‹ L'Éugénétique: Ses Rapports avec la PsychiatrieChapitre 13 sur 30 · I. — COMMUNICATIONS RELATIVES A L'HÉRÉDITÉ EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

I. — COMMUNICATIONS RELATIVES A L'HÉRÉDITÉ EN GÉNÉRAL

Sélection eugénique (Frédéric Houssay, Professeur à la Faculté des sciences de Paris). — La sélection eugénique se fait suivant deux modes. Elle peut être naturelle, parce que les lignées des tarés s'éleignent peu à peu par la mort précoce ou l'infécondité. Par conséquent, s’il n’y avait pas de causes nouvelles de dégénérescence, le nombre des tarés diminuerait en peu de générations. Elle peut être artificielle, par la connaissance du déterminisme des tares. Celui-ci étant connu, il sera facile d’en éviter les causes et, par ce moyen, on pourra empêcher la propagation de l'inapte par stérilisation volontaire ou obligée. L'alcoolisme, la syphilis, l’arthritisme étant considérés en première ligne comme facteurs de dégénérescence, tout ce qui tendra à en restreindre l’action et la conservation doit être l'objet de la préoccupation sociale.

Les lois de l’hérédité chez l'homme (Guiffrida Ruggieri, Naples). — Les lois mendeliennes se vérifient chez l’homme. Toute race,

De

espèce ou variété possède héréditairement certains caractères, possession qui est entièrement transmise aux descendants, qui conservent le même plasma germinal que leurs générateurs. Les recherches de Davenport paraissent avoir établi le caractère récessif de l'albinisme et sa subordination à la loi de Mendel.

Influence de l'âge des parents sur les caractères psycho-physiques des enfants (Marro, de Turin). — Les anomalies que l’on rencontre chez les enfants ne reproduisent pas les caractères des parents et les dissemblances maintes fois remarquées entre frères et sœurs ne font que révéler la présence de conditions particulières au moment de la génération. Nous avons fait remarquer plus haut les exemples des enfants du dimanche. Un des caractères qui a une grande influence sur le rejeton est l’âge du procréateur. Cette influence a été étudiée spécialement par A. Marro (de Turin) sur des criminels, des aliénés, des écoliers et des individus normaux. Voici les résultats qu'il a obtenus :

1° Parmi les criminels.— Les enfants de parents jeunes se trouvent en très grand nombre parmi les inculpés d’attentats contre la propriété, cambrioleurs, voleurs banaux. Cela est très explicable, le vol n'étant pas dû à la méchanceté, mais à la soif de jouir,’ aux passions qui sont propres au jeune âge. Exception doit être faite pour les escrocs, l’escroquerie élant le crime de l’âge mür (Quetelet).

Les enfants de parents âgés (que ce soit le père ou la mère, ou les deux générateurs) se trouvent, au contraire, en grand nombre dans les attentats contre les personnes. La proportion, parmi ces criminels, d'enfants de parents avancés en âge est de beaucoup supérieure à celle fournie par toutes les autres catégories de délinquants. De plus, ces assassins ont, pour la plupart, une absence complète de sentiments affectifs. On peut voir facilement la relation qui existe entre le froid égoisme que la déchéance des forces éveille chez les vieux et la cruauté de ces criminels assassins.

2° Parmi les aliénés. — La folie morale et les dégénérés se rencontrent en grande parlie chez des enfants de parents

âgés.

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3 Parmi les écoliers. — Les résultats oblenus peuvent être mis en relief par le tableau suivant :

: Minimum de bonne conduite.

Parents jeunes ..... PMU

| Maximum d'intelligence.

{ , ‘ \ Maximum de bonne conduite.

Parents moyens .... { Minimum de mauvaise conduite. | Grande proportion d'intelligence.

x Moyenne de bonne conduite.

Parents vieux ...... | Ù du

| Minimum d'intelligence.

De plus, les parents alcooliques avaient des enfants présentant une tare dégénéralive telle que : exagération des sinus frontaux, saillies des tubercules de Darwin. Inversement, les ascendants des enfants présentant du crélinisme, du goitre, du torus occipitalis comptaient une majorité d’alcooliques.

Les parents trop jeunes comme les parents {rop vieux peuvent présenter des vices de conformation, car le développement du squelette n’est complet que vers vingt-trois ans. Par conséquent un générateur au-dessous de cet âge a besoin de tous ses matériaux plastiques pour se sullire et le développement du fœtus s’en ressent nécessairement.

Les personnes qui meurent à un âge avancé procréent des enfants en nombre plus grand et doués d’une plus grande vitalité que les autres. L'âge de la mère au moment de la parturition a une influence très sensible sur la fréquence des mortnés, celle-ci croit avec l'âge.

Influence de la race (Morselli, Gênes). — Les caractères psychiques des races (car il y a une psychologie ethnique comme une somatologie ethnique) sont en partie originels, en partie acquis par l'adaptation. Ils varient avec les modifications des conditions de la vie, y compris les actions sociales et les relations interraciales.

Dans les unions mixtes entre races diverses, ce sont les races qui sont les plus avancées dans l’évolution, les plus biologique-

ment fortes qui prédominent dans les descendants. Un certain degré de différence entre les races mères est nécessaire pour la vitalité et la prospérité des populations, cependant ‘une trop grande différence est nuisible aux produits : on en à un exemple frappant dans l’histoire des métis, on sait que ceux-ci sont voués à la dégénérescence, les départements métissés fournissent une criminalité et une folie beaucoup plus abondantes que les autres pays. En effet, dans tout métissage il y a un transplanté, un affaibli. Les produits des unions mixtes forment dans leur psychologie tantôt un mélange, tantôt une combinaison des caractères mentaux et certains de ceux-ci deviennent dominants et peuvent être l’origine d’une mentalité nouvelle. De nombreuses nations ont un caractère composite et l'existence de deux ou plusieurs groupes ethniques remplissant des fonctions différentes dans la vie d’une nation est quelquelois très favorable à son développement (Adams Wood).

Influence du climat et de la saison (Corrado Gini, Cagliari). On sait que dans les pays tempérés les conceptions sont plus nombreuses au printemps. Il n’en est pas de même dans les régions polaires ou équatoriales. Ce n’est donc pas un reste alavique du temps où l’homme concevait au printemps, à l'instar des animaux. La vie des êtres vivants et la fréquence des mort-nés ne dépendent en aucune façon du moment de la conception, indépendamment de toutes les circonstances qui peuvent influencer celle-ci, mais bien de la saison de la naissance, et les êtres nés durant les saisons tempérées offrent une plus grande résistance, une plus longue durée de vie et une moindre mortalité.

Alcoolisme et descendance (Ared Mjæn, de Christiania). — L'influence de l'alcool ne dépend pas seulement des quantités absorbées, mais encore d’autres facteurs comme sa dilution, sa qualité, le mode de nourriture qui l'accompagne. Il n’est pas douteux que dans une certaine mesure l'alcool peut n’endommager ni les cellules somatiques, ni, ce qui est plus important pour l'hygiène de la race, les cellules germinales. Et inversement, on doit regarder comme élabli qu'au delà d’une certaine

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mesure l'alcool nuit à la qualité de la descendance, non seulement dans le cas où la mère boit, mais encore là où le père est buveur. Les dernières recherches justilient cette manière de voir... Le caractère nuisible d'une boisson alcoolique sur l’individu et la race s'accroit, dans une proportion déterminée, progressivement avec sa consommation d'alcool. Je propose, dit l'auteur, de répartir les boissons alcooliques en classes et de les traiter suivant leur degré alcoolique, d'après le degré du dommage dont elles sont capables.

Fertilité des mariages suivant la profession et la situation sociale (Lucien March). — On a dressé en France; en 1906, une statistique des enfants, de plus, une enquête sur 200.000 familles d'ouvriers ou d'employés, a permis d'établir un rapport entre la productivité des enfants et le gain du chef de famille. La différenciation de la fertilité ne tient pas seulement au revênu : il y a plus d'enfants chez les ouvriers que chez les patrons, plus chez ceux-ci que chez les employés. Il y a des différences professionnelles, ainsi il y a des industries où le nombre des enfants des patrons est plus élevé que celui des ouvriers. La grande industrie est favorable aux familles nombreuses, de même les marins du commerce et les pêcheurs ont une fertilité considérable, bien plus grande que celle des agriculteurs. En France, les irréguliers, les gens sans mélier ne sont pas proliliques, aussi ne doit-on pas craindre de les voir se mulliplier, du moins par procréalion. Au point de vue eugénélique et social, c’est le poids économique de l'enfant qu'il faut alléger.

IL. — ComMMuNICATIONS RELATIVES A L'ÉUGÉNÉTIQUE MENTALE Hérédité et eugénique mentale (Marie, de Villejuil). — L'au-

teur a présenté au Congrès les tableaux de 200 familles comptant en tout un millier de sujets, parmi lesquels 700 sont affectés mentalement. Dans ces 200 groupes, Marie a constaté la présence constante de psychoses associées ou non à lalcoolisme et il a observé que dans les cas de pluralité de descen-

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dants, les derniers sont surtout tarés et plus gravement selon l'ancienneté de leur procréateur.

Hérédité et eugénique en rapport avec la folie (Mott, de Londres).

Hérédité et épilepsie (Weeks, de New Jersey).

Voir notre deuxième partie.

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