soin, avant de s'en servir, de passer sur les bords une petite quantité de blanc de plomb frais, afin de permettre l'adhérence du couvercle. Les cellules doivent être assez grandes pour que l'objet ne vienne pas y toucher : il faut, au contraire, laisser une certaine marge entre les parois de la cellule et l'objet. Cette recommandation s'applique à tous les genres de cellules.
En terminant ces indications, je dirai que les solutions salines ou autres, ne contenant que de faibles proportions d'alcool ou essences, peuvent être contenues dans les cellules Élites avec la mixtion des doreurs et ses mélanges.
Pour les solutions plus fortement alcoolisées, on peut employer le blanc de plomb ou de zinc, et même le bitume dans la térébenthine.
C'est à M. Thwaites, célèbre naturaliste, que l'on doit l'idée de l'emploi de la mixtion des doreurs. Il l'a d'abord indiquée comme devant être employée seule ; mais plus tard, ayant reconnu que cette substance séchait trop difficilement, il a spécifié qu'il fallait prendre parties égales en volume de noir de fumée et de lilharge, que l'on délaye ensuite dans mixtion et vernis dit du Japon, jusqu'à consistance convenable.
Les procédés que je viens d'indiquer s'emploient pour les cellules de peu d'épaisseur. Pour les cellules épaisses, on coule à ch^ud de la glu marine sur une lame de glace,
puis, à Taide d'un canif, on enlàve la substance en neiê et Ton pratique dans son épaisseur des cavités destinées à recevoir Tobjet et le liquide. Le couvercle se clôt en passant sur les bords de la cellule une petite quantité de mixtion.
C'est A M. Berkloy, célèbre naturaliste, que l'on doit la communication de ce procédé.
Pour les objets plus épais, on emploie des cellules en verre de différentes formes, ainsi que nous allons IMndi* quer. Nous décrirons ensuite les moyens à employer pour les axer sur les lames de glace.
Les cellules (figures 151 et 152) sont formées d*une lame
FiQ. 151.
FiG, 152.
de glace percée au centre d'une ouverture destinée A recevoir l'objet et le liquide. Ces cellules se font de différentes épaisseurs, grandeurs et ouvertures ; mais en général celles représentées sont les plus employées.
Souvent aussi on les fait très-minces, et, dans ce cas, elles sont très-avantageuses pour la préparation d'un grand nombre de tissus et autres objets de même nature qui ré« clament l'emploi de grossissements assez considérables^
Les figures 151, 15A, 155 et 156 représentent d'antree cellules obtenues au moyen de sections hites dans dee tubes de difl'érentes formes. Ces cellules se font ordinairement plus épaisses et s'emploient pour les objets opaquee, les iiyections, etc.
DANS LES PLUIBB8. SOO
Ces lubeâ-cellules sont représenlés de grandeur natarelie par les figures; mais, suivant remploi, ces dimensions peuvent varier. Leur usage est très-répandu, et ils rendent do grands services.
Fio. i6S.
Fio.|154,
Fie. 455.
PiG. 150.
C'est le savant le Baillif qui employa le premier des tubes-cellules.
On peut encore employer des cellules faites ou moyen de lames de glace épaisses percées de trous de différentes ouvertures.
D'après Queketl, c'est à M. Goadby que l'on doit Tidée de ces cellules. Il les emploie en glace polie, de sorte que, lorsqu'elles sont collées sur une lame de glace avec le baume du Canada ou autres substances transparentes,^ on peut en faire usage avec le miroir de Lieberkbûn.
Si Ton veut préparer des objets d'asses grandes dimen<sions, on se servira de cellules formées de plaques déglace eollées et réunies ensemble sur une Urne de la même substance et de grandeur appropriée. Cette oonstruotion par-
300 PRÉPARATION DBS OBJBTS
met d'obtenir des cellules de toutes les épaisseurs et dimensions.
Les lames de glace portant une ou plusieurs concavités faisant cellule sont impropres à la préparation des objets, la forme concave, ainsi que je Tai déjà indiqué, nuisant à l'eiTet du microscope.
Maintenant que nous connaissons les différentes formes de cellules, voyons comment on les fixe sur les lames de glace.
Les cellules minces pourront être collées sur les lames par remploi des substances que j'ai indiquées pour faire les cellules au pinceau. Ainsi la mixtion dés doreurs et ses mélanges, les dissolutions d'asphalte, le vernis français, celui de copal à l'essence de spic, la mixtion additionnée de litharge, de minium, le vernis à l'essence de spîc et l'asphalte à parties égales, etc., peuvent parfaitement servir à cet usage. On peut aussi employer im excellent vernis à la glu marine qui se trouve dans le commerce et dont j'ai déjà parlé.
Dans ce cas, une quantité convenable de substance étant appliquée au pinceau sur une des faces de la cellule, il ne reste plus qu'à la fixer sur la lame de glace en pressant légèrement; on laisse ensuite sécher, puis on nettoie avec précaution la cellule avec de l'essence de térébenthine et l'on termine avec de Talcool.
Les cellules épaisses, telles que les tubes-cellules, et même celles minces, peuvent aussi être fixées au moyen de la chaleur avec le baume du Canada ou la glu marine. Ce moyen de collage des cellules est le plus parfait, car il donne une entière solidité. J'indiquerai d'ailleurs comment on doit employer la glu marine.
Cette substance, composée de naphte, laque et caoutchouc, fond à une température peu élevée lorsqu'elle est
BAMS LES FLUIDES. 301
bien préparée. Son usage est parfait, et je ne saurais trop insister sur son emploi.
On prend une plaque de cuivre peu épaisse, sur laque on pose la cellule et la lame de glace. Sur cetle dernière on place un fragment de glu marine. Tenant alors la plaque de cuivre au moyen d'une pince plate, on chauffe à l'aide d'une lampe à alcool, et l'on ne tarde pas à voir la substance se liquéfier; on prend alors la cellule avec des pinces et on la place sur la lame de glace. Cela fait, ayant retiré cette dernière de la plaque de cuivre, on la pose sur une table et on appuie sur la cellule de façon à faire adhérer complètement; on peut se servir d'une petite pla* qae de bois ou autre moyen pour presser sur la cellule. La lame de glace étant refroidie, la glu marine est solidifiée et la cellule fixée, il ne reste plus qu'à la nettoyer; pour cela, on enlève d'abord avec un vieux canif ou avec un petit instrument ad hoc Texcès de glu marine, puis on termine le nettoyage à l'aide d'une solution de potasse, et aussi avec de l'alcool.
Pour coller les cellules au moyen du baume de Canada, on opère comme pour la glu marine, seulement on chauffe le baume comme si l'on devait faire une préparation. (Voyez Préparation au baume du Canada.) A ce moment, on y applique la cellule et on continue l'opération comme avec la glu marine.
Le nettoyage se fait & l'aide d'un canif, et se termine à l'aide d'alcool.
Les linges que l'on emploie pour terminer le nettoyage des lames et des cellules doivent être, autant que possible, de fine batiste de fil.
On peut remplacer avantageusement la plaque de cuivre qui sert à chauffer les lames de verre par le bain-marie que j'ai décrit en parlant des préparations au baume du
Canada. Dans cet appareil, on peut supprimer le bainmarie et avoir alors une lablc de cuivre à ircpiedy fort ulile pour l'emploi désigné précédemment.
Inutile de dire, en terminant, que Von doit toujours avoir un certain nombre de cellules de tous genres préparées d^avance, afin de ne pas se trouver embarrassé lorsqu'on veut préparer un objet intéressant. Hais un objet peut, étant obtenu, être préparé de suite en le circonscrivant par une cellule, et le préparant comme nous Tavons dit.
Les cellules collées au moyen do la glu marine peuvent contenir Fessence de térébenthine, l'huile de naphte, etc.» substances précieuses pour la conservation de certains ob* jets. Quant à celles collées au moyen du baume du Canada, elles servent à contenir les solutions salines. Pour celles fixées au moyen des vernis, j'ai déjà indiqué les substan* ces qui peuvent s'employer suivant l'espèce de vernis dont on se sert.
La figure 157 représente une cellule de verre avec fond, on s'en sert pour préparer les objets opaques. Ces cellules,
moulées d'une seule pièce, présentent un espace destiné à recevoir la lamellecouvercle.
D'après l'ordre énoncé au commence* ment de ce chapitre, il nous reste maintenant à indiquer les différents liquides conservateurs et leurs propriétés. Les liquides que nous allons indiquer sont généralement employés par les micrographistes.
Celte solution peut s^employer dans les proportions suivantes :
Chlorure de sodiunii . . . , 1 gramme.
ËAttdifUUéc ;. 10 -
Beaucoup de substances animales et végétales se conservent dans cette solution; on peut y «ajouter une petite quantité de solution aqueuse de camphre. M. Quekett nous apprend que M. Cooper ajoute une petite quantité d'acide acéliqne à cette solution ; de la sorte^ elle peut, suivant lai, conserver la couleur des tissus.
Dans le but d'empêcher la formation des conferves, M. Quekelt ajoute à la solution aqueuse de chlorure de sodium quelques gouttes de créosote. M. Strauss emploie la solution suivante :
Eau * 6 graiiimes.
Chlorure de sodium 1 —
M. Quekett :
£au » i once.
Chlorure de sodium . 5 grains.
La solution de chlorure de sodium peut donner de trèsbons effets dans un grand nombre de cas.
Ce liquide peut conserver la plupart des tissus végétaux et aniiMui.
E«a et ale«oL
L'alcool est le préservaiif par excellence, mais il a Tinconvénieni de décolorer un grand nombre de corps et de contracter les parties molles; cependant, dans certains cas, il peut rendre de grands services. M. Strauss indique TalcooU 22 degrés comme pouvant être employé. M. Quekett empkie un mélange do 1 partie d*alcool dans 5 parties d'eau dblilléCé
soi PRÉPARATION DES OBJETS
Ce sely proposé par M. Gannal, pour prévenir ia décomposition, peut être employé à la dose de 1 gramme sur iO d*eaa distillée. Il peut conserver les chairs et quelquefois la couleur, mais, ainsi que l'a remarqué M. Strauss, il détruit les substances calcaires.
S«irate d*ataailBe et de pelMiae (aln dm eeouneree).
M. Strauss aindiqué que ce liquide détruisait les substances calcaires, mais qu'il avait l'avantage de conserver la mollesse des chairs, ainsi que les couleurs, surtout celles des muscles, et aussi les tendons, les aponévroses, les membranes séreuses, la graisse, le tissu cellulaire. Ce sel peut donc être employé avec avantage.
Les proportions indiquées par M. Strauss sont les suivantes :
Alun 1 gramme.
Eau distillée 16 —
9etatleB aqaeaflc de Milffale de perexyde de fer.
Ce sel a la propriété de conserver les parties molles; il s'emploie à la dose de 1 gramme sur 100 d'eau distillée.
SelvIleB «««ewM de dealo-elilenure de
(•aMlmé eerreelf).
Le sublimé corrosif peut s'employer A la dose de 1 gramme sur 60 d'eau distillée ; il peut conserver toutes les parties ne contenant pas d'albumine, cette dernière substance neutralisant le deuto-chlorure de mercure. En résumé, on peut retirer de grands avantages par l'emploi de ce sel.
9«latloB a^aevae de Miltele de Blae.
Les proportions indiquées par M. Strauss sont les suivantes :
Sulfate de linc 14
EaudisUUée 10
Suivant lui, il conserve très-bien la fibre musculaire, les téguments, la substance cérébrale, etc.
Dans les proportions de 1 dixième du poids de Teau, il peut aussi très-bien conserver les mêmes objets.
Une propriété remarquable de cette solution a été indiquée par M. Strauss. Il a remarqué que tous les organes des larves d'insectes (chenilles), à l'exception des téguments, se détruisent en quelques jours dans cette substance, tandis que les organes des insectes parfaits se conservent très-bien. En effet, les muscles des insectes parfaits conservent leur souplesse naturelle, les trachées deviennent d'un blanc crayeux, ce qui les rend faciles à distinguer des autres organes; les viscères se conservent très-bien, etc.
Ce sel s'emploie dans la proportion de :
Hydrochlorate 1 gramme.
Eau distillée 10 ^
11 peut conserver très- bien la chair des mammifères, mais il détruit celle des insectes parfaits. On peut ajouter un peu de camphre à la solution du chlorhydrate d'ammoniaque.
de calelaM, ratffite de «fade, eUonure de bIm.
Le chlorure de calcium desséché h là dosé de 1 gramme sur 3 d'eau distillée (Schacht) ou de 1 gramme sur 6 d'eau
AaTBiB CBEVALlEâ. 20
SOd PRÉPARiTIOM BES OBJETS
distillée (Strauss) peut aussi servir à conserver la chair des mammifères. Ce produit est parfait pour les tissus végétaux, et nous ne saurions trop le recommander.
nitrate de eluiox.
Un gramme de ce sel, dissous dans 5 grammes d'eau distillée, donne une solution qui conserve fort bien la fibre musculaire. Dans toutes les solutions, on doit, autant que possible, remplacer l'eau simple par l'eau camphrée.
Ces sels s'emploient comme le précédent.
CMiiiMMUite de pelasse
Un gramme de ce sel dans 50 grammes d*eaa donne une solution excellente pour conserver les cellules nerveuses.
AMéalale de petaMe.
Eau... ..••• •• 250 gr«aim(!:$«
Arséniatc de potasse 1 —
Cette solution s'emploie comme la précédente.
Llvalde de M. Oeadby.
M. Goadby a indiqué dans le Microscopic Journal la solution suivante :
Sel marin • à oncos.
Alun t 2 —
Snblimé corrosif * • . h grains.
Eau 2 pintes (quart).
Suivant M» Thwaites^ cette solution est parfaite pour la
DANS LES FLUmEa. 807
conservation des algues marines. Cette solution peut aussi servir pour les préparations animales.
M. Quekett, dans son Traité du microscope j indique aussi différentes solutions, qui peuvent être employées pour la conservation des préparations animales et végétales. Ces liqueurs sont les suivantes :
Eau 6 quarts.
' Sel marin 3 pounds.
Soblimé 7 ^ains.
Ou bien :
Acide arsénieux 2 drachmes.
Sel 3 pounds.
Eau 6 quarts.
Pour dissoudre l'arsenic, il doit être chauffé dans une partie de l'eau employée.
Créoiiole.
M. Thwailes a indiqué la composition d'un liquide qui peut conserver parfaitement les algues, en laissant intact rendochrome. Ce liquide peut aussi être employé pour les autres préparations végétales et pour une foule d'objets provenant des tissus animaux.
Je recommanderai d'une manière toute particulière le liquide de M. Thwaites, car il est parfait et peut rendre d'immenses services.
Sa composition est la suivante :
On prend \h grammes d'eau distillée, à laquelle on ajoute 1 gramme d'alcool, et l'on sature ensuite ce liquide de créosote. On agite et on laisse reposer quelques jours.
La solution terminée, on filtre au papier, ou, comme Tindique Mi Thwaites, à travers de la craie lévigée;
J'ai obtenu de bons effets en filtrant seulement au papier, ou en déposant sur le filtre une petite quantité de kaolin épuré.
La liqueur obtenue est incolore et doit être conservée dans des flacons parfaitement bouchés.
M. Quekett ajoute que Ton peut mélanger le liquide de M. Thwaitesavec de l'eau saturée de camphre. Ce mélange se fait à parties égales.
Je n'ai pas essayé cette dernière solution qui doit, du reste, donner de bons effets.
C*est à M. Warington que l'on doit l'idée de Tcmploi de cette substance. Suivant lui> elle conserve très-bien la couleur verte des infusoires, et aussi les tissus végétaux et animaux.
On l'emploie dans les proportions suivantes :
Glycérine 1 partie.
Eau distillée 2 —
Pour les coupes d'os, de dents, etc., on peut employer:
GKcérine i partie.
Solution aqueuse de chlorure ou nitrate de calcium à 10 p. 100. 2 —
Un excellent mélange est celui de gomme et de glycé* rine. Il s'emploie pour les tissus animaux et végétaux. Voici les meilleures proportions :
Solution épaisse de gomme à parties.
Eau. ^ —
Glxcërine S —
La glycérine pure doit se dissoudre complètement dans l'alcool acidulé par Vacide sulfurique^
La meilleure glycérine est celle anglaise de Conor. La glycérine est précieuse en raison de son peu de ré« fringence.
■■Ile Ae riela) ewee «e cMr— , halle flae.
M. Warington a aussi indiqué que l'on pouvait employer pour les crustacés, les petits champignons, les insectes parasites, Y huile de ricin {castor oit) rectiCée. Pour les pollens, Fessence de citron réussit bien, mais Thuile blanche non figeable des horlogers est le liquide le plus parfait pour cet usage.
naplile.
M. Quekelt a remarqué que le naphte, employé dans les proportions de 1 gramme de naphte sur 8 d'eau, distillée, conservait parfaitement les substances animales. Celte remarque est fort juste, et ce liquide donne d'excellents résultats. J'ai toujours considéré le naphte comme une excellente substance, et je ne doute pas que, substitué à la créosote, dans le liquide de H. Thwaites, il ne produise des résultats égaux, sinon meilleurs.
Sllleate tfe petaeee.
Le vernis au silicate de potasse est un excellent milieu pour préparer les objets. On met la pièce humectée d'eau sur le porte-objet ; on y laisse tomber une goutte de silicate, puis on applique la lamelle. — Au bout d'une demiheure, le produit est solidifié. Le pouvoir réfringent du verre soluble est aussi faible que celui de l'eau ; les objets préparés ont donc le plus bel aspect. — Les parties cornées, les nerfs, muscles, le tissu de la rétine, se conservent dans celle substance.
MO PRiPÀlUTtON DES OBJETS
Hytfroehlorate tfe sontfe, «eMe «miéiilMis, MiMlmé e«rr««ir.
— Pretoehionure tf« mereare.
Je dois à robligeanc6 de M. le docteur Lequoy les formules qui vont suivre. Celle du docteur Pacini surtout . donne des résultats parfaits. Ce liquide doit donc être employé exclusivement.
Pour les parties molles en général :
Hydrochlorate de loude 1 gramme.
Alun AO cantigr. .
Sublimé corrosif 2 —
Eau distillée 20 grammes.
Pour les parties très-molles :
Alun 2 grammes.
' Acide arsénicux 1 ccntigr.
Eau distillée iO grammes.
Pour les parties nerveuses :
Hydrochlorate de soude ' 1 gramme.
Sublimé corrosif. . . i centigr.
Acide arsénieux « 1 «-
Eau i 0 grammes.
«•BdlMM, réiUM, «le.
Protochlorure de mercure 1 granune.
Chlorure de sodium 2 —
Glycérine blanche^ 25*> 13 —
EaudistiUée 113 ^
I4«altf« «e M. ArtliHr Elotfe p^ar !«■ iii#llw«
Sel de Bayonne 10 grammes.
'Alun ammoniacal 5
Eau mtrée 115 —
Filtrez et ajoutez :
lodiire de potassium 1 centigr.
Bichlorure de mercure 5 miUigr.
Eau 5 grammes.
MÀVMm ûu «•e4e«r V^Hia, pwmr la rétUi« préataMeMeai «w«le
Bichromate de potasse 10 grammes.
Sulfate de soude 2 —
Eau 380 —
0«ltrttoB a^aeaae tf^adde eluwMltae.
L'acide chromique^ dissous dans Teau jusqu'à la teinte jaune paille, peut être employé pour conserver les objets délicats, et peut aussi servir pour Tétude et la conservation des liquides vitreux de l'œil. C'est H. Warington qui a indiqué l'emploi de l'acide chromique pour Tusage que nous venons d'indiquer.
M. le docteur Morel dans son savant Traité d histologie indique l'eau sucrée de consistance sirupeuse, pour conserver les éléments anatomiques. On en fait avec Teau distillée, et l'on a soin d'ajouter quelques gouttes d'alcool pour éviter la formation des sporules. Ce liquide conserve indéfiniment les glandes, la cornée, l'ovaire, la peau, etc. C'est donc un précieux moyen, facile à employer. Nous pensons que pour les tissus végétaux, ce liquide donnerait d'excellents résultats.
H. le docteur Ordonez, savant bistologiste qui excelle dans l'art de préparer les objets, a bien voulu nous com-
s 12 PRiPARàTION DES OBJETS
muniquer les formules suivantes. C'est une bonne fortune pour les micrographes :
Glycérine blanche 25 gammes.
Eau dUtillée 10 —
Tannin 50 cenli^.
Filtrei.
Ce liquide est très-utile pour les préparations de peau ou de glandes. Au bout d'un certain temps, les élémenls anatomiques prennent une coloration marron plus ou moins foncée ; mais celte circonstance, loin d'être un inconvénient, facilite l'étude des détails.
Glycérine pnrc 5 grammes.
Ean distillée i5 —
Eau camphrée 5 —
Acide acétique 5 gouttes.
Filtrez et conservez dans des flacons bien bouchés.
Ce liquide est très-bon pour les préparations de cartilages, de peau, de nerfs, d*entozoaires, etc.
Eau distillée 15 grammes.
Alcool rectifié créosote 1 —
Eau de chaux 1 —
Glycérine pure 5 *-
Eau camphrée 15 ^-
Filtrcz.
Avec ce liquide, on peut préparer le tissu fibreux, les muscles, les capillaires.
Eau distillée S5 grammes.
Glycérine 1 —
Alcool rectifié 1 —
Solution de sublimé (bichlorure
de mercure) au 10* 10 gouttes.
Filtrez.
Avec ce liquide, on peut préparer la plupart des t'usus, des glandes, nerfs, etc. Il sert aussi pour les produits pathologiques.
Eau distillée 20 grammes.
Acéttle d'alumiac 1 —
Fittrei.
Pour le montage des tissus, précédemment colorés par la solution de carmin et pour les algues colorées.
Eaa distillée 25 femmes.
Acide arsénietu 5 centigr.
Faites booiUir et filtres. Ajoutes :
Eau distillée légèrement camphrée 50 grammes.
Pour la préparation de la plupart des tissus.
Eaa distillée 25 grammes.
Alcool créosotée 1 —
Filtres.
Pour les préparations du tissu musculaire, pour les tendons, les cartilages.
Eau distillée 20 grammes.
Chlorure de sodium 5 centigr.
Eau camphrée 1 gramme.
Filtres.
Poar la préparation des épithéliums, des cellules nerveuses.
Eau distiUéc 25 grammes.
Glycérine blanche i —
Solution aqueuse d'acide chro-
mique 1 —
Eau camphrée 5 r—
rdtres.
Hh PRÉPARATION DES ORJETS
Ce liquide sert indifféremment pour la préparation de la plupart des tissus.
I«l4«ltfe de ttMitBeh, i^nMlé pmr J. matfe (tfe Mnmkto).
Esprit (à 90 p. 100 et très-clair). 3 partiel.
Eau distillée 2 —
Glycérine 1 —
Les parties s'entendent au poids. Ce liquide conserve parfaitement les algues vertes, et est employé généralement en Allemagne.
Toutes les solutions que nous venons d'indiquer seront soigneusement filtrées et conservées dans des flacons parfaitement bouchés. On comprend aisément l'importance de la parfaite pureté de ces solutions.
Il v a encore bien des recherches à faire, bien des essais pour trouver des liquides conservateurs parfaits; les micrographes peuvent donc se mettre à l'œuvre. Parmi les sels, les huiles, etc. , il y a bien des substances qui n'ont pas encore été essayées et qui peuvent donner de bons résultats. Nous pensons que les essences aromatiques, telles que celles de girofle, de cannelle, etc., pourraient être utilement employées.
J'ai essayé aussi deux sirops incristallisables, qui conservent très-bien les substances végétales.
Ces sirops sont ceux de blé et de fécule; on les dissout dans Teau distillée, et ils font deux bons liquides pouvant servir dans un grand nombre de cas.
Je terminerai ici la nomenclature des liquides conservateurs. Nous allons maintenant indiquer les moyens de les placer dans les cellules avec les objets.
Les moyens que l'on doit employer pour clore les cellales sont les suivants :
Après avoir parfaitement nettoyé la cellule, à l'aide d'un
DANS LES PLmDBS. Si5
linge de toile fine et d'un peu d'alcool, on y dépose une quantité de liquide conservateur en rapport avec la capacité de la cellule. Le liquide est déposé à l'aide d'un petit bâton de verre, ou encore avec un petit tube semblable & ceux dont on se sert pour les infusoires.
L'objet, que Ton a laissé quelques instants séjourner dans le liquide conservateur analogue à celui qui est dans la cellule, est déposé daus cette dernière, puis étalé soigneusement, à l'aide d'aiguilles emmanchées ou autres instruments.
Cela fait, il ne reste plus qu'à clore la cellule.
Pour celte opération, on passe légèrement, à l'aide d'un petit pinceau, sur les bords de ladite, une petite quantité de mixtion des doreurs mélangée à parties égales avec la dissolution de bitume dans l'essence (pour les cellules au pinceau ou en verre, on agit de même), en ayant soin de ne pas déposer de cette substance dans le liquide conservateur qui se troublerait et rendrait la préparation impure.
On doit prendre les plus grandes précautions en faisant l'opération que je viens d'indiquer.
La mixtion des doreurs peut être remplacée avec avantage par le vernis français, ou par un mélange à parties égales de ces deux substances.
Le petit couvercle en glace mince, rond ou carré, suivant la préparation, est alors posé sur la cellule par un de ses côtés, puis abattu ensuite. On appuie alors très-légèrement, et si l'on a bien agi, on n'enferme pas de bulles d'air dans le liquide.
Si quelques gouttes de liquide sortent par les bords de la lamelle, on les enlève avec un peu de papier buvard, puis on laisse sécher la préparation pendant un jour ou deux.
316 PRiPARATIOll DES OBJETS
La préparation sèche, on passe sur les bords de la lamelle» et avec précaution, une petite quantité des substances déjà indiquées, soit mixtion, vernis, etc., puis on laisse complètement sécher. On nettoie ensuite l'espace transparent du couvercle, et la préparation est terminée.
Ce mode de préparation est plutôt minutieux que difficile. Ainsi, il faut prendre garde de ne pas mettre trop de liquide dans la cellule, et, dans ce cas, l'enlever avec de petits morceaux de papier buvard; ensuite on devra prendre les plus grandes précautions lorsque Ton appliquera le couvercle. Le reste des manipulations est aussi simple que facile.
Les préparations dans les fluides oflrent le plus bel aspect, et l'on est grandement récompensé de ses petites peines, quand on a fait une préparation d'un objet curieux, que l'on peut considérer à loisir, sans craindre qu'il ne s'altère. C'est un vif plaisir pour un micrographiste de pouvoir, à tous moments, lire un mot de la grande page de la nature !
A««l«loi
Je signalerai ici un nouveau composé qui donne d'assez bons résultats pour la préparation des navicules et autres objets très-délicats. Voici la formule de ce composé :
Dans 30 grammes de chloroforme on fait dissoudre 1 gramme de caoutchouc naturel. Lorsque la dissolution est opérée, on ajoute du mastic en larmes jusqu'à consistance sirupeuse ou demi-sirupeuse.
On peut avoir deux solutions dans les conditions que je viens d'énoncer, pour les employer suivant la nature des objets.
Pour faire usage de cette substance on en dépose une
DANS LES FUJIDBS. 317
gouttelette sur nne lame de glace, puis on place l'objet , qae Ton recouvrira d'une lamelle mince, sur laquelle on appuiera légèrement. On laisse sécher un jour, puis on liasse sur les bords de la lame une petite couche des vernis que j'ai déjà indiqués pour cet usage.
Le mélange de chloroforme, mastic et caoutchouc, avait été indiqué dans d'autres proportions par M. Lender (de Philadelphie).
Les préparations faites avec la solution que je viens d'indiquer sont inaltérables et d'une transparence par* faite.
J'indiquerai ici un nécessaire pour les préparations et expériences microscropiques, dont le prix minime peut en populariser l'usage. Une boite de bois, fermant à clef, contient : une cuve de porcelaine, douze lames, douze lamelles, douze pinceaux, un flacon rodé contenant du baume, une lampe à alcool, un bain-marie, quatre pots de porcelaine, une cloche de verre & support rodé, quatre baguettes, une pince de bois, deux entonnoirs, deux tubes de verre, une mesure graduée, deux verres de montre, dix-huit flacons contenant : huile de naphte, alcool, copal, mixtion, bitume, créosote, sulfate de zinc, glycérine, acide chromique, acide acétique, soude caustique, éther, acides nitrique, chlorhydrique, sulfurique, teinture d'iode, potasse, ammoniaque.
Afin de rendre tout à fait complet ce nécessaire, on peut y ajouter une toumette, une presse à dessécher, de la glu marine, des tubes-cellules.
Ce nécessaire est le complément indispensable du mi« croscope et le vade-mecum du micrographe.
Je terminerai ce chapitre en transcrivant les ingénieux procédés dont se sert M. Belleroche (d'Anvers), pour la préparation des objets.
Pour la solution de cblonire de calcium, je crois que le mélange que vous indiquez est trop faible, soit :
Calcium 1 gprammc.
Eaa distillée 6 —
La solution indiquée par le professeur Schacht se compose de :
Calcium i .partie.
Eau distillée 3 — -
et c'est celle dont je me sers avec succès , sans altérer la couleur des coupes végétales, les diatomées vivantes, les mousses, les algues, les jungermanniées et autres hépatiques, etc., etc. Il est vrai que les clostéries et les desroidiées changent leur couleur vert intense en olive tendre, mais j'ai pu remarquer que les autres liquides produisent le même effet sur ces objets microscopiques.
Je crois que le mélange ci-dessus mentionné offre aassi la densité nécessaire pour empêcher le développement inattendu et fort contrariant de certaines mucédinées. Et encore, malgré la proportion astringente de 1 à S, j'ai découvert que le Pénicillium glaueum s'y développe parfaitement, quoique privé d'air et de lumière. C'est le cas de rappeler qu'il faut éloigner de la table à préparation toute matière moisissante. Au moment de préparer un cyclope au chlorure de calcium, j'avais oublié, à ma portée, une tranche de citron moisie, et je me suis aperçu, plusieurs semaines plus tard, que mon cyclope portait sur la nuque une superbe houppe de Pénicillium^ trop belle en vérité pour être dérangée. 11 y a plus, au fond même de la fiole contenant le liquide, il se forma une foule de touffes de Pénicillium aux filaments droits, ramifiés et argentés, et je me vis forcé de jeter contenant et contenu pour me débarrasser de cette lèpre.
DANS LBS FLtJlDES. 319
Avec la méthode dont je me sers pour faire mes prépa* rations liquides (toujours avec le couvre-objet carré), je n'emploie d'autres outils qu'une pince en métal, pour ne pas toucher au couvre-objet avec les doigts après l'avoir essayé, un scalpel excessivement mince au bout pour soulever s'il y a lieu le couvre-objet, un pinceau assez fin pour l'emploi du vernis, et du papier buvard pour enlever du porte-objet l'excès de liquide.
Je trace sur le porte-objet, avec du vernis noir, deux bandes parallèles dans le sens de la longueur, et un peu plus longues que le couvre-objet, ayant égard aussi à sa largeur, comme dans la figure 158.
FiG. 158.
Vous remarquerez, monsieur, que je laisse ouverts les deux bouts ; l'épaisseur de l'objet à préparer détermine le nombre de couches de vernis à superposer pour arriver à Télévation requise, il est rare que cela dépasse trois couches (qui m'ont suffi pour la plupart des mousses, hépatiques et algues des charmants fascicules de Wagner). Une plus forte épaisseur exclurait l'usage de certains objectifs nécessaires cependant pour divers détails dans des objets qui n'engent dans leur ensemble qu*un faible grossissement. Enfin, cette épaisseur n'empêche jamais de fermer les deux bouts après la pose du couvre-objet.
Avant d'employer le porte-objet, je rafraîchis la surface dn vernis par une dernière et très-mince couche de même substance ; pour assurer l'adhésion, je dépose entre les
*i20 PRÉPAnATION DBS OBJETS
deux bandes une assez grosse goutte de liquide, ensuite l'objel à préparer, donnant h ce dernier le temps de sMmbibcr, puis je laisse tomber le couvre-objet à plat sur le liquide, ayant reconnu que c'est le meilleur moyen pour chasser l'air qui pourrait s'arrêter sans cela dans la préparation. Le couvre-objet étant fixé par la pression nécessaire, j'ajoute du liquide (s*il en manque), par capillarité, et si le liquide déborde par l'un des deux bouts, ou par tous les deux, j*eniève l'excédant au moyen du papier buvard. Le liquide étant parraitemcnt concentré entre les deux verres, et le pourtour convenablement séché, je ferme les deui bouts au pinceau, et achève le premier encadrement au vernis, et le lendemain, lorsque cet encadrement est sec, j'en applique un second pour terminer la préparation, en donnant au vernis une épaisseur suffisante pour l'égaliser partout, et achever nettement les contours.
Si le travail a été bien fait il n'y aura pas d'air, mais si, par trop de précipitation on a mal opéré, et s'il reste an peu d'air on soulève lentement le couvre-objet à l'aide du scalpel par le bout le plus rapproché du globule, et après avoir dégage l'air on ajoute autant do liquide qu'on peut en Taire absorber, mais par le bout opposé^ pour ne pas risquer d'avoir d'autres globules par engorgement. On comprend qu'il Tant exercer dans ce cas une nouvelle pression, et recourir h l'usage du papier buvard.
La glycérine, traitée de la môme manière, oflre cepcndant un peu plus de difficultés, car, ce qui déborde sur le porte-objet ne s'enlève pas si facilement que la solution de calcium, et si la siccité n'est pas parfaite le vernis n'adhère pas au verre.
Le vernis noir dont je vous ai parlé, et dont je me sers pour mes préparations, est celui qui est particulièrement recommandé par le professeur Schacht pour son ioal-
DANS LES FLUIDBS. 321
térable * durabiltté, ce - vernis se ; nomme en alleiiia^d Sckwarzer ynaskeiUackf n"" 3, et se fabrique p^ir Beseler» Scfaiûtzenstrasse, n"" 66; à Berlin ; mais on isn fabriquey je oroisy partout; et celui d'Anvers. ne laisse rien à désû'er. .Les Hollandais rappellent vuitr lak (liUéralement; vernis au feu)^ parce qu'il s'emploie par les poéliers pour verair le tôle à chaud. Il a l'avanlage de ne jamais se feu* diller, de ne pas devenir collant ou mou en été, et suirtout de sécher promptement sans contractions ; je possède une fiole de bitume de Judée ^jam^ je n'ose assurer que son emploi soit aussi satisfaisant. On doit laisser sécher les préparations au vernis dans une position horizontale; pendant une huitaine de jours^ avant de les poser sur champ dans les boites.
: Scha:cht recommande d'avoir deux pots de vernisi l'un contenant du. vernis assez liquide pour former à une trèsfaible épaisseurd'abprd 9 les deux premières raies parallèles sur le porte-objet, l'autre avec du vernis plus ou moins évaporé et ^d'une consistance plus convenable, par son épaisseur^ pour la fermeture des deux bouts du <:ouvreobjet» comme aussi pour achever l'encadrement extérieur. . Quand j'ai dit que je laisse tomber le verre mince & plat sur le porte-objet, je ne me suis peut^^étre pas assez expliqué. Pour ne pas toucher à la surface du verre mince, je le saisis avec les onglesde Fijidex et du pouce et ne le laisse échapper qu'aptes l'avoir rapproché le plus possible dhi4^ quide sans toucher au vernis. Dans les préparation iia glycérine, il faut très-peu de ce liquide avant de poair le verre carré, il suiTit que l'objet soit smhlReiH )Nen cwvert et entouré dé liquide, pour qu'il n'y âU d^pun débonde* ntcMt; parce qu'il est facile ensuite d'introduire entre let dém verreà hi quantité de glycérine nécessaire pour for* mer le plein, et que ce qui déborde s'enlève moins facile-
AtTRUl CHITALIKft. 31
mteûi l)ûe lé caltiûnii Dans les préparations au calcium^ il i^ai y àv&ir uBd piâl i^Ade qUamilé dé liquidé, biékk entendu itûAiid l'objet Aê Tome qu'une seule pfêté^ telle qû^ane imnehfe végétale ; fAf «i )& préparation ^ f^mpose tié ))ld»téurà pârttouléis susceptibles de se ûMi&^f et de s'éparpiller, eommè le pollen des Heurs, ete.^ Vcop dé liquide t>misbnneraii la dispersion^ Donc, dans ce dernier eas> il ihnt ^n agir toininê àvée m gl^riné^
Ce n*est pAS lottjonrt l^hOSè facile qUé dé toMfitéier la
qnftniité dé liquidé entré les deux terrés, par eapilkrité; si» p&r suite du travail préliMinAiré> il n'est plus à craindre qué l'objet, déjà noyé dans le liquidé, soit en conUct im-
tnédiât nveé des globules dllir, il n'^t pas moins possible que pendant l'infiltration il se forme des lacunes & Tentour
dé l'objet) contriiriété qui obligé dé s^uléVér un bout du couvèrelè, éé qu*on doit toujours lâcher d'éviter j on y parvient en faisant attention à te que le liquide Juttaposé pour l'absorption soit en trés^petite quantité en une fbiS) et pdr une Nquénié répétition > ensuite & ce que k jukia^ pOttUiun «é ikllé A un point quelconque des déut extrémités oft l« liquld% tfynché nu bord du vérre carfé« Htm dessin (09% IW) «n donner» vm idée éïsicté> On vi%nt d« poser
Pi6. !5ô.
It oottvreioli^et) et d^«3tereer 1« pression iiéoesitit>e poor iisarâi'dlMsioB> tes bouts G et D sont enoora ouverts» B rtpréMite It vid« qui nssM & remplir^ A M k liquide dMt loèjvt NI firfeileiiitnl Mtouré» H toudM ta bord
eb G» G^eât dofiû là qu'il Ihut déposer fiuccessivemènt et jttsqu^à Mtlété) dei gouUee de liquide pour rabàorpiion» La réa&sile c«l bien plus eertftine &{> nvant d'appliquer le eouvrenobjet, on a eu soin d^ëtendre le liquide au mi« lieu entre les deut bandes de vernis» pour quil touche à m bandes; alors les lacunes ne peuvent plus se présenter
qu'à la droite et à la gauche, el par Tapplication du liquide sQppléroentftire & Tun des deux bouts» on eifectue Texpulsion directe de Tair au bout opposé et son rempiacement pnr la glycérine ou le calcium, tandis que le plein s'opère également du côté du dépôt, et il n'y a plus qu'à sécher au moyen du papier brouillard.
Cest un point très-important de donner autant de lU qtiide que les verres peuvent ^n^ibsorber, et en accordant le temps nécessaire pour la parftiite absorption, jusqu'à mtiéU^ comme je Tai déjà dit, parce que, si on négligeait celte précaution » le vernis appliqué ensuite aux deux bouts passerait en partie entre les deux verres el gAterait Taspect de la préparation.
' Le vernis reste forcément en dehors» surtout sll est iss^ consistant) quand aucun vide n^existe entre les deux terres»
L*éttndne de ces remarques peut vous sembler puérile t mais si Tétudiant n'y a pas égard, il peut éprouver assex de contrariétés pour douter de ki méthode, si facile cependant après un peu de pratique, à part la seule diiRculté de quelque importance dont j'ai eu Thonneur de vous parler. D^ailteurs, j^explique ici une méthode préconisée par le docteur Schacbt déjà assex longtemps nvant la publication de son traité» qui a paru en IBôSj et dont j'ai eu connais^ sance par M. Henri Van Reurck, à la suite de son voyage àSonn.
Vous snvei déjà} monsieur, qael en n été Thenreut
iià PIIÉPARÀTION DES OBJETS
soltat pour moi : une collection d'excdientes préparalions au nombre de 1200, en moins de trois années! Certes, ce fait doit être encourageant pour l'étudiant qui désire conserver un souvenir indestructible de ses observations microscopiques I comme pour ceux qui hésitent à faire l'acquisition d'un instrument qui procure tant de vives jouissances.
Qu'on ne s'imagine pas que cette facilité à se faire en peu de temps une riche coUectioUi soit aux dépens des commandes que Ton pourrait passer aux préparateurs en renom ; j'ai la preuve du contraire, car plus on avance, plus on éprouve le désir de posséder aussi une foule d'objets que nous ne savons où aller prendre, ou bien que, les ayant obtenus, nous ne savons pas préparer avec cette exquise perfection qui est le secret de l'arliste. C'est ainsi que j'ajoute annuellement à ma collection 50 à 100 préparations de MM. Bourgogne, dont les tests surtout sont ini* mitables.
Une des récréations microécopiques les plus attrayantes, à mon avis, est la recherche des algues, des diatomées, etc., qui abondent dans les eaux de presque tous les fossés wi peu profonds. La conservation de ces objets aux innombrables formes est d'un attrait irrésistible ; elle procure le moyen de les revoir et de les étudier plus à loisir, de les montrer à des amis capables de nous en indiquer les noms, ou de les chercher nous-mêmes dans les excellents ouvrages qui existent aujourd'hui et qui, pour la plupart, sont à la portée de toutes les fortunes. Mais il faut cônvc* nir que pour la conservation des diatomées, jpeu de personnes auront la patience de s'y prendre comme il faut pour les avoir d'une propreté irréprochable. En effet, quelle patience ne faut-il pas pour les extraire de la goutte d'eau plus ou moins trouble, pour les laver dans de l'eau dis-
DANS LES FLUIDES. . ftSS
Ullée, les reprendre une à uno-api» ttt aw^fiit sécher; tout cela à l'aide du œicroseope simple et d'un piiioeati trés^fin.
J'ai fait environ 160 préparati(As de diatomées, de dosteries, de desmidiées, etc., etc., par un procédé beaucoup plus simple et satisfaisant, c'est-ànlire en faisant alniéga* lion de l'élégance.
Parmi ces objets, il y en a d'une telle petitesse q^e je les aurais infailliblement perdus si j'avais eu kl'prétçiition de suivre la route ordinaire, en passant par tontes les manipùlâtiops. Tels sont les Pediasirum Nupoleonis^ les Syncrypta vohox^ et d'autres volvociens à tous les degrés de développement, les dostéries, qui se Jélàrmént au moindre contact, les monades, et enfin les diatomées pro'^ prement dites, d'une telle ténuité que l'estomac d'un Sien* lor Mulleri en contient souvent une quantité incroyable.
Après avoir laissé reposer pendant huit ou dix jours, dans un bocal à large goulot, une quantité d'eau prise dans un fossé, avec un peu de la vase qui en forme le lit, je puise dans ce bocal, à l'aide d'un tuyau de plume, la quantité d'eau et de vase qui peut remplir au tiers un verre de montre de grandeur moyenne ; je laisse encore reposer cette eau pendant une heure, exposée à une vive lumière; pendant ce temps, les diatomées vivantes, les desmidiées, les clostéries et une légion d'infusoires se dé* gagent de la vase qui se concentre au fond du verre, pour se mouvoir dans l'eau plus ou moins claire vers le bord. On peut, d'ailleurs, hâter la concentration des corps étrangers et inertes en imprimant à l'eau un léger mouvement de rotation.
A l'aide d'un tuyau de plume taillé en pelle, je prends dans la partie claire, et en grattant un peu le bord (où se collent les diatomées), une goutle d'eau que je dépose sur
lU un WlMnaNI,
VexlHmili wt (mninée ptr m tube oylindricfu» dwllni à
élre introduit dfini U« YsiauMtux,
Quand l'injection devra âtre lente, durer longtemps et se liiire avec de l'essen» colorée, on se servira d'un flacon à deux tubulures (fi^, <M), i I'ub* dMqH»ll«i egt luié avec soin un tnbo en v«rro WvAi 9^ qui enfonce peo dam le
FiG. 161.
flacon, et porte un robinet de- cuivre lixé à l'aidu d'un lube de caoutchouc A. Ce robinet reçoit la canule c par Troltemenl.
L'autre tubulure re^it un tube M d'une longueur proportionnée k la pression sous laquelle on veut faire l'injection, et pouvant se dévisser en deux. Il descend au fond du vase, et, le Racon étant plein de matière à injection, on remplit le tube de mercure jusqu'il la hauteur voulue ; le métal s'accumule en n, à mesure que l'injection sort, et la soulève en même temps qu'il la presse plus ou moins, suivant U hauteur de la colonne mcrcarielle du tube, qui rarement dépassera 70 centimètres.
M» mtiertoM. 811
Tit Mt l6 i6QûBd dM moyen! indUpeniaUet pour pousser longtemps et lentement une Injection tous une presk lien oonitente ou rendue oonetànte par reddition greduelle
du mercure.
Les plus utiles sont des aiguilles d'aoier deiUnéei à déboucher les canules.
Des aiguilles à sutures courbei pottT pitMr II U|ature
«ttlour du vAiMMu qu'on inJMte»
S'il survient des fuites pendent riiyectioni il fluit avoir
des pinces à pression continuel tellea que la pinoo (fig. 165), pour fermer l'ouverturei et de petits eautirei i poil pour brùlor l'ouverture des oepil<«
laires qui s'ouvrent.
h paaie rapidetneot lur oei détails seoondaires» la vue du dessin indiquant s ulQiamment remploi •des ungee de Vinstrumeut représenté» pour irrivar au paragrapho important. m, tea,
9 s. w. Ben ■uiltèv^s à tai|ecM*a.
Pour les grosses injections, le mélange de suif» deux
tiers térébenthine, un tiers rouge ou bleu de Prusse bien mélangé, employé & cbaud, voilà la meilleure injeotiori. Pour iei injection» finesi il n'en est plus de mém^ : il faut employer des matières liquides A la tompératûre
ordinaira, et lo meillour mélange ooniisla à employer dei oouleura finaa (oellai dos peintres) broyéea h Thuile» délayées ensuite dana resienee de térébenthine. Le second mélange est la cire d'ËspagOQ diiaouto dans
l'alcool jusqu'à saturation .
8)2 DBS INJECTtORS.
. Ofi conserve les substaôees dans des' flacons bouchis à Vémeri et à large tub}ilùre.
Geis matières, au moment de Tinjection, doivent avoir la consistance de la crème.
Au bout de quelque temps, l'alcool et Tessence s'évaporent, et la matière est retenue dans les capillaires.
Les couleurs que Ton doit avoir toutes prêtes sont :
1* Le vermillon ;
2*" Le bleu de Prusse ;
S"" Le jaune de ohrdme ;
A* Le blanc d'argent, qui sert à affaiblir les teintes trop prononcées en le mélangeant aux autres couleurs.
Le bleu sert pour les artère».
Le jaune pour les veines.
Le rouge pour les veii^es-portes hépatiques ou rénales et pour les conduits excréteui'3.
Le blanc pour les conduits hépatiques et urinifères.
Ce changement dans les habitudes prises pour les grosses injections est nécessaire , car ce mélange de jaube et de bleu donne aux capillaires une belle teinte verte qui réfléchit bien la lumière et les fait distinguer des autres vaisseaux, ce que ne fait point le mélange inverse rouge et blanc, soit sous la loupe montée ou le microscope.
Enfin, si l'on injectait le bleu dans les veines, le réseau étant plus large, plus considérable et se laissant plus faci* lement dilater assombrit la pièce, tandis que la teinte plus claire du jaune donne de la lumière.
Pour injecter de petits animaux, tels que les insectes, les vers intestinaux, comme les canules très«fines s'engorgent facilement, il est préférable d'employer comme nu* tièré à injection les couleurs à l'aquai^llo délayées dans l'eau en quantité suffisante.
. DES INJBGTIOKS. SVÎ3
. Nous n*indiqaerons que ces matières ii^eeiions, toutes les autres ayant des inconvéDicnts plus ou tùoins grands.
Pour faire une bonne injeetion, il faut pousser rinjectton , la pièce étant dans Teau tièdei pour que la solidification se fasse lentement, le sujet étant quarante-huit heures après la morti époque à laquelle les vaisseaux ont perdu la propriété de revenir trop sur eux-mêmes^ et cependant ne sont pas altérés cadavériquement. .
Pour les petits animaux, le temps variera en moins, sui* Tant le volume, la facilité à se putréfier^ la température.
Les précautions à prendre sont les suivantes :
Le vaisseau & injecter une fois mis à nu, on afOeure bien le liquide pour ne pas injecter d'air, et le porte-çanule est adapté dans la canule, également remplie à l'avance du liquide à injecter. Deux fils sont passés sous le vaisseau, Tnn pour le fixer h la canule introduite, l'autre pour fermer l'artère une fois l'injection faite.
L'injection doit être poussée avec lenteur, d'une manière égale ; l'injection d'un organe, quel qu'il soit, durera environ une heure et demie à deux heures, pour bien la réussir et ne pas avoir de rupture dans les injections où le liquide a passé des arlèfes dans les veines, et réciproquement. Le microscope fait parfaitement distinguer les deux systèmes, malgré l'uniformité de couleur.
Une injection, même mal réussie, ne doit pas être rejetée : elle peut toujours être utilisée pour l'étude des capillaires de second et de troisième ordre.
Quand une injection est bien réussie, c'est sous l'eau qu'il faut étudier, à l'aide des doublets à dissection ; on peut alors distinguer les différents plans vasculaires, la
SSA fitt lltilBGTlONS.
forme dei màilloê, leur di«posilion Mlour des organes, deA glandei) des muqueuieSi
Les inslruments qui servent à ce genre de dissection sont les petits ciseatti 4 kiMOM, les aiguilles enmanchécs et le microtome de Strauss.
Les ii\)eelion8 une Ibis disséquée», pour être «onsêrvées, doivent être étalées sur des plaques de verre noir, cott¥e^ te» de t^benthine de Venise, et te tout recouvert d^uae autre pkque de verre transparent* Ge sont aurtout celles qui sont relatives auï muscles, au placenta et aut glandes qui peuvent être ainsi conservées.
La peaU) la piètre» le péritoine, seront leulement desséchés et vernis. Pour les villosiiés des muqueuses, oe les prépare au baume entre deut plaques de verre. On peut aussi les placer dans des cellules cimentées remplies, soit d'eau ( soit de glycérine ou d^alcool ; le tout fermé par une rondelle mince et cimentée. Du reste> nous avons déjA in* diqué les procédés en uaage%