APPLICATION DU MICROSCOPE A L ETUDE DES INFL'S01RE
POLYPES, LARVES d'iNSECTES, CRUSTACÉS, ETC.
Nous avons choisi parmi les infusoires les individus les plus curieux. On pourra consulter les ouvrages de Mûller, d'Ehrenberg, et les articles de M. Dujardin, consignés dans les Annales des sciences naturelles ; mais le second est fort cher, et il est souvent difficile de rencontrer le Mùller. Nous avons publié nous-mémc un abrégé de l'ouvrage anglais de M. Prilchard (1). Les endroits où Ton trouve plus spécialement les différents genres sont indiqués à la fin de chaque description. Ces renseignements sont puisés dans l'ouvrage de Mûllcr.
Les infusoires du genre Proteus sont fort curieux à étudier. Ils possèdent la singulière faculté de changer de forme plusieurs fois en une minute; ces transformations s'opèrent avec lenteur et sont faciles à observer. C'est dans l'eau de rivière, au mois de mars, et parmi les lentilles d'eau, que se rencontrent le plus fréquemment les protées.
Nous indiquerons en second lieu les vibrions^ ou anguilles du vinaigre et de la colle de pâte. Quelques fabricants
t) Ce fni'inoirp est contonii dnns ce ohapitro.
A l'Étude des infusoires, polypes, etc. 51S
mêlent de Talun à la colle, et il paraît que celte préparation favorise le développement des vibrions. La structure de ces infusoires est curieuse et bien visible avec un grossissement médiocre.
Sherwood, chirurgien anglais, découvrit un mode curieux de reproduction propre à ces animalcules. Ayant par hasard blessé un vibrion, il vit sortir par la plaie un tube délié semblable 4 un intestin. Slierwood communiqua ce fait à Needham, et tous deux répétèrent l'expérience, qui donna constamment le même résultat, et leur démontra évidemment que cette blessure livrait passage à plusieurs petits vibrions vivants, renfermés chacun dans une membrane propre excessivement mince. Lorsqu'on veut vérifier cette expérience, il faut prendre avec la pointe d'une épingle un peu de pâte contenant des infusoires, et la délayer dans une petite quanlilé d'eau ; on apercevra bientôt à l'œil nu plusieurs vibrions nageant dans le liquide.
Il est facile de glisser sous un des plus gros la pointe flexible et très-déliée d'une plume et de le porter dans une goutte d'eau placée sur une lame de verre. L'aiguille aiguisée en petit scalpel est très-commode pour couper transversalement le vibrion vers le milieu de sa longueur; il faut à l'instant même le poser sous le microscope, et l'on apercevra une multilude de petils vibrions qui s'échapperont par l'ouverture. L'expérience réussit presque toujours, à moins que le vibrion n'ait déjà produit tous ses petits. Si l'on observe l'animalcule mère avant l'opération, on distinguera les petits qu'il contient, et plus on les examinera en un point rapproché Je la queue, plus leurs formes seront prononcées.
Nous donnerons ici la manière de préparer la pâte. Faites bouillir un peu de farine dans de l'eau jusqu'à ce
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que le liquide ait pris la consistance de la pflte employée par les relieurs. Expo^ez*la à Tair dans un vase découvert, et battez de temps en temps pour empêcher la surface de durcir ou de se recouvrir de moisissures ; après quelques jours, la préparation s'aigrit, et c'est alors qu'on trouve à la superficie des myriades de vibrioos.
Pour conserver cette pâte toute l'année, il faut lyouter de temps en temps un peu d'eau ou de pâte nouvelle ; on peut y verser parfois une ou deux gouttes de vinaigre. Le mouvement continu des vibrions empêchera la moisissure.
La Vorticella rotutoria ou rotifère est un des plus beaux sujets microscopiques. La disposition des cils, leurs mouvements particuliers, qui les font ressembler à de petites roues; la belle organisation que Ton découvre sans peine à travers les tissus transparents, les mouvements de translation,'loul se réunit pour exciter l'admiration. Les Vartirelia convallaria et lunaris^ et surtout la belle V. Senia de Mûller, ou Hydatina Senia d'Ehrenbei^, méritent une mention spéciale.
On les rencontre dans l'eau de mer, parmi les lentilles d'eau, à la fin de l'été, principalement sur les feuilles, sur les petits coquillages, dans plusieurs infusions végétales préparées en été, dans les eaux stagnantes, les gouttières, etc.
Nous trouvons dans une note de le Baillif (1) un procédé qu'il donne comme infaillible pour se procurer des rotiféres.
(i) Nous fcniiis souvent ilo^ i'injirunts aux uotes iinrabreusvs que nou« tenons de cet habile observateur. La publication de ce recueil curieux serait une heureuse nouvelle à annoncer aux micrographes. Maintiys fois nou^ âTons mis la main à rœuTrc ; mais il aurait fallu répéter certaioes ^ipériences pour le» compléter. Quelques indicaUons sont d'un lacooisme
A L'ÉTUDB des 1NFUS0IR£S, POLYPES, ETC. 616
a En 1811, dit-ily j'exploitai particuliéremenl la mare dWuteuil. Toutes les fois que les eaux rapportées contenaient des productions connues sous le nom de loges de verres à tuyaux {phryganes)^ j'étais sûr d'y trouver des rotiréres. En conséquence, je fis une ample provision*de toutes les espèces de débris que je pus rencontrer.
» Depuis celte époque, tous les ans au mois d'avril, j'ai mis six ou huit de ces tuyaux dans un vase contenant de l'eau de fontaine» et placé sur une fenêtre exposée au nord. Vers le cinquième jour, suivant la température, une monade jaundtre m'annonçait la génération prochaine des rotifères, et le dixième jour au plus tard je trouvais des colonies de ces animalcules. 11 suffisait, pour les conserver, de renouveler une partie de l'eau de temps en temps. >
Le Baillif fit aussi des expériences sur la résurrection d<;s rotifères après plusieurs jours de dessiccation. Voici comment il s'exprime :
c Mon excellent ami M. Laligant a pris, sur les tuiles de la maison qu'il habite, une loulTe de mousse bien verdoyante. Placée dans l'eau, elle s'est montrée fort riche en rotifères.
n Ce matin, 29 novembre 1831, il a eu la bonté de m'apporter une lame de verre sur laquelle il tenait sept rotifères desséchés depuis huit jours^ et pris dans la touffe de mousse dont nous avons parlé. Deux ou trois gouttes d'eau furent placées sur les animalcules, et au bout d'une heure trois avaient déjà recouvré complètement leur mobilité.
pérant, et M>u\ent même un seul mot suffisait à le Baillif pour lui rappeler le fait le plus important. Enfin, parmi touteit ces observations intéressantes^ il en e«t beaucoup qui auraient besoin d^Hre fécondées par leur auteur. Ces matériaui contribueront à enrichir ce chapitre; mais l'élète a dÛ reculer devant l'idée présomptueuse de compléter l'œuvre du maître.
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que le liquide ait pris la ^ ^ée avec soin, sera ini-
par les relieurs. Exposez ^
et battez de temps en t ^^ ^iridis et grisea. Lin.) —
durcir ou de se recon y destinés par la nature à servir jours, la préparation .^^^ végétal et le règne animal, la superficie des ir >^y^ simplicité de leur organisation Pour conserve y^'/sse reproduisent. Ils ont une appade temps en te .v'^^ présentent plusieurs branches qui peut y versr /'y^outir à un tronc commun. La bouche """ - ^^/^fltacules rayonnes, en nombre variabie, ^^flie le reste du corps. L'extrémité poslé- . v^tf^"^ ®^^ évasée en forme de pavillon pour
^"J®^^ ^ gae plus grande surface lorsque le polype se vem^ ^^ objet; toutefois on n'y remarque aucune ou- !^^' f^' et 'es matières sont rejelées par l'orifice anlérit»i/r ^ u^^' ^^ P®"^ comparer le polype à un tube. Li
^..iMt le rôle de tube digestif, que les aliments par- ^(au moyen des contractions et dilatations succès - ^rfu corps. On ne reconnaît aucune trace de systèmes ^f^ux ou respiratoire. Us changent de place en se fixanl ..^j-iiativement par la tête et la queue sur les corps qui environnent, et se meuvent également dans l'eau. //^
Le mouvetr y^/^, sissure. . ^^^,
nourrissent ordinairement de petits crustacés, de larves, I quelquefois de fragments de viande crue. Il est vraiment curieux de les voir guetter leur proi^. j^ors ils s'étendent, développent leurs tentacules, embrassent la victime et Tengloutissent, puis ils se contractent et sont plongés dans une torpeur comparable à celle qui s'empare du boa, lorsqu'il vient de se rcpaitre. Ils n'ont pas de sexe, et chaque individu se reproduii spontanément. Une partie du corps se dilate, donne naissance à une nouvelle branche, et lorsqu'elle est asser c/eveloppée, les tentacules se montrent sur l'extrémité Iil>re.
DES làNFUSOIRES, POLYPES, ETC. 61'^
^"^des deux individus une communia
. peu de temps avant leur séparation.
lauds, ou voit quelquefois paraître sur
* trois ou quatre rejetons qui se repro*
^mes avant d'être séparés du corps prin*
coupe un polype transversalement en deux,