Le bassin antérieur de la Xvïéditerranée. — Le
bassin antérieur de la Méditerranée, généralement montagneux, à pentes rapides et à vallées étroites, reçoit:
1° Sur la côte espagnole :
Le Segura et le Xucar , qui descendent des monts Ibériques, coulent dans des plaines abritées des vents du nord) échauffées par le soleil de la Méditerranée, au milieu des vignes, des orangers et meme des palmiers;
L’Èbre, le plus célèbre des fleuves de la péninsule Ibérique, qui prend sa source dans les monts Ccvntabres , près de Reynosa, coule directement au sud-ouest, d’abord dans une étroite vallée, puis dans la plaine où il arrose Saragosse, traverse l’étroit défilé de las Armas et serpente enfin dans une plaine ondulée pour se perdre en partie dans les sables de son propre delta, après un cours de 550 kilomètres ; la Sègre est son principal affluent ;
2° Sur la côte française (Voir la France et ses colonies);
L’Aude, l’Hérault;
Le Rhône ;
Le Var ;
3° Sur la côte italienne :
LM mo qui sort du mont Falterona, coule d’abord dans une région montagneuse en faisant un coude très-prononcé vers le sud, puis vers l’ouest dans la plaine fertile de Toscane, arrose Florence et Fisc, et se jette à la mer après un cours de 250 kilomètres ; c’est un faible cours d’eau l’été, mais l’hiver c’est un torrent gonflé et dangereux;
L’Ombrone ;
Le Tibre ( Tevere ), qui prend sa source près de l’Arno, au mont Cornaro, roule vers le sud, à travers les gorges de l’Apennin, ses eaux jaunâtres et rapides, arrose Rome et sa campagne, et se jette dans la mer après un cours
LES EA.UX DOUCES
de 370 kilomètres, en formant un delta que ses alluvions ont notablement modifié depuis les temps delà république, romaine : la Nera et le Teverone (l’Anio des anciens) en sont les principaux affluents ;
Le Garigliano , le Vulturne , qui arrosent la fertile terre de Labour, et le Sile, qui parcourt une région sauvage.
28. Le bassin postérieur» de la Méditerranée. — Le bassin postérieur de la Méditerranée, plus montagneux encore que le précédent et serré de près par les grandes (chaînes qui l’entourent et qui n’y laissent place, en réalité, que pour une seule grande vallée (celle du Pô), reçoit :
1° Dans la mer Adriatique ou la mer Ionienne et sur la côte italienne :
Le Basiento et le Bradano, qui prennent naissance dans la fourche méridionale de l’Apennin ;
L’Ofanto, qui arrose la seule vallée un peu étendue du versant oriental de l’Apennin ;
Le Pd, qui prend sa source au mont Viso , coule au nord, puis bientôt à l’est en dessinant de nombreuses courbes dans les belles et fertiles plaines de la Lombardie et de la Vénétie, arrose Turin , Plaisance , exhausse sans cesse son lit et ses bords par les alluvions qu’il apporte des*Alpes, de sorte qu’il a fallu, sur une grande partie de son cours, l’enfermer dans un système ingénieux de digues pour protéger contre l’inondation les campagnes et même les villes ; il forme un vaste delta marécageux au milieu duquel neuf bouches (dont deux seulement importantes : Pô-di-Goro et Pô-della-Maëstra) versent ses eaux à la mer après un cours de 6o0 kilomètres. 11 a pour principaux affluents, sur la rive gauche, venant des hautes vallées des .\lpes, apportant des masses d’eau considérables et formant pour la plupart, dans les vallées déprimées qu’ils traversent, des lacs, les deux Doires (D. Ripuaire et D.Baltée), la Sésia, le Tessin, YAclcla, VOglio, le M incio, et, 'sur la rive droite, venant de l’Apennin, le Tanaro ,
grossi de la Bormida, la Trébie, le Taro, la Secchia, le Panaro ;
L’Adige, qui prend sa source dans les Alpes Rhétiques, coule d’un cours rapide, d’abord à l’est, puis au sud, au fond de l’étroite et pittoresque vallée du Tyrol, débouche dans la plaine de la Vénétie, non loin de Vérone, et se jette dans la mer après un cours de 340 kilomètres en confondant ses embouchures avec celles du Pô ;
La Brenta , la Piave, le Tagliamento , l’Isonzo qui descendent des Alpes Gadoriques ou Garniques et arrosent la i Vénétie orientale;
2° Dans la mer Adriatique ou la mer Ionienne et sur la côte de la péninsule Hellénique :
La Narenta, qui descend des Alpes Dinariques et arrose la montueuse Herzégovine, le Drin formé de la réunion du Drin-Noir et du Drin-Blanc et qui reçoit les eaux du versant occidental du nœud des trois chaînes helléniques; la Voïoussa (l’Aoiis des anciens), et l’Aspropotamo (autrefois Achéloüs),quij prenant leur source presqu’au môme point de la chaîne du Pinde, coulent dans des directions opposées, l’une au nord-ouest, l’autre au sud ; le Raphia (Alphée), le principal cours d’eau du Peloponèse;
3° Dans la Méditerranée, entre la mer Ionienne et l’Archipel, PI ri (Eurotas des anciens) ;
4° Dans l’Archipel et sur la côte de la péninsule Hellénique :
Le Salembria (Pénée des anciens), qui prend sa source près de l’Aspropotamo, arrose la plaine de la Thessalie et se fait jour vers la mer à travers l’étroite et sauvage vallée de Tempé ;
Le Wistritza qui descend du Pinde ;
Le Vardar , qui descend du Tchar-Dagh et le Strouma (Strymon) qui descend des Balkans et qui enveloppent h leur embouchure la presqu’île de Salonique ;
La Maritza (Hèbre des anciens) qui prend sa source à la
LES EAUX DOUCES
naissance des monts Rhodope, recueille par ses affluents toutes les eaux de la partie orientale des Balkans et arrose Andrinople (cours de 400 kilomètres).
29. Le bassin occidental de F Atlantique. — Le bassin occidental de l’Atlantique, montagneux dans la péninsule Ibérique, formé principalement de plaines bordées de collines dans la partie française, serré de près par les montagnes ou les coteaux qui lui servent de ceinture dans la partie britannique, reçoit :
1° Sur la côte de la péninsule Ibérique :
Le Cuadalquivir, de l’Arabe : Oued-el-Kébir (grand fleuve), qui prend sa source dans un rameau de la sierra Nevada, coule d’abord dans un lit étroit et rocheux, en formant une légère courbe vers le sud-ouest, puis s’épand dans la plaine de l’Andalousie qu’il arrose de ses eaux bourbeuses, baigne Cordoue et Séville , et se jette à la mer après un cours de 400 kilomètres ;
Le Guadiana (Oued-Anas), qui prend sa source dans les lagunes de la Manche, près d’Alcazar et parcourt sous terre 22 kilomètres, se dirige, comme le Guadalquivir, au sud-ouest en formant une courbe beaucoup plus prononcée, arrose Badajoz, et, après un cours de 850 kilomètres, dont un dixième à peine est navigable, se jette dans la mer sur la frontière de l’Espagne et du Portugal;
Le Tage, qui j3rend sa source au mont San-Felice, coule vers l’ouest-sud-ouest, en creusant profondément son lit dans les roches du haut plateau ibérique, arrose Tolède, descend par une série de rapides dans la plaine du Portugal, où il devient navigable. Arrivé à Lisbonne , il forme une vaste rade voisine de son embouchure ;
Le Duero (ou Douro), qui prend sa source au pic d’Urbion, coule dans un lit profond et étroit vers l’est, d’un cours (830 kilomètres) rapide, à travers une contrée montagneuse , arrose Zamora et se jette dans la mer A Oporto ;
Le Minho , en espagnol, Mino (dans les deux langues, prononcer Migno), qui coule au sud-ouest, encaissé par les monts de Galice.
Les fleuves de la Péninsule, mal alimentés par un plateau où la pluie est rare (Voir § 4), ont un régime irrégulier, peu d’eau en été, et la plupart ne sont pas navigables;
2° Sur la côte française :
Adour, la Gironde, la Charente, la Loire, la Vilaine, l’Orne, la Seine, la Somme (Voir la France et ses colonies ) ;
3° Sur la côte biitannique :
La chaîne dévonienne, serrant de très-près la côte, ne donne naissance au sud qu’à des cours d’eau sans importance (Avon, etc.);
A l’ouest, la Severn, le second cours d’eau de la Grande- Bretagne (320 kilomètres), recueille toutes les eaux du versant oriental des monts Gallois et se jette dans la mer par un vaste estuaire; la Mersey , au nord du massif Gallois, qui baigne Liverpool ; la Clycle , au nord des Cheviots, qui baigne Glasgow, cours d’eau que la nature avait fait petit, mais que le commerce maritime a rendu très-important;
En Irlande, le Shannon , dont le cours est d’environ 364 kilomètres et dont les eaux, coulant très-lentement dans la partie supérieure, forment trois grands lacs.
30. Le bassin de la mer du Nord. — Le bassin de la mer du Nord, composé de montagnes ou de hauts plateaux à sa partie méridionale, d’une vaste et basse plaine à sa partie septentrionale, sur le continent, d’une surface plane au midi de la Grande-Bretagne et montueuse au nord de cette île, reçoit :
1° Sur la côte britannique :
Le Tay, le Forth, le Tweed, qui viennent des vallées étroites de l’Écosse ;
La Tyne , la Tees, l’ Hamber, qui, formé par la réunion
LES EAUX DOUCES
de FOuse et du Trent, arrose la grande plaine d’York et débouche dans la mer à Hull ; la grande Ouse, qui, avec plusieurs autres cours d’eau se jetant dans le Wash, arrose la plaine centrale ;
La Tamise (Thames), le plus important des cours d’eau de la Grande-Bretagne, avec un cours de 340 kilomètres et un bassin d’une superficie d’environ 16,000 kilomètres carrés, baigne Londres , et, à partir du dernier pont de cette ville, porte les plus gros navires ;
2° Sur la côte des Pays-Bas :
L’Escaut (cours de 350 kilomètres), qui coule d’abord vers le nord dans une plaine marécageuse, reçoit la Scarpe, puis la Lys à Gand , se replie vers l’est, reçoit le Dender et le Rupel formé par la réunion de la Senne (qui arrose Bruxelles), de la Dyle et des deux Nèthes, devient, à Anvers , un large et profond fleuve capable de porter de gros navires et se jette dans la mer par plusieurs branches qui enveloppent une partie des îles de la Zélande ;
La Meuse (cours de 900 kilomètres), qui prend sa source au plateau de Langres, près des monts Faucilles, coule au nord-ouest dans une étroite vallée, entre les deux lignes de faîte de l’Argonne, reçoit le Ghiers, la Semoy, la Roer sur sa rive droite, la Sambre sur sa rive gauche, arrose Na/mur , Liège , Maestricht, où elle débouche en plaine, se recourbe bientôt vers l’ouest, confond ses eaux avec celles du Wall al, enveloppe de ses bras une partie des îles de la Zélande, inondant quelquefois les plaines basses qui s’étendent au dessous d’elle (le Biesboch « Mer des Joncs » est une terre que le fleuve transforma en archipel et en marécages), aujourd’hui desséchés, et arrosant de sa branche septentrionale, la plus importante, Rotterdam ;
Le RniN (cours d’environ 1,350 kilomètres), formé par la réunion de plusieurs torrents qui descendent du Saint- Gothard et du mont Adula, coule d’abord vers le nord dans l’étroite et pittoresque vallée des Grisons, s’étale dans une
plaine où il forme, entre les Alpes et la forêt Noire, le lac de Constance , en sort en coulant à l’ouest au pied de la forêt Noire, tombe, en aval de Schaffouse, d’une chiite de 20 mètres, qui est une des beautés naturelles les plus remarquables de la Suisse, reçoit YAar, qui lui apporte, par la Limnat, la Reuss, etc., presque toutes les eaux des lacs et des montagnes de la Suisse, arrose Bâle , où le Jura le contraint de tourner brusquement au nord et de couler dans une belle plaine qu’il a formée de ses alluvions et qui se trouve entre les hauteurs parallèles des Vosges et de la forêt Noire ; il y étale ses eaux rapides au milieu d’un dédale d’îles, et sa largeur, qui n’était que de 250 mètres 5 Bâle, atteint près de 2 kilomètres ; il y reçoit Y Ul sur sa rive gauche, et, sur sa rive droite, le Necker grossi du Yaxt, et le Mein, grossi de la Regnitz et de la Tauber ; à Mayence , au confluent du Mein, son lit se resserre de nouveau entre des coteaux pittoresques ; cependant, des gorges du terrain montueux qui l’enveloppe, lui arrivent plusieurs affluents; sur sa rive gauche, la Nahe et la Moselle qui est grossie de la Mcurthe et de la Sarre, et dont le confluent est à Coblentz ; sur sa rive droite, la Lalin et la Sieg ; â Bonn, il fait son entrée dans la plaine des Pays-Bas, coule dès lors entre des rives plates, arrose Cologne et Dusseldorf, reçoit la Ruhr, la Lippe; bientôt ses eaux alanguies se partagent en diverses branches ; une partie s’écoule, par l’ancien canal de Drusus, dans YYssel et le Zuyderzée ; la moindre partie continue son cours sous le nom de Rhin courbé et communique, d’une part, avec le Zuyderzée par le Vecht, et, d’autre part, se jette dans la mer du Nord par le vieux Rhin; mais la majeure partie de ses eaux s’écoule par le Leck et le Wahal, dans lesquels le Rhin les confond avec celles de la Meuse;
3° Sur la côte allemande :
L 'Ems, qui coule dans une région marécageuse ;
Le Weser, qui, formé par la réunion de la Werra et de
LES EAUX DOUCES
la Fulda, sort de la région montagneuse par le défilé appelé « Porte Westphalique », reçoit, dans la plaine, l’Aller grossi de la Leine sur sa rive droite, baigne Brême , et se jette dans la mer après un cours de 380 kilomètres du sud au nord ;
L’Elbe, qui prend naissance dans le quadrilatère de Bohème, au Riesen-gebirge, reçoit la Moldau et l’Eger, s’échappe du quadrilatère au défilé de Scliandau, coule au nord-ouest en formant de nombreux replis et en semant son lit de bancs de sable et d’îles, baigne Dresde , M. ag debourg % Hambourg , reçoit l’Elster, la Saale et le Havel , qui lui-même a reçu les eaux de la Sprée, la rivière de Berlin, et se jette dans la mer par une large embouchure après un cours de i ,080 kilomètres.
4° Sur la côte Scandinave ;
Le Glommen et le Go ta qui se jettent dans les détroits situés entre la mer du Nord et la Baltique.
31. Le bassin de la mer Baltique. — Le bassin de la mer Baltique, formé de pentes rapides et d’étroites vallées dans la Scandinavie, de plaines toutes semées de lacs et d’étangs dans la Finlande, de plaines unies, souvent marécageuses, et entrecoupées par de légères ondulations, dans la Russie occidentale <$t l’Allemagne du Nord, reçoit :
4° Sur la côte Scandinave :
Le Dal, l’Uméa, la Pitéa, laTornéa, célèbre par ses cascades, et un grand nombre d’autres petits fleuves qui se dirigent au sud-est, coulant rapidement dans des gorges étroites, formant des chapelets de lacs oblongs, et descendant en cascades de terrasse en terrasse ;
2° Sur la côte orientale ou russe :
La Néua, fleuve de peu d’étendue (75 kilomètres), qui baigne Saint-Pétersbourg et qui déverse dans le golfe de Finlande les eaux de quatre des plus grands lacs de l’Europe (Ladoga, Onéga, Ilmen, Saïma);
La Dwjna (750 kilomètres), qui vient du plateau de Waldaï, et se jette dans la mer à Riga;
Le Niémen (830 kilomètres), et la Prégel qui baigne Kœnigsberg.
Tous ces fleuves coulent à l’ouest, à travers un pays plat, marécageux ou couvert de lacs, et semé de roches qui forment des rapides;
3° Sur la côte méridionale ou allemande :
La Yistule, qui prend sa source à l’ouest du mont Tatra, coule au nord en formant, à travers les plaines de la Pologne, une vaste courbe vers l’est, reçoit la San et le Bug grossis de la Narew, baigne Cracovic , Varsovie , et, après un cours de 1,000 kilomètres, se jette dans la mer par plusieurs bouches; sur la seule qui soit navigable est le port de Dantzig ;
L’Oder, qui prend sa source dans les monts Sudètes, coule au nord-ouest, d’abord dans la vallée de la Silésie où il baigne Breslau7 puis dans la plaine de la basse Allemagne, reçoit des monts Sudètes la Bober, les deux Neissc, etc., et, des plaines de l’est, la Wartha grossie de la Netze, et se jette dans la mer à peu de distance de Stettin, après un cours de 940 kilomètres.
32. Le bassin de la mer Noire. — Les eaux que reçoit la mer Noire sur les côtes européennes se divisent en trois groupes : le bassin du Danube présentant, dans sa partie supérieure, une vallée étroite et haute où débouchent, du massif alpestre, de nombreuses vallées transversales, dans sa partie moyenne, une plaine basse et unie, la plaine de Hongrie, entourée d’un cirque de montagnes, et, dans sa partie inférieure, une longue plaine, également basse, entre les Garpathes et les Balkans; le groupe du golfe d’Odessa et celui de la mer d'Azow qui ont le même caractère, vaste plaine sans autre bordure que des plateaux, des marais et quelques collines, marais au nord-
LES EAUX DOUCES. 65
ouest dans un terrain bas, champs fertiles au sud-ouest, steppes au sud-est.
1° Le Danube, le second fleuve d’Europe par sa longueur (2,800 kilomètres), prend sa source dans la forêt Noire, coule rapidement de l’ouest à l’est sur le flanc septentrional du massif alpestre, qui lui envoie l’Aller, le Lech, l’Isar, YInn grossi de la Salza, l’Enns, le Raab, tandis que des montagnes de l’Allemagne lui arrivent quelques affluents moins importants, l’Altmulh et le Naab, puis, du quadrilatère de Bohême et des Carpathes, la March, leWaag; il arrose Ulm, oü il devient navigable, Ratisbonne , Vienne , tourne brusquement au sud, un peu en avant de Pesth, à l’endroit où leBakony-wald, dernier rameau du massif alpestre, est coupé dans la même direction, coule alors lentement entre des rives basses et marécageuses et dans un large lit (500 à 650 mètres) entrecoupé de milliers d’îles sablonneuses, reçoit du versant oriental de ce même massif la Drave , grossie de la Muhr et la Save , grossie de l’Unna, reprend la direction de l’est, arrose Belgrade, et, accru des eaux de la Theiss qui lui apporte, avec le Koros, la Maros, la Ternes, le tribut des Carpathes, des eaux de la Morava, qui lui apporte le tribut du Tchar- Dagli, passe par une série de rapides dans l’étroite tranchée qu’il a lui-même pratiquée aux Portes de fer entre les Carpathes et le massif hellénique, coule de nouveau large et profond entre des rives basses, au milieu d’îles boisées ou herbeuses, dans la plaine de Yalachie, où il reçoit l’Aluta (et l’Isker de Bulgarie), se courbe vers le nord, reçoit. encore le Sereth et le Pruth , venant du flanc oriental des Carpathes, et, dans un pays marécageux, tout formé de ses alluvions, parvient par plusieurs bouches dans la mer, dont il élève sans cesse le fond; pour rendre le chenal de la bouche Soulina praticable aux navires, on a dû prolonger de 100 mètres en pleine mer la digue qui le protège.
2° Le groupe du golfe d'Odessa comprend :
Le Dniester (1,550 kilomètres) qui a sa source dans les Garpathes occidentales, roule rapidement ses eaux bourbeuses dans la direction du sud-ouest, et forme une suite de cataractes en franchissant le seuil granitique des steppes ;
Le B ou g ;
Le Dnieper (2,310 kilomètres), un des trois plus grands lleuves d’Europe, qui naît dans un plateau peu élevé faisant suite au plateau de Waldaï, arrose dans son cours supérieur Smolensk et Moliilew , en prenant entre ces deux villes la direction du sud, reçoit, sur sa rive droite, la Bêrèsina et le Pripet venu de la région marécageuse dite marais de Pinsk, sur sa rive gauche, la Desna, coule embarrassé par des roches granitiques qui déterminent des rapides, prend à Kieiv, seul point où il soit traversé par un pont, la direction sud-est, atteint dans cette partie une largeur de -100 mètres et arrose la plaine de l’Ukraine, dont la fertilité est proverbiale, puis se replie à Alexandrow vers le sud-ouest pour déboucher, au delà de Kherson, dans le meme estuaire ensablé que le Boug.
3° Le groupe de la mer d’Azow, qui comprend :
Le Don (1,270 kilomètres), qui prend naissance dans la plaine centrale de la Moscovie, se dirige lentement au sud-est, repliant en nombreuses sinuosités son lit sablonneux et peu profond, reçoit, sur sa rive gauche, la lvhoper et le Manytch souvent privé d’eau et, quelquefois dans les grandes crues, communiquant avec la Caspienne par un chapelet de lacs, sur la rive droite, le Donetz ; et, après avoir pris la direction sud-ouest, se jette par plusieurs branches à l’extrémité bourbeuse de la mer d’Azow;
Le Kouban , qui sort du mont Elbrouz (ou mieux Elbourz) et reçoit les eaux du Caucase occidental.
33. Le bassin de la mer Caspienne. — Le bassin européen de la mer Caspienne présente, comme le groupe
LES EAUX DOUCES
précédent, l’aspect d’une grande plaine, large et médiocrement élevée au nord entre le plateau de Waldaï et l’Oural, traversée vers le sud par un léger rideau de collines, marécageuse, saline et plus basse que le niveau de l’Océan dans le voisinage de la Caspienne; il comprend :
Le Yolga, le plus grand fleuve d’Europe (3,960 kilomètres), qui prend sa source au plateau de Waldaï; il arrose Tver où il porte les bateaux à vapeur, puis, après plusieurs replis autour du plateau, il coule à l’est, reçoit, sur sa rive droite, YOka qui, grossi de la Moskowa a son confluent au point où est bâti iV ijni-Novgorod, et la Soura; vers le confluent de la Kama , le plus important de ses affluents de gauche, il tourne au sud, s’épand dans un très-large lit, tigré d’îles innombrables, reçoit encore la Samara, baigne S aratow, passe au pied des collines du Yolga, se divise en plusieurs branches et va, avec la direction sud-est, se jDerdre par près de 72 bouches dans le dédale des îles bourbeuses de la Caspienne. Son cours est généralement lent ; car, bien que son embouchure soit de 27 mètres au-dessous du niveau de l’Océan, il n’y a entre l’embouchure et la source qu’une pente de 27 mètres, ce qui ne donne que 7 millimètres en moyenne par kilomètre ; son bassin a une superficie de plus de 1 million et 1/2 de kilomètres carrés (trois fois la superficie de la France) ;
L’Oural (1,500 kilomètres), qui naît dans la fourche de l’Oural, sépare l Europe de l’Asie, arrose Orenbourg , et, après avoir fait un long crochet vers l’ouest, va au sud se jeter dans la partie septentrionale de la Caspienne.
34. Le bassin de l'Océan glacial. — Ce bassin, qui ne s’étend guère au delà de la région hyperboréenne et qui est très-boisé dans sa partie méridionale, mais trèsmarécageux au nord et partout très-peu cultivé et trèspeu habité, comprend :
La Petchora , tributaire de l’océan Glacial, le Mezen, la
Dîvina du nord (720 kilomètres) qui arrose Arkhangel, et l’Onéga, tributaires de la mer Blanche. Les deux premiers coulent d’abord au milieu d’une contrée couverte de forêts, ensuite au travers d’immenses marécages, dits « toundras » et entièrement inhabitables.
35. Les lacs. — Les lacs sont formés, en général, par des cours d’eau qui, traversant des dépressions profondes et encaissées de toutes parts, les ont remplies avant de déborder à l’extrémité inférieure et de continuer leur marche. C’est surtout dans les montagnes granitiques que sont ces dépressions profondes et ces vallées n’ayant qu’une étroite issue ; c’est là aussi que le terrain imperméable ne laisse pas s’infiltrer les eaux. On trouve aussi des lacs, mais moins profonds, dans les plaines dont le sous-sol est argileux, et, par conséquent, imperméable.
i. Dans les Alpes , les lacs du versant méridional, tous profondément encaissés, d’une profondeur qui descend bien au dessous du niveau de la mer (655 mètres pour le lac Majeur), et allongés du nord au sud, dans le sens des vallées : le lac Majeur , le lac de Lugano, le lac de Côme , le lac de Garde, le plus grand des lacs de cette région (470 kilomètres carrés), et les lacs du versant septentrional, dont un seul (lac de Brienz) descend au dessous du niveau de la mer, orientés presque tous de l’est à l’ouest ; le lac de Genève ou Léman , formé par le Rhône, le plus grand des lacs de Suisse (620 kilomètres carrés), ayant une profondeur de plus de 300 mètres, les lacs de Thun et de Brienz au pied de l’Oberland, le lac des Quatre-Canions1 de Zug, de Wallenstadt, de Zurich , au pied des montagnes d’Unterwald et de Schwitz, le lac de Constance, formé par le Rhin.
On peut rattacher à ce groupe le lac de Neuchâ tel , les lacs de Brienne et de Morat, qui, avec tous les lacs précédents du versant septentrional (moins le lac de Genève), se déversent par diverses rivières dans le Rhin, et les
LES EAUX DOUCES
lacs de la Bavière qui portent leurs eaux au Danube.
On peut y rattacher aussi les lacs de Pérouse et de Bolsena dans les Apennins, etjes lacs de Scutari, d’Ochrida, etc. dans la péninsule hellénique.
Sur le flanc oriental du massif alpestre, le lac Platten (G30 kilom. car.), lac de plaine basse, d’eau saumâtre, entouré de marécages, n’étant pas traversé par un cours d’eau qui le renouvelle, est d’une tout autre nature.
II. Dans les îles Britanniques sont de nombreux lacs, de peu d’étendue en général, mais sauvages et pittoresques, tels que le lac Lomond en Écosse, le lac Neagh{ 380 kilom. car.), le lac Corrib, le lac d’Erne en Irlande.
III. La Scandinavie est toute semée de lacs ; presque tous ses cours d’eau en forment des chapelets pour ainsi dire continus, disposés d’étage en étage sur les terrasses granitiques de la chaîne et reliés par des cascades ; les plus grands se trouvent dans la région méridionale, le lac Wenern (3,300 kilom. car.), les lacs Wettern et Mœlar.
IV. Le terrain granitique de la Finlande, quoique peu élevé (160 mètres en moyenne), est également couvert par une multitude de lacs , dont le principal est le lac Saïrna (5,000 kilom. car.), et qui semblent témoigner de l’existence d’un bras de mer qui unissait jadis l’océan Glacial et la Baltique; les deux plus grands lacs d’Europe se trouvent sur la limite méridionale de cette masse granitique, dans les terrains quaternaires : le lac Onega (8,300 kilom. car.) et le lac Ladoga (13,900 kilom. car.) ; plus loin au sud sont des lacs, très-importants aussi, lacs Biélo, d ’llmen, de Peypus , au milieu d’une contrée toute semée d’autres lacs plus petits.
Y. Dans les terrains bas et modernes, on peut encore signaler les étangs et les lacs de la Prusse orientale et du Brandebourg, et les lacs salés des bords de la Caspienne.
(Voir les cartes nos 3 et 4.)
36. Les mers. — Rattachée, par le côté est du pantagone, au continent asiatique, l’Europe est, sur ses autres côtés, baignée par des mers.
Sur le côté septentrional du pentagone, par I’océan Glacial, qui forme la mer Blanche ;
Sur le côté nord-ouest, par I’océan Atlantique, qui forme la mer Baltique, la mer nu Nord, la Manche, la mer d'Irlande et le golfe- de Gascogne (ou golfe de Biscaye) ;
Sur les côtés sud et sud-est du pentagone, par la Méditerranée, qui est elle-même une dépendance de l’océan Atlantique, et qui se divise en bassin antérieur , lequel forme la mer Tyrrhénienne, et bassin postérieur , lequel forme la mer Adriatique, la mer Ionienne, I’Arciiipel, la mer de Marmara, la mer Noire et la mer d’Azow.
La mer Caspienne, isolée des autres mers, est située sur la limite sud-ouest de l’Europe.
37. L’océan Glacial. — L’océan Glacial a pour limite le cercle polaire arctique ; il ne la dépasse que dans la mer Blanche qui s’enfonce au sud jusqu’au G le degré. Pendant près de dix mois de l’année, de septembre à juillet, cet océan est glacé et inaccessible aux navires. Il forme, sur la limite de l’Europe, la mer de Kara.
La côte, basse, plate, inhospitalière, a de profondes baies , très-poissonneuses , la baie de Tcherskaia, à l’est de la presqu'île Kanin située à l’entrée de la mer Blanche, les baies de la Dwina, de l’Onéga, de Kandalaskaia dans la mer Blanche, de Waranger au nord de la Laponie. La presqu'île Scandinave se termine par le cap Nord, situé dans la plus septentrionale des innombrables îles de la
côte de Norvège (îles Tromsen et Lofoden ) ; de ce côté, la température est moins rigoureuse et le pêche se pratique pendant une plus longue partie de l’année.
Les jDrincipales îles sont : Wciigatz , la Nouvelle-Zemble divisée en trois îles très-rapprochées et séparée de la précédente par le détroit de Kara, et Kalgouew, terres inhabitées où ne poussent guère que des mousses. Le Spitzberg est aussi une dépendance géographique de l’Europe.
38. La mer Baltique. — Mer intérieure, mesurant à peu près 400,000 kilomètres carrés, et située à l'ouest de la grande plaine orientale de l’Europe, la mer Baltique est peu profonde. Au sud, entre la pointe de Gothie et la basse Allemagne, la sonde ne donne nulle part plus de 216 mètres : près de l’île de Bornholm, elle ne dépasse pas 60 mètres ; elle gèle sur divers points durant six ou huit mois, surtout dans le golfe de Bothnie : pendant l'hiver, on se rend sur la glace de Suède en Finlande. La côte est haute, découpée par mille petites baies et toute semée d’îlots granitiques à la partie septentrionale, et sur presque toute la ligne de la Scandinavie, basse et semée d’îlots granitiques en Finlande, sablonneuse en Courlande, vaseuse, contenant une eau à peine salée, ayant des marées à peu près insensibles, presque partout bordée de lagunes (Curische Haff, Frische HafF), à la partie sud-est.
Au nord, la côte se relève par un mouvement lent et séculaire : on peut mesurer ce soulèvement par les traces que laisse la mer sur les roches émergées ; des villes, maritimes autrefois (Pitéa, etc.), sont aujourd’hui dans l’intérieur des terres. Au sud, la côte, déjà basse, s’abaisse encore : au moyen âge, un éboulement a môme englouti une vaste région entre le NTémen et la Prégel.
La Baltique forme trois grands golfes ; au nord, le golfe de Bothnie que limite, dans sa partie méridionale, le
et de Rugen.
La mer Baltique communique avec la mer du Nord par
reuse: 1° trois détroits parallèles passant entre les îles Danoises, le petit Bell, le grand Bell et le Sund, le plus étroit (4 kilom. 1/2), mais le plus fréquenté par la navigation, libre aujourd’hui de tout péage ; 2° deux détroits qui se font suite entre la presqu'île Scandinave et la presqu’île de Jutland et que sépare le cap Skagen , extrémité de cette
gereux ; le Skager-rack , qui atteint jusqu’à 810 mètres de profondeur sur divers points.
39. La mer du Nord. — La mer du Nord, dont la superficie dépasse 600,000 kilomètres carrés, est plus ouverte que la Baltique, mais elle est moins profonde encore. Entre le Jutland et l’Angleterre, elle n’atteint nulle part 180 mètres, et elle est parsemée de bas-fonds, bien connus des pêcheurs : le Grand Banc de pêche, le Dogger bank, le banc Noir qui comprend presque tout l’espace entre les Pays-Bas et la côte anglaise et qui ne donne pas plus de 50 mètres de profondeur à l’eau. Dans sa partie QpnfpntHnnale. elle devient un neu nlus creuse : sur toute
dernière ; le Kattêgat dont la profondeur ne dépasse pas 80 mètres, et qui est embarrassé de bancs de sable dan-
La côte de Norvège tombe presque partout à pic dans la mer, dont elle hérisse les flots d’une triple et quadruple rangée d’îles granitiques (groupe des îles de Bergen, etc.), et qui, à son tour, pénètre profondément dans les hautes vallées delà chaîne, qu’elle a transformées en baies étroites et longues, dites fiords (le Sogne-fiord a plus de 140kilom. de longueur). Le cap Lindesness la termine au sud, au point où commence le Skager-rack.
La côte d’Écosse est également rocheuse, tantôt en granit, tantôt en calcaire carbonifère ; les cours d’eau s’y jettent dans de vastes baies : baie de Dornock , de Murray r du Tay , du Forth. Elle se termine par le cap Wrath, au nord duquel sont les deux groupes rocheux des îles Orcades et des îles Shetland, formant la limite septentrionale de la mer du Nord. La côte d’Angleterre, d’un tout autre aspect, présente en général une haute barrière de falaises qui s’abaisse à mesure qu’on s’avance vers le sud ; entre l’Humber et la Tamise, ce n’est plus qu’une côte basse et vaseuse, si bien que, de la mer, on n’aperçoit que les clochers des villages se dressant au dessus des flots : d’où le nom de golfe du Wash, qui signifie marécage. Les baies de l’Humber et de la Tamise sont de vastes estuaires.
La côte des Pays-Bas et de l’Allemagne est également basse, si basse que la mer pénètre profondément dans les embouchures des fleuves où elle dessine de nombreuses îles (Zélande) ; que, depuis les bouches de l’Escaut jusqu’à l’Ems, il a fallu la protéger par une suite ininterrompue de digues, et que, dans la Zélande, le sol de certaines prairies du rivage, dites polders, est de 4 à 5 mètres au dessous du niveau des hautes marées ; plusieurs fois, les vagues ont rompu ces digues : au treizième siècle, elle ont formé le golfe dit Zuyderzée qui, n’était auparavant qu’un lac (lac Flevo). Un mouvement lent, comme celui qui se produit sur la côte de la Baltique, tend enl’europe. 5
core à déprimer le sol. Depuis le Zuyderzée jusqu’au Jutland, la côte est partout basse, sablonneuse, bordée par une rangée d’îles plates ( Texel , etc.), qui semblent marquer la ligne de rancien rivage et que la mer ronge sans cesse. L’ile d’ Héligoland, entre l’embouchure du Weser et celle de l’Elbe, fait quelque peu saillie sur cette rangée.
40. Les îles du Nord-Ouest et la mer d’Irlande. — A 300 kilomètres au nord-ouest des Shetland, est le groupe volcanique des îles Færoë (Fær-Oer), et, à 330 kilomètres des Færoë, I’Islande, nom qui signifie terre de glace, quoique l’influence de la mer y tempère beaucoup le froid des latitudes boréales. Cette île, longue d’environ 360 kilomètres, presque toute volcanique, renfermant encore des volcans en éruption ( Y Hêkla , etc.), des sources jaillissantes d’eau bouillante (Geysers) ou de boue, a une côte profondément découpée, comme la Norvège. Elle n’est pas elle-même à plus de 220 kilomètres de la côte du Groenland, et, sur toute cette longue ligne qui relie les deux mondes, l'Océan n’a qu’une médiocre profondeur.
Les côtes occidentales de l’Écosse et de l’Irlande sont, comme celles de la Norwégeet de l’Islande, granitiques ou volcaniques, et, comme elles sont les premières en butte aux efforts de l’Océan et à la poussée incessante du Gulf- Stream, elles sont découpées par les vagues, qui pénètrent au loin entre les noirs rochers; ces anses profondes s’appellent, en Ecosse, des lochs (loch Linnhee, etc.) ; en Irlande, entre le cap Malin et le cap Clear , ce sont des baies {baie de Donegal , baie de Galway , etc.).
Près de la côte écossaise, s’allonge sur deux lignes le groupe granitique des Hébrides, dont les deux plus grandes sont Lewis et Skye.
La pointe montueusc de Cantire s’avance vers l’Irlande, en ne laissant qu’une passe de 26 kilomètres ; c’est la partie la plus resserrée du canal du Nord, qui donne accès, entre
la Grande-Bretagne et l’Irlande, dans la mer d’Irlande. Au centre de cette mer est I’ile de Man et au sud, I’ile'd’Anglesey, réunie au pays de Galles par un pont tubulaire. Plus au sud, s’ouvre, entre l’Irlande et le pays de Galles, un second détroit plus large, qui conduit dans l’Atlantique, le canal Saint-Georges, avec la baie de Cardigan.
Au sud du canal Saint-Georges, sont le golfe dit canal de Bristol, au fond duquel débouche la Severn, et le cap Land’s end (Finistère), qui termine au sud-ouest la Grande- Bretagne ; à l’ouest, sont les îles Sorlingues.
41. La Manche . — Entre le cap Land’s end et la presqu'île de Bretagne , terminée par la pointe Saint- Mathieu, s’ouvre la Manche (les Anglais la nomment British Channel , le canal britannique), qui sépare l’Angleterre de la France et va se rétrécissant vers le nord-est, où un détroi t de 34 kilomètres de largeur, le Pas-de-Calais, la réunit à la mer du Nord. C’est une mer peu étendue (73,000 kilom. carrés) et peu profonde (de 125 mètres dans sa partie orientale à 50 mètres dans sa partie occidentale), mais où s’engouffrent avec violence les vents d’ouest, où le Ilot montant de la marée, poussé de la haute mer dans cet entonnoir, s’élève plus haut et plus redoutable que partout ailleurs et rencontre, au Pas-de-Calais, le (lot- contraire qui, de la mer du Nord, s’avance vers le sud.
La côte, en France, est granitique et escarpée jusqu’au Cotentin, excepté dans la raie de Saint-Malo, que la mer paraît avoir agrandie depuis les temps historiques; elle présente ensuite des falaises calcaires alternant avec des plages sablonneuses ; la côte anglaise, partout escarpée, est d’abord granitique et puis bordée de hautes falaises blanchâtres .
Sur la côte anglaise, est l’île verdoyante de Wight ; sur la côte de la presqu'île du Cotentin , les îles Anglo-Normandes, non moins renommées pour leurs pâturages {Jersey, Guernescy, etc.).