CHAPITRE XX
APPLICATION nu MICROSCOPE A LA CHIMIE.
La cristallisation de plusieurs substances fournira è l'observateur une source abondante de jouissances variéfs.
A LA GHimE. SOS
Exaininé avec le microscope solaire, le phénomène est admirable. La formation des cristaux et les dispositions qu'ils affectent réalisent tout ce que Tespril peut imaginer de plus bizarre, de plus gracieux et de plus délicat. Ces expériences n'exigent pas de grandes préparations; cepen^ dant nous devons indiquer les principales règles à suivre pour choisir, disposer et conserver les échantillons soumis au microscope. Peut-être nous reprochera-t-on de nous servir du mot cristallisation^ car les substances préparées pour l'observation microscopique prennent des formes variées, et Ton ne retrouve pas ces figures régulières et constantes des véritables cristallisations; on pourrait peut-être employer le terme arborisation, mais il nous semble que le premier frappera mieux l'esprit du lecteur et donnera une idée plus exacte du phénomène.
L'eau distillée doit être employée de préférence pour dissoudre les différents corps; on peut au besoin se servir d'eau ordinaire, mais on est exposé à rencontrer des corps étrangers mêlés aux solutions, et quelquefois ils peuvent altérer la forme des cristaux.
Dans le chapitre Préparation des objets, nous avons indiqué les solutions alcooliques ou élhérées qui s'évaporent promptement et donnent des résultats plus rapides.
L'eau sera froide ou chaude, suivant le degré de solubilité du corps, et les solutions seront toujours concentrées. On les obtient facilement en cet étal en les saturant ; le repos amène la précipitation de la matière surabondante. Si Ton opérait avant celte précipitation, il ne se formerait sur le porte-objet que des masses cristallines confuses. En observant ces précautions, les mêmes sels donneront toujours des figures semblables.
On prend une goutte de la solution au bout d'une tige de verre plein, et on Télend sur une lame de verre de
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manière que la couche ne soit pas trop épai^^se. Si la substance cristallise spontanément et avec rapidité, on la place tout de suite sur la platine, et Ton met le microscope au point en examinant toujours le liquide vers les bords, où la couche de liquide est plus mince et commence d'abord à se cristalliser. Si, au contraire, la chaleur est nécessaire pour développer le phénomène, on lient la bande de verre au dessus de la flamme d*une bougie ou sur un feu clair, juf^u'à ce que Ton aperçoive do petites portions qui se solidifient et deviennent blanches ou de toute autre coaleur, suivant la nature du cprps; c*est en ce moment qu'il faut placer le porte-objet sur la platine et observer à la circonférence de la couche liquide. La cristallisation est d*abord lente; mais à mesure que le liquide s*évapore, les ciislaux se forment beaucoup plus vite, et quelquefois même on ne peut suivre leur marche et la formation des difl'érente^ branches qui apparaissent avec la rapidité de réclair. Il faut bien se garder de cesser Tobservalion pendant un seul instant, car chaque seconde voit naître une nouvelle forme; lorsque vous croyez lexpérience terminée, de nouveaux rejetons s'éLmcent de tous côtés, et souvent ils ne ressemblent en rien aux premières productions.
. Quelquefois on éprouve de la didicullé & étendre la goutte de solution sur la bande de verre : elle se sépare en plusieurs petites gouttelettes qu'on ne peut réunir; il faut, dans ce cas, frotter le liquide sur la lame, de manière à humecter exactement la surface lisse du verre, et lorsque cette couche légère est sèche, on y étend sans peine une autre goutte.
Il arrive aussi que le liquide, en s'évaporant, se condense sur Tobjectif et empêche de continuer l'observation; on peut, il est vrai, dévisser les lentilles et les essuyer, mais